Le blog du Temps de l'Immaculée.

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L’ensauvagement d’une sociĂ©tĂ© sans Dieu

08/01/2025

L’ensauvagement d’une sociĂ©tĂ© sans Dieu

Je ne veux pas ici traiter des multiples causes d’un pareil dĂ©sastre, ayant Ă©tĂ© aumĂŽnier de prison pendant dix ans, j’en quelque idĂ©e. Je n’évoquerai que la principale, difficile Ă  exprimer en France parce que c’est le pays qui l’a enfantĂ©e et continue Ă  la chĂ©rir : je veux parler de la prĂ©tention utopique de construire une sociĂ©tĂ© sans Dieu. De lĂ  vient l’idĂ©ologie qui pourrit la justice, la religion catholique dans quelques uns de ses reprĂ©sentants, et bien d’autres choses. Avant donc de lĂ©gifĂ©rer, il faut penser autrement, et surtout prier !

 

La principale source du mal, pour ses « succÚs » et sa durée : Jean Jacques Rousseau, et son Contrat social ( 1762). Je cite:

On nous dit qu’un peuple de vrais chrĂ©tiens formerait la plus parfaite sociĂ©tĂ© que l’on puisse imaginer. Je ne vois Ă  cette supposition qu’une grande difficultĂ© ; c’est qu’une sociĂ©tĂ© de vrais chrĂ©tiens ne serait plus une sociĂ©tĂ© d’hommes
Mettez vis-Ă -vis d’eux ces peuples gĂ©nĂ©reux que dĂ©vorait l’ardent amour de la gloire et de la patrie, supposez votre rĂ©publique chrĂ©tienne vis-Ă -vis de Sparte ou de Rome, les pieux chrĂ©tiens seront battus, Ă©crasĂ©s, dĂ©truits, avant d’avoir eu le temps de se reconnaĂźtre, ou ne devront leur salut qu’au mĂ©pris que leur ennemi concevra pour eux
Mais je me trompe en disant une rĂ©publique chrĂ©tienne, chacun de ces mots exclut l’autre. Le christianisme ne prĂȘche que servitude et dĂ©pendance. Son esprit est trop favorable Ă  la tyrannie pour qu’elle n’en profite pas toujours. Les vrais chrĂ©tiens sont faits pour ĂȘtre esclaves, ils le savent et ne s’en Ă©meuvent guĂšre, cette courte vie a trop peu de prix Ă  leurs yeux. ». ƒuvres complĂštes vol 5 pp150-154).

 

Et Robespierre sera son fidĂšle disciple, en toute logique et sans aucun sadisme, ni esprit de cruautĂ©, il se prononcera pour l’abolition de la peine de mort infligĂ©e Ă  des hommes en 1790. En 1792, il demandera la mort du roi qui, parce que roi (catholique de plus) n’était plus un homme mais un monstre. Et en 1793 et 1794, il fera massacrer les VendĂ©ens qui, par par leurs superstitions catholiques, avaient perdu leur qualitĂ© d’hommes pour devenir « des brigands ». Cela dit, le rejet du christianisme chez Robespierre, n’impliquait pas le refus de la morale, bien au contraire, comme son maĂźtre Rousseau, il a une profonde et sincĂšre exigence de vertu, il a donc besoin de Dieu, mais d’un Dieu « Ă©purĂ© » que les Évangiles et l’Eglise ont dĂ©formĂ©. L’Etre SuprĂȘme sera ce Dieu, crĂ©ateur et assurant la vie aprĂšs la mort, mais n’ayant delivrĂ© aucune rĂ©vĂ©lation sinon sa crĂ©ation. Comment alors donner de l’autoritĂ© Ă  une morale ou Ă  une justice avec cet Être SuprĂȘme qui n’est pas le vrai Dieu ? Par la terreur ! Écoutons l’Incorruptible dans un de ses plus grands discours , celui du 5 fĂ©vrier 1794 (Principes moraux du gouvernement français. Archives parlementaires de la RĂ©volution française 1962 tome 84 pp 330-337)

 

« Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en rĂ©volution est Ă  la fois la vertu et la terreur : la vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sĂ©vĂšre, inflexible ; elle est donc une Ă©manation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu’une consĂ©quence du principe gĂ©nĂ©ral de la dĂ©mocratie, appliquĂ© aux plus pressante besoins de la patrie. » 

 

Tout esprit averti et un tant soit peu cultivĂ© relĂšvera les caricatures anti-chrĂ©tiennes de notre philosophe, mais il ne pourra pas s’empĂȘcher, s’il est honnĂȘte, d’y reconnaĂźtre, hĂ©las, des thĂšmes de certains prĂȘches ou Ă©crits, Ă  l’estampille catholique. Cependant , il n’empĂȘche que ce « jugement » de Rousseau sur le christianisme est Ă  la base de la laĂŻcisation de la sociĂ©tĂ© et se son lent travail d’expulsion du Christ de son sein. En juin 1794, la France connaĂźtra le culte de l’Etre SuprĂȘme, une religion civique, et une premiĂšre sĂ©paration de l’Eglise et de l’Etat le 21 fĂ©vrier 1795.

 

NapolĂ©on qui avait Ă©tĂ© trĂšs proche de Robespierre et surtout de son frĂšre Augustin avait Ă©tĂ© tĂ©moin de l’aventure de l’Etre SuprĂȘme et de son Ă©chec. Et bien qu’à l’époque oĂč il prit le pouvoir en 1799, ses prĂ©fĂ©rences allassent vers cet ancien culte rĂ©volutionnaire, il signa le Concordat de 1801 qui rĂ©tablissait le culte catholique. Il manifestait ainsi son pragmatisme politique, il indiquait de plus qu’il n’existait pour la France, dont il connaissait bien l’histoire, qu’une alternative, le culte du Dieu des chrĂ©tiens ou le culte de l’homme ; et cette vĂ©ritĂ© demeure.

 

Ce n’est que le 9 dĂ©cembre 1905, qu’eut lieu une deuxiĂšme sĂ©paration d’avec l’Eglise, qui dure toujours. Pendant plus d’un siĂšcle (1801-1905) , et ce avec la permanence du raisonnement de Rousseau , auquel s’ajouta tel ou tel Ă©vĂ©nement (du style «  affaire Dreyfus »), on en arriva Ă  la situation actuelle. Sa forme lĂ©gislative est certes assez particuliĂšre Ă  la France, mais son esprit demeure le mĂȘme chez tous ceux qui veulent empĂȘcher le christianisme d’avoir une quelconque influence dans la sociĂ©tĂ©.

Ce qui a fait reculer la sĂ©paration de l’Eglise et de l’Etat par les politiciens français Ă  partir du vĂ©ritable avĂšnement de la III Ăšme rĂ©publique, en 1879, ce fut la question de la morale . Sur quoi fonder la morale laĂŻque, puisqu’on voulait faire abstraction de Dieu ? Chacun connaĂźt la rĂ©ponse de Jules Ferry au SĂ©nat le 28 mars 1882, cette morale sera « la bonne vieille morale de nos pĂšres, la nĂŽtre, la vĂŽtre, car nous n’en avons qu’une ». Cette volontĂ© se traduira dans les faits pendant un certain temps,  il y aura en effet des leçons de morale Ă  l’école. Mais cela ne durera pas.

 

Le Pape Léon XIII avait prévu cette terrible évolution et avait averti des dangers que faisait courir à la société la « mise à la porte » de Dieu !

(Encyclique Libertas praestantissimum 20 juin 1888 ) 
« Ce qui vient d’ĂȘtre dit de la libertĂ© des individus, il est facile de l’appliquer aux hommes qu’unĂźt entre eux la sociĂ©tĂ© civile, car ce que la raison et la loi naturelle font pour les individus, la loi humaine promulguĂ©e pour le bien commun des citoyens l’accomplit pour les hommes vivant en sociĂ©té De tels commandements ne tirent aucunement leur origine de la sociĂ©tĂ© des hommes ; car de mĂȘme que ce n’est pas la sociĂ©tĂ© qui a crĂ©Ă© la nature humaine, ce n’est pas elle qui fait que le bien soit en harmonie et le mal en dĂ©saccord avec cette nature ; mais tout cela est antĂ©rieur Ă  la sociĂ©tĂ© humaine elle-mĂȘme et doit ĂȘtre rattachĂ© Ă  la loi naturelle, et partant Ă  la loi Ă©ternelle. Comme on le voit, les prĂ©ceptes de droit naturel compris dans les lois des hommes n’ont pas seulement la valeur de la loi humaine, mais ils supposent avant tout cette autoritĂ© bien plus Ă©levĂ©e et bien plus auguste qui dĂ©coule de la loi naturelle elle-mĂȘme et de la loi Ă©ternelle
si l’on fait dĂ©pendre du jugement de la seule et unique raison humaine le bien et le mal, on supprime la diffĂ©rence propre entre le bien et le mal ; le honteux et l’honnĂȘte ne diffĂšrent plus en rĂ©alitĂ©, mais seulement dans l’opinion et le jugement de chacun ; ce qui plaĂźt sera permis
.D’autres vont un peu moins loin ( c’est Ă  dire qu’ils ne refusent pas la rĂ©fĂ©rence Ă  Dieu)
selon eux, les lois divines doivent rĂ©gler la vie et la conduite des particuliers, mais non celles des États ; il est permis dans les choses publiques de s’écarter des ordres de Dieu et de lĂ©gifĂ©rer sans en tenir aucun compte ; d’oĂč naĂźt cette consĂ©quence pernicieuse de la sĂ©paration de l’Eglise et de l’Etat.( aprĂšs avoir dĂ©fini toutes sortes de libertĂ© le Pape concĂšde ce qui suit par rĂ©alisme politique et pour Ă©viter un « trop » de rigueur) 
NĂ©anmoins, dans son apprĂ©ciation maternelle, l’Eglise tient compte du poids accablant de l’infirmitĂ© humaine, et elle n’ignore pas le mouvement qui entraĂźne Ă  notre Ă©poque les esprits et les choses. Pour ces motifs, tout en accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnĂȘte, elle ne s’oppose pas cependant Ă  la tolĂ©rance dont la puissance publique croit pouvoir user Ă  l’égard de certaines choses contraires Ă  la vĂ©ritĂ© et Ă  la justice, en vue d’un mal plus grand Ă  Ă©viter ou d’un bien plus grand Ă  obtenir et Ă  conserver. ».

 

Et les successeurs de ce grand Pontife ont repris sa doctrine, avec des modalitĂ©s diffĂ©rentes, car si la doctrine ne change pas, ce n’est pas le cas des hommes et des sociĂ©tĂ©s . Vatican II se situe dans cette continuitĂ©.

 

Au moment oĂč se clĂŽturait ce Concile,  la France vivait une laĂŻcitĂ© apaisĂ©e, je l’ai Ă©crit  prĂ©cĂ©demment, mais force est de constater que, depuis 2012, ce n’est plus le cas. Les lois sociĂ©tales dĂ©fiant la raison et la morale se sont succĂ©dĂ©es et d’autres encore pires se prĂ©parent. L’enseignement catholique est menacĂ©, nos Ă©glises constamment profanĂ©es. Je pourrais continuer ma liste.

 

La rĂ©ponse des autoritĂ©s politiques se rĂ©sume Ă  un renforcement de la LaĂŻcitĂ©, idĂ©ologie Ă©levĂ©e au rang de religion d’Etat. Certains Ă©voquent mĂȘme 1789 et la suite
pour un ancien ministre de l’Education nationale, « La rĂ©volution française n’est pas terminĂ©e ». DĂ©sacralisation et neutralitĂ© religieuse de l’espace publique sont devenus les deux mots d’ordre du  combat Ă  mener prĂ©sentement. L’esprit moderne se voit refuser tout accĂšs Ă  la loi naturelle, il est abandonnĂ© Ă  ses pulsions, les prĂȘtres ( que certains veulent dĂ©sacraliser) Ă  leurs dĂ©viances Ă©ventuelles, les magistrats ( qui ne se sentent jamais assez libres) aux utopies les aveuglant quant Ă  leurs devoirs, et les criminels Ă  leurs envies.

 

Quand de grands intĂ©rĂȘts sont en jeu, on peut cependant maintenir l’ordre un moment, dans un lieu bien dĂ©limitĂ©, mais avec un dĂ©ploiement de forces exceptionnelles, impossible Ă  maintenir longtemps . L’exemple de la sĂ©curitĂ© sur les diffĂ©rents lieux des jeux olympiques en est un exemple. Pratiquement tout ce qui existait comme force de l’ordre, en France , Ă©tait mobilisĂ© dans ces lieux qui seuls aussi captaient les regards des juges, puisque que c’est vers cette pĂ©riode qu’on a laissĂ© sortir de prison un homme trĂšs dangereux et qu’on a nĂ©gligĂ© son expulsion de France, probablement avec un arriĂšre fond assez fort de lĂ©galitĂ©. Ce n’est pas de nouvelles lois que viendra une quelconque amĂ©lioration !

 

Ne comptant que sur des forces matĂ©rielles et ne vivant que d’une « spiritualitĂ© » frelatĂ©e, ceux qui dirigent notre sociĂ©tĂ© sont vite rĂ©duits Ă  l’impuissance.Depuis de trĂšs nombreuses annĂ©es le principe d’autoritĂ© est bafouĂ©, parce que toute autoritĂ© vient de Dieu qui n’a plus sa place dans l’espace public. Ainsi tous les dĂ©tenteurs de pouvoirs sont condamnĂ©s Ă  l’impuissance, surtout si pour se rĂ©signer Ă  cette dĂ©gĂ©nĂ©rescence, ils l’ont transformĂ©e en doctrine. Certains prĂȘtres catholiques, surtout aprĂšs la « rĂ©vĂ©lation » des abus, oh combien exagĂ©rĂ©e dans les chiffres , ont donnĂ© le triste exemple d’une repentance masochiste , bien peu Ă©vangĂ©lique. Certains magistrats, surtout parmi ceux qui avaient Ă©rigĂ© un mur des cons sur lequel ils affichaient les photos des victimes de criminels et aussi leur famille, je pense, en particulier Ă  une jeune fille violĂ©e , puis tuĂ©e, et il y avait aussi la photo de son pĂšre ! Et c’est la mĂȘme race de juges qui octroya un  bracelet Ă©lectronique au fichĂ© S qui Ă©gorgea le pĂšre Hamel. Et on pourrait lĂ  aussi continuer la liste aux consĂ©quences sanglantes de dĂ©cisions de justice fort Ă©tranges.

 

Les lois existent, mais parmi les humains qui sont chargĂ©s de les faire appliquer, un certain nombre en est incapable. Non pas par manque d’intelligence, mais au nom d’une idĂ©ologie «  optimiste » , celle de la philosophie des LumiĂšres, prompte Ă  absoudre le pire criminel pour condamner la sociĂ©tĂ© coupable de tout. Et les victimes, faisant partie de la sociĂ©tĂ© partagent l’opprobre dont la couvrent (inconsciemment je l’espĂšre) nos juges. Dans le cas prĂ©sent, la jeune fille, victime, Ă©tait suspecte, son nom, elle habitait les beaux quartiers, Ă©tait catholique pratiquante et engagĂ©e dans sa foi, frĂ©quentait un milieu privilĂ©giĂ©. Quant Ă  son assassin prĂ©sumĂ©, il Ă©tait un pauvre rejetĂ© ! Ces magistrats idĂ©ologues font penser Ă  ces professeurs de mai 1968 qui notaient aux examens de cette Ă©poque, 20 sur 20 une copie blanche ! DĂ©ni de rĂ©alitĂ© absolu!  Le mĂȘme qui se traduit par le refus de considĂ©rer la prison comme une sanction normale ( mais il faudrait bien sĂ»r amĂ©liorer nos prisons et les «  diversifier »). Mais on doit aussi poser la question de la psychiatrie en milieu carcĂ©ral. Les mĂ©decins ne sont pas en cause, ceux qui doivent leur verser des honoraires convenables, oui ! Car la sanction en matiĂšre de viol dĂ©pend certes de la loi, mais la rĂ©daction mĂȘme de cette derniĂšre, et l’application de la sanction requiĂšrent une trĂšs grande participation des psychiatres. N’en dĂ©plaisent aux idĂ©ologues, la perversitĂ© humaine existe, quelquefois inguĂ©rissable. Cela ne signifie pas qu’il faille rĂ©tablir la peine de mort. Elle n’est pas nĂ©cessaire, surtout pour un pays civilisĂ©, en temps de paix, mĂȘme relatif ! Seul le temps de guerre ou l’état de siĂšge pourraient justifier un rĂ©tablissement temporaire de la peine capitale. Mais ce n’est pas le problĂšme urgent qui se pose aujourd’hui.

 

Pour reprendre le langage des maĂźtres stoĂŻciens, la France, comme beaucoup de pays d’Europe doit retourner Ă  ses « convenables », Ă  savoir la civilisation chrĂ©tienne qui comporte comme annoncĂ© au dĂ©but de ce propos l’espĂ©rance religieuse juive accomplie en Jesus-Christ, la sagesse grecque et le droit romain. Pendant des siĂšcles, l’Eglise catholique a transmis ce trĂ©sor aux pays oĂč Elle se trouvait , une civilisation s’est construite ! Il est clair que maintenant, on veut la dĂ©truire en organisant le dĂ©sordre civil et moral par l’exclusion de Dieu de l’espace public ! Comme l’écrivait LĂ©on XIII dans l’encyclique citĂ©e, l’Etat ne peut pas ĂȘtre athĂ©e. Combien faudra-t-il de victimes, par le viol, l’assassinat, la drogue, pour que nous nous rĂ©veillions et agissions ? Et surtout arrĂȘtions de croire Ă  une LaĂŻcitĂ© messianique !

 

 

La Chine demande aux catholiques d'Ă©tudier le socialisme

07/01/2025

La Chine demande aux catholiques d'Ă©tudier le socialisme

PEKIN ( LifeSiteNews ) Traduction Google — Le gouvernement communiste chinois a ordonnĂ© Ă  tous les chrĂ©tiens et catholiques du pays d’étudier les rĂ©flexions du prĂ©sident Xi sur le « socialisme » et de permettre une « gouvernance rigoureuse de la religion ».

 

Dans une « Lettre de vƓux de NoĂ«l » du 23 dĂ©cembre envoyĂ©e aux « communautĂ©s catholiques et chrĂ©tiennes », l'Administration d'État pour les affaires religieuses a prĂ©sentĂ© le plan du gouvernement pour la religion en Chine tout au long de 2025.

 

PubliĂ©e par l'intermĂ©diaire de l'Ă©glise reconnue par l'État en Chine, la lettre de l' Association patriotique catholique chinoise (CCPA) a Ă©tĂ© simplement signĂ©e comme provenant du bureau des affaires religieuses. Le gouvernement a d'abord semblĂ© satisfait de l'alignement de l'État et de la religion qui s'est produit au cours des 12 derniers mois :

Au cours de l'annĂ©e Ă©coulĂ©e, les communautĂ©s catholique et chrĂ©tienne ont pleinement mis en Ɠuvre la thĂ©orie du Parti communiste sur le travail religieux dans la nouvelle Ăšre, ont pleinement mis en Ɠuvre la politique fondamentale du Parti sur le travail religieux, ont adhĂ©rĂ© Ă  la direction de la sinisation de la religion en Chine, ont adhĂ©rĂ© au principe d'indĂ©pendance et d'autonomie, ont portĂ© haut les drapeaux du patriotisme et du socialisme, ont cĂ©lĂ©brĂ© avec enthousiasme le 75e anniversaire de la fondation de la RĂ©publique populaire de Chine et ont mis en Ɠuvre les « trois amours », les « cinq histoires » et les « trois amours ».

 

GrĂące Ă  l’accord encore secret entre la Chine et le Vatican – renouvelĂ© une fois de plus en octobre pour six ans – le Vatican entretient dĂ©sormais des relations beaucoup plus Ă©troites avec les principaux prĂ©lats du CCPA, bien qu’ils dĂ©pendent des autoritĂ©s communistes de PĂ©kin et que l’État communiste applique une persĂ©cution stricte des religions.

 

L’une des principales dĂ©marcations entre l’Église d’État et l’Église « clandestine » restĂ©e fidĂšle Ă  Rome a Ă©tĂ© la mise en Ɠuvre par l’Église approuvĂ©e par l’État de la « sinisation », le processus d’assimilation et de contrĂŽle par l’État du PCC.

 

Les Ă©vĂȘques du PCC semblent dĂ©sormais prĂȘts Ă  poursuivre ce processus sans entrave au cours de l’annĂ©e prochaine, le gouvernement chinois leur ayant expressĂ©ment ordonnĂ© de le faire. Dans le cadre de la lettre du bureau des affaires religieuses, une sĂ©rie d’ordres a Ă©tĂ© transmise, notamment l’exigence de « faire avancer systĂ©matiquement la sinisation des religions de notre pays, de cultiver et de pratiquer les valeurs fondamentales socialistes, de promouvoir la culture chinoise et de faire avancer la gouvernance globale et rigoureuse des religions ».

 

En outre, le gouvernement a demandĂ© aux catholiques et aux chrĂ©tiens « d’étudier et de mettre en Ɠuvre en profondeur la pensĂ©e du prĂ©sident chinois Xi Jinping sur le socialisme aux caractĂ©ristiques chinoises de la nouvelle Ăšre, en particulier l’important exposĂ© du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Xi Jinping sur le travail religieux ».

 

Parmi les prioritĂ©s pour 2025 figurait Ă©galement la directive visant Ă  « mettre pleinement en Ɠuvre l’esprit du 20e CongrĂšs national du PCC et des 2e et 3e sessions plĂ©niĂšres du 20e ComitĂ© central du PCC, et Ă  adhĂ©rer au principe d’indĂ©pendance et d’autonomie ».

« Nous nous efforcerons de contribuer Ă  l’avancement global de la construction d’une nation forte et au renouveau national grĂące Ă  la modernisation Ă  la chinoise », ajoute la lettre.

 

Le cardinal Ă©mĂ©rite de Hong Kong, Joseph Zen, et des experts de la Chine avertissent que la sinisation implique que « toutes les communautĂ©s religieuses soient dirigĂ©es par le Parti, contrĂŽlĂ©es par le Parti et  soutiennent le Parti ».

 

« Tous les Ă©vĂȘques qui refusent de rejoindre l’Association patriotique catholique sont assignĂ©s Ă  rĂ©sidence ou font disparaĂźtre par le PCC »,  a dĂ©clarĂ©  l’an dernier Ă  LifeSiteNews Steven Moser, expert de la Chine et prĂ©sident de l’Institut de recherche sur la population. « Bien que le Vatican ait dĂ©clarĂ© il y a plusieurs annĂ©es que l’accord sino-vatican n’oblige personne Ă  rejoindre cette organisation schismatique, le refus de le faire entraĂźne persĂ©cution et punition. Et le Vatican reste les bras croisĂ©s et ne fait rien. »

 

Un rapport rĂ©cent de Frances Hui, membre du ComitĂ© pour la libertĂ© Ă  Hong Kong, cite un prĂȘtre de Hong Kong qui a averti que le dialogue croissant que le cardinal Stephen Chow de Hong Kong encourageait avec l'Église du PCC n'Ă©tait pas un Ă©change mais un « lavage de cerveau ». Une partie du processus de sinisation  consiste Ă  « supprimer de maniĂšre proactive les informations sur les persĂ©cutions religieuses en Chine et Ă  diluer son attention sur la dĂ©fense des droits des fidĂšles en Chine », peut-on lire dans le rapport.

 

L'ordre donnĂ© par le gouvernement chinois Ă  l'Église reconnue par l'État de mettre en Ɠuvre les valeurs de l'État qui la soutient est certes remarquable, mais pas surprenant. Mais il s'agit lĂ  d'un nouveau rappel brutal de la nature du gouvernement communiste chinois avec lequel le Vatican poursuit ses relations.

 

En octobre, le tristement célÚbre accord sino-Vatican a été renouvelé pour la troisiÚme fois, cette fois pour quatre ans au lieu de deux.

 

 

L' accord, officiellement secret  , reconnaĂźtrait l'Église approuvĂ©e par l'État en Chine et permettrait au Parti communiste chinois (PCC) de nommer les Ă©vĂȘques. Le pape François conserverait apparemment un droit de veto, mĂȘme si dans la pratique c'est le PCC qui a le contrĂŽle . Il autoriserait Ă©galement la rĂ©vocation d'Ă©vĂȘques lĂ©gitimes pour les remplacer par des Ă©vĂȘques approuvĂ©s par le PCC.

 

Dans  une lettre adressĂ©e en 2018 aux catholiques chinois , le pape François a dĂ©crit cet accord comme la crĂ©ation d’un « nouveau chapitre de l’Église catholique en Chine ». S’exprimant dans l’avion papal en septembre, le pape François  a affirmĂ©  sa satisfaction quant Ă  la maniĂšre dont les relations se dĂ©roulent : « Oui, je suis satisfait des dialogues avec la Chine. Les rĂ©sultats sont bons. MĂȘme pour la nomination des Ă©vĂȘques, les choses avancent dans la bonne volontĂ©. »

 

Cependant, le cardinal Joseph Zen a qualifié cet accord de « trahison incroyable », accusant en outre le Vatican de « trahir » les catholiques chinois.

L’accord a Ă©galement entraĂźnĂ© une augmentation des  persĂ©cutions religieuses  depuis sa signature. L’encre de l’accord Ă©tait Ă  peine sĂšche en 2018 qu’AsiaNews, un site Internet qui documente rĂ©guliĂšrement les enlĂšvements et les tortures de catholiques clandestins,  rapportait que  Â« les catholiques clandestins soupçonnent amĂšrement le Vatican de les avoir abandonnĂ©s ».

 

Des rapports successifs de la Commission exĂ©cutive du CongrĂšs amĂ©ricain sur la Chine ont fait rĂ©fĂ©rence Ă  une augmentation de la persĂ©cution des chrĂ©tiens comme consĂ©quence directe de l’accord.

 

Cependant, en novembre, le cardinal Parolin, secrĂ©taire d’État du Vatican, a dĂ©clarĂ© Ă  notre correspondant que le dialogue avec PĂ©kin « progressait petit Ă  petit. Le dĂ©fi est le dialogue – comment dialoguer, mais nous progressons ».

À propos des reliques de trois Rois mages à Cologne

06/01/2025

À propos des reliques de trois Rois mages à Cologne

 

 

Les raisons d'y croire


  • - L’itinĂ©raire prĂ©cis d’objets, mĂȘme trĂšs prĂ©cieux ou trĂšs vĂ©nĂ©rĂ©s, Ă  travers l’histoire est parfois difficile Ă  retracer. Mais, en ce qui concerne les reliques attribuĂ©es depuis l’AntiquitĂ© chrĂ©tienne aux Rois mages, nous sommes bien documentĂ©s. Nous savons qu’elles furent rapportĂ©es par l’impĂ©ratrice HĂ©lĂšne, mĂšre de Constantin.

  •   En effet, HĂ©lĂšne a entrepris de retrouver les reliques liĂ©es Ă  la vie de JĂ©sus. C’est pourquoi, en 330, elle se rend aux sources de la foi chrĂ©tienne, en Terre sainte. L’impĂ©ratrice et les autoritĂ©s religieuses ont procĂ©dĂ© avec ordre et mĂ©thode, en mettant les objets Ă  l’épreuve pour vĂ©rifier s’ils opĂ©raient des miracles, tel le bois de la croix qui ressuscita une morte. L’on peut donc conclure Ă  leur probable authenticitĂ©, d’autant que ces reliques sont destinĂ©es aux sanctuaires prestigieux de Rome et Constantinople.

  •   Le chroniqueur allemand Jean d’Hidelsheim, qui Ă©crit au XIVe siĂšcle mais s’appuie sur des sources plus anciennes, rapporte que les reliques des trois Rois mages viennent de Perse, leur patrie, oĂč HĂ©lĂšne les a fait acheter Ă  prix d’or, puis transporter Ă  Constantinople, oĂč elles furent dĂ©posĂ©es et vĂ©nĂ©rĂ©es Ă  Sainte-Sophie.

  •   Vers la fin du IVe siĂšcle, les reliques des Mages auraient Ă©tĂ© offertes Ă  l’évĂȘchĂ© de Milan, l’une des capitales impĂ©riales d’Occident. En tout cas, lors de la destruction de la basilique Sainte-Sophie en 532 (Ă  l’occasion de la sĂ©dition contre Justinien), elles ne sont plus Ă  Constantinople. C’est Ă  Milan, dont il vient de s’emparer, que FrĂ©dĂ©ric Barberousse les retrouve cachĂ©es dans un monastĂšre que ses troupes s’apprĂȘtaient Ă  dĂ©truire : le reliquaire, magnifique et de grand prix, se met Ă  rĂ©pandre une lumiĂšre prodigieuse. Apprenant qu’il s’agit des reliques de Gaspard, Melchior et Balthazar, l’empereur s’approprie ce trĂ©sor et le fait transfĂ©rer en Allemagne, oĂč il le confie Ă  l’archevĂȘque de Cologne, Rainald von Dassel. Le reliquaire lui parvient en 1164.

  •   Les pĂšlerins affluent Ă  Cologne, incitant Ă  la construction d’un sanctuaire digne de ces saints personnages. La cathĂ©drale de Cologne est donc en rĂ©alitĂ© une chĂąsse gĂ©ante pour abriter les trois Rois.

  •   À partir du XVIIIe siĂšcle, la tradition Ă©vangĂ©lique est ridiculisĂ©e ; le culte des Rois mages est attaquĂ© plus violemment encore pendant le Kulturkampf du chancelier Bismarck. Ce contexte hostile incite l’archevĂȘchĂ© de Cologne Ă  faire procĂ©der Ă  de sĂ©rieuses vĂ©rifications scientifiques et mĂ©dico-lĂ©gales en 1863, pour le septiĂšme centenaire de l’arrivĂ©e des Rois dans la ville. On procĂšde Ă  l’ouverture de la chĂąsse, et les mĂ©decins confirment qu’elle contient trois squelettes humains de sexe masculin, pratiquement entiers et d’ñges diffĂ©rents.

  •   Les investigations sont poussĂ©es davantage en 1981. À la demande de l’archevĂȘque de Cologne, on procĂšde Ă  l’examen des Ă©toffes entourant les reliques en recourant aux techniques modernes. Le linceul est confiĂ© pour analyse au professeur DaniĂ«l De Jonghe, du musĂ©e royal d’art et d’histoire de Bruxelles, spĂ©cialiste des tissus anciens, de mĂȘme que des lambeaux des vĂȘtements retrouvĂ©s sur les corps. Ces examens contribueront de maniĂšre bien plus significative que tout le reste Ă  l’authentification des reliques.

  •   Le linceul est incontestablement une soie de Chine importĂ©e – comme cela se faisait dans l’AntiquitĂ©, quand l’Empire du Milieu dĂ©fendait sous peine de mort le secret de fabrication de ce produit de luxe –, vendue Ă  l’état brut, c’est-Ă -dire blanche, puis teinte en Perse.

  •   Sa couleur est pourpre. Or, il ne s’agit pas de teinture Ă  base de garance ou de cochenille, mais de pourpre phĂ©nicienne vĂ©ritable, extraite du murex, coquillage de grand prix donnant une teinte variant du violet au rose et d’un prix prohibitif, et Ă  ce titre marque du pouvoir et de la royautĂ©, rĂ©servĂ©e aux Ă©lites. De surcroĂźt, l’étoffe dĂ©jĂ  hors de prix a Ă©tĂ© lamĂ©e Ă  l’or fin. Sa valeur est inestimable. Cette pourpre provient sans risque d’erreur d’ateliers de la rĂ©gion de Tyr.

  •   AprĂšs de minutieuses recherches, le professeur De Jonghe dĂ©couvre Ă©galement, venant de Palmyre, en Syrie (plaque tournante du commerce entre la Perse et la Chine), un autre fragment de soie trĂšs ressemblant Ă  celui de Cologne, et datable de la fin du premier siĂšcle ou du dĂ©but du second.

  •   Quant aux lambeaux de vĂȘtements de la chĂąsse, ils ont appartenu Ă  des costumes de grande valeur, rĂ©servĂ©s aux personnages d’importance : deux sont en damas, le troisiĂšme en taffetas. Leur procĂ©dĂ© de fabrication est celui en usage au tournant des annĂ©es 100 au Moyen-Orient.

  •   Ces conclusions conduisent Ă  considĂ©rer l’ñge et l’authenticitĂ© des reliques, dĂ©montrant que les Ă©toffes ne datent pas de l’époque mĂ©diĂ©vale, mais bien de la fin du premier siĂšcle ou du dĂ©but du second. Leur coĂ»t dĂ©montre l’incommensurable valeur accordĂ©e aux corps qu’elles enveloppent. L’on n’aurait pas enseveli ainsi un quelconque cadavre, mĂȘme princier. Si toutes les questions suscitĂ©es par les reliques n’ont pas encore trouvĂ© de rĂ©ponse, l’on peut maintenant raisonnablement conclure que Cologne dĂ©tient les corps des Rois mages.

  • - Les Rois mages Ă©taient venus jusqu’à BethlĂ©em pour adorer le petit Enfant JĂ©sus comme leur Sauveur et leur Seigneur. Ils avaient reconnu, en observant le Ciel, un signe annoncĂ© dans les prophĂ©ties sur la naissance du Messie.

    • Auteur : SpĂ©cialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de bĂ©atification, journaliste pour de nombreux mĂ©dias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrĂ©s Ă  la saintetĂ©.

 

 

SynthÚse de l'article et compléments sur 1000 raisons de croire

Marie, notre Étoile, le phare dans la nuit de nos vies (II)

06/01/2025

Marie, notre Étoile, le phare dans la nuit de nos vies (II)

Mais elle est lĂ , Marie, notre Étoile, le phare dans la nuit de nos vies. Pas seulement la mĂšre, qui protĂšge, qui Ă©vite tous les pĂ©rils et dispense de l’effort ceux qui la prient. C’est une mĂšre qui prĂ©cĂšde ses enfants et les encourage par l’exemple de ses vertus, foi, humilitĂ©, charitĂ© pour ne parler que des vertus thĂ©ologales si bien mises en pratique par les Mages. Elle est avec nous dans cette montĂ©e qui paraĂźt bien souvent ardue et constitue notre vie chrĂ©tienne.

 

Les rois mages ont su attendre, renoncer, s’abandonner, partir. Avertis comme nous, ils ont cheminĂ©. Ils ont mis de cĂŽtĂ© leurs vies sociales et ont privilĂ©giĂ© leurs Ăąmes et leur sanctification, peut-ĂȘtre mĂȘme sans le savoir. Du jour au lendemain ils ont vu le signe que Dieu leur a envoyĂ© ! Saurons-nous entendre Ă  notre tour l’appel de Dieu, le besoin de notre Ăąme Ă  le retrouver en nous, saisir la grĂące qui nous est donnĂ©e ?

 

Marie elle-mĂȘme par sa beautĂ© rayonnante brillera Ă  chacune de ses apparitions. Elle emploiera souvent sa lumiĂšre pour ĂȘtre trouvĂ©e et reconnue. Elle ira jusqu’à faire tomber une Ă©toile pour marquer un lieu oĂč elle souhaitait ĂȘtre priĂ©e, comme Ă  Montebourg oĂč elle est invoquĂ©e sous le vocable de Notre Dame de l’Étoile et deviendra la Vierge des FrĂšres des Écoles ChrĂ©tienne. A la rue du Bac Ă  Paris, la Vierge Marie dira qu’elle est triste du fait que certains des rayons qu’elle nous envoie ne soient pas lumineux (ceux-ci reprĂ©sentant les grĂąces que nous ne pensons pas Ă  lui demander).

 


Elle est celle qui illumine notre vie d’espĂ©rance; elle est notre Ă©toile vers Dieu et chemin vers notre Ă©ternitĂ© bienheureuse. Saint Jean-Baptiste de la Salle constatera : « Il ne suffit pas de naviguer sĂ»rement, il faut arriver au port. Cette Étoile de la mer, la TrĂšs Sainte Vierge, vous y conduira sans difficultĂ© parce qu’elle le connaĂźt trĂšs bien. »

 

blog.gingko-editions.fr via Une minute avec Marie

Marie, notre Étoile, le phare dans la nuit de nos vies

04/01/2025

Marie, notre Étoile, le phare dans la nuit de nos vies

« Cette Ă©toile virginale se trouvait enfermĂ©e dans les Ă©troites limites d’une Ă©table, avec le Soleil de justice qu’elle avait mis au monde; aussi, et afin de la faire connaĂźtre, un astre d’un Ă©clat nouveau apparaĂźt-il en Orient; par l’éclat inouĂŻ de sa lumiĂšre, il prĂ©vient les Gentils de l’apparition de l’étoile sortie de Jacob, et, marchant en avant des Mages pour leur indiquer leur chemin, il les amĂšne jusqu’à BethlĂ©em. C’est ainsi que le ciel fait connaĂźtre le Ciel, qu’une Ă©toile indique une Ă©toile, que la lumiĂšre rend tĂ©moignage de la lumiĂšre, qu’un astre dĂ©couvre un astre. »

Une expression chĂ©rie et reprise par l’Église pour louer et glorifier Marie dans sa liturgie. Vers le XXĂšme siĂšcle une priĂšre reprise du VIĂšme siĂšcle sera Ă©crite sous la forme d’une hymne magnifique : l’ « Ave Maris Stella ». Saint Louis-Marie Grignon de Montfort dira d’ailleurs que « pour aller Ă  JĂ©sus allons par Marie ». Elle est bien notre Ă©toile.

 

Prenons donc notre bĂąton de pĂšlerin afin d’imiter au mieux ces Mages. Allons Ă  la recherche de Dieu. Le chemin est long, la foi, la confiance et l’abandon total en Dieu sont difficiles et plus particuliĂšrement dans la sociĂ©tĂ© actuelle. Regardons, prions Marie, tout au long de ce chemin elle est notre Ă©toile, celle qui dĂ©fait les nƓuds, mĂȘme les plus durs.

 

 

 

Une minute avec Marie
blog.gingko-editions.fr

Conte de l'Epiphanie : Le concierge du Ciel

04/01/2025

Conte de l'Epiphanie : Le concierge du Ciel

Il sillonna le ciel, fit le tour des constellations et demanda aux myriades d’étoiles si elles ne pouvaient pas se serrer un peu, laisser un peu d’espace, faire une petite place Ă  cette nouvelle venue


« Il n’en est pas question, rĂ©pondirent-elles, nous sommes installĂ©es dans cet ordre depuis toujours, il est impossible de changer notre ordonnance ! » Du cĂŽtĂ© de la Voie LactĂ©e, mĂȘme rĂ©ponse de la Grande Ourse : « Pas de place ! »

« Que faire ? », se demanda-t-il. « Cette Ă©toile a un destin particulier, elle a guidĂ© les mages jusqu’au Sauveur du monde. Elle a obĂ©i Ă  des lois particuliĂšres. Elle est trĂšs proche de la Terre
 Elle est trĂšs proche de la Terre : mais oui, la voilĂ  la solution ! Je vais la donner au monde. »

Alors, il alla dans son atelier, et lĂ , il cassa l’étoile en mille morceaux, en mille Ă©clats dont il remplit son tablier. Il sortit et, comme le semeur, Ă  la volĂ©e, il lança les Ă©clats d’étoile partout sur la Terre.

Mais ils n’allĂšrent pas n’importe oĂč : certains se logĂšrent dans les chambres des hĂŽpitaux et devinrent les veilleuses dont les malades ont tant besoin pour ne pas ĂȘtre angoissĂ©s la nuit. D’autres descendirent au fond des mines, lĂ  oĂč les mineurs de fond ont besoin d’ĂȘtre guidĂ©s par une lampe frontale. D’autres encore se placĂšrent comme fanaux sur les barques, dans les phares sur la mer, pour Ă©viter aux embarcations de s’échouer sur les rochers. Enfin, le plus grand nombre vint habiter le cƓur des hommes.

Chacun de nous a reçu un Ă©clat de l’étoile de NoĂ«l. À nous de le faire briller, de raviver sans cesse cet Ă©clat de lumiĂšre dans notre cƓur.

 

Conte paru dans la presse paroissiale du diocùse d’Annecy

Que pourrait rĂ©server 2025 Ă  l’Église ?

03/01/2025

Que pourrait rĂ©server 2025 Ă  l’Église ?

Persécution des chrétiens (en particulier en Terre Sainte)

 

La guerre Ă  Gaza va s'essouffler et les consĂ©quences de la guerre civile syrienne qui dure depuis quatorze ans vont s'amplifier. La petite minoritĂ© chrĂ©tienne de Gaza sera pressĂ©e et Ă©crasĂ©e de toutes parts, tandis que la minoritĂ© chrĂ©tienne plus importante de Syrie (des chrĂ©tiens de diverses Églises qui constituaient environ 10 % de la population avant la guerre) devra faire face Ă  des traitements plus que brutaux et risque d'ĂȘtre victime de harcĂšlement systĂ©matique ou de persĂ©cutions dignes de celles de DĂ©cia ou de DioclĂ©tien.

Le rĂŽle de l’Église catholique sera crucial dans les deux endroits et dans toute la rĂ©gion, notamment en raison de sa forte prĂ©sence dans les deux endroits en tant que force sociale qui pĂšse bien plus lourd que son poids.

 

En Syrie, les chrétiens sont sur des charbons ardents parce qu'ils ont tendance à soutenir le régime du président Bachar al-Assad, récemment renversé. Le soutien des chrétiens à Assad n'est pas le résultat d'une sympathie personnelle pour sa personnalité monstrueuse ou d'une affinité idéologique avec son parti Baas, mais le résultat d'une nécessité calculée dans une situation impossible.

 

La famille Assad, qui a dirigĂ© la Syrie pendant plus d'un demi-siĂšcle aprĂšs un coup d'État militaire en 1970, appartient Ă  une minoritĂ© ethno-religieuse issue de l'islam chiite appelĂ©e alaouisme, les Alaouites constituant entre 10 et 12 % de la population syrienne totale, Ă  peu prĂšs autant que les chrĂ©tiens.

 

La version courte d’une histoire millĂ©naire et irrĂ©ductiblement complexe est la suivante : la Syrie est majoritairement musulmane sunnite, mais la population est trĂšs diversifiĂ©e et le tissu social est un tissage complexe de fils familiaux, confessionnels et religieux, tous ayant un poids et une signification politiques.

 

La complexitĂ© de la situation en Syrie en particulier – mais pas exclusivement en ce qui concerne la minoritĂ© alaouite – illustre de maniĂšre frappante et pertinente la nĂ©cessitĂ© pour les chrĂ©tiens d’Occident de connaĂźtre et de comprendre Ă  quel point le monde musulman est rĂ©ellement diversifiĂ©.

 

ConcrĂštement, la vie est dure pour les Syriens, insupportablement brutale pour un grand nombre de Syriens de toutes origines ethniques et religieuses. Et ce depuis plus d’une dĂ©cennie. Une aide internationale opportune sera essentielle Ă  toute reconstruction digne de ce nom, mais l’obtenir est plus facile Ă  dire qu’à faire. Les grandes puissances rĂ©gionales et mondiales, comme les États-Unis, la Russie, la Chine et l’Iran, sont toutes intĂ©ressĂ©es.

Les choses ne vont pas s’amĂ©liorer du jour au lendemain, et elles pourraient bien empirer pour certaines personnes avant de s’amĂ©liorer.

 

 

Tectonique ƓcumĂ©nique (les yeux tournĂ©s vers l'Ukraine)

 

Le nouveau prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a promis de mettre fin Ă  la guerre d’agression illĂ©gale menĂ©e par la Russie en Ukraine, mais personne du cĂŽtĂ© ukrainien de ce conflit sanglant et destructeur ne s’attend Ă  une proposition de rĂ©solution heureuse ou mĂȘme minimalement satisfaisante de la part de Trump, dont l’admiration pour le dictateur russe Vladimir Poutine est bien connue.

 

Les yeux du monde seront tournĂ©s vers l’Ukraine, mais pour un ensemble de raisons banales qui ne sont que marginalement liĂ©es aux motivations culturelles profondes de la grande question civilisationnelle en jeu, Ă  savoir : quelle Église chrĂ©tienne sera le reprĂ©sentant mondial du christianisme ukrainien ?

 

La plupart des Ukrainiens sont orthodoxes, mais l’orthodoxie en Ukraine est plus fragmentĂ©e que divisĂ©e, certaines divisions traversant l’orthodoxie russe selon des lignes politiques et d’autres divisions traversant l’orthodoxie ukrainienne gĂ©nĂ©ralement le long de la ligne de fracture sĂ©parant Constantinople et Moscou.

 

L'Église grĂ©co-catholique ukrainienne pourrait bien s'imposer comme la voix dominante du christianisme ukrainien. Si cela se produit (et de nombreux Ă©lĂ©ments portent Ă  croire que c'est dĂ©jĂ  le cas sous la direction prudente de Sviatoslav Shevchuk, le jeune et Ă©nergique archevĂȘque majeur de l'Église grĂ©co-catholique ukrainienne), les rĂ©percussions gĂ©opolitiques et ƓcumĂ©niques seront importantes.

 

 

Un mot : Conclave

 

La probabilitĂ© d’un conclave papal augmente chaque jour qui passe – tout le monde le sait – et tout le monde sait que la prochaine Ă©lection ne verra aucun favori Ă©vident.

 

Habituellement, on distingue des blocs de vote dans tout conclave papal, mais l'Ă©lection qui choisira le successeur de François est particuliĂšre dans la mesure oĂč la fragmentation du CollĂšge des cardinaux est - de maniĂšre mesurable et incommensurable - plus grande que ce que la sagesse dominante semble justifier ou mĂȘme rĂ©aliser.

 

Beaucoup d’encre a coulĂ© sur le fait que les chapeaux rouges se connaissent peu, mais les observateurs du Vatican ont relativement peu parlĂ© de la fracture – et de la querelle – qui rĂšgnent au sein des diffĂ©rentes factions cardinalices.

 

MĂȘme les cardinaux « libĂ©raux », qui se sont contentĂ©s de suivre le sillage de François et peut-ĂȘtre mĂȘme d’ĂȘtre la queue qui remue le chien pendant un certain temps, sont assez fatiguĂ©s du modus gubernandi « Buenos Aires-sur-Tibre » qui prĂ©vaut depuis mars 2013. Les cardinaux « conservateurs », quant Ă  eux, s’accordent davantage sur ce qui ne va pas que sur ce qui va bien. Il existe des divisions et des divisions au sein des divisions au sein de chaque groupe, Ă  tel point qu’il existe mĂȘme de tels groupes au sein du CollĂšge.

 

Les cardinaux qui se rĂ©uniront pour Ă©lire le prochain candidat seront divisĂ©s sur des lignes diffĂ©rentes : « Quelles sont ou devraient ĂȘtre les prioritĂ©s du chef mondial de l'Église ? » n'est qu'une des questions pour lesquelles il y a au moins trois fois plus d'opinions qu'il y a d'hommes qui en ont.

À la difficultĂ© et Ă  la complexitĂ© de la tĂąche s’ajoute le travail que François laissera inachevĂ©.

 

François laissera au prochain prĂ©sident deux dossiers importants : la rĂ©forme de la justice ecclĂ©siastique et de la culture gĂ©nĂ©rale de leadership dans l’Église, ainsi que la rĂ©forme des finances du Vatican. Ces questions sont Ă©troitement liĂ©es, cruciales et urgentes.

 

Peu importe que l'on croie que François a fait de rĂ©els progrĂšs sur l'un ou l'autre front (ou sur les deux) ou que l'on soit d'avis que François a aggravĂ© l'un ou l'autre problĂšme. Il n'a pas rĂ©glĂ© ces problĂšmes et il ne les aura pas rĂ©glĂ©s d'ici Ă  ce qu'il quitte ses fonctions. La tĂąche est peut-ĂȘtre trop grande pour un seul homme, mais cette observation est marginale. L'objectif ici est d'Ă©valuer la situation du catholicisme mondial en vue de comprendre comment cette situation affectera le programme des cardinaux Ă©lecteurs.

 

Les cardinaux vont devoir définir un profil avant de pouvoir choisir des candidats.

 

Le prochain candidat devra possĂ©der de meilleures compĂ©tences linguistiques que François, de solides capacitĂ©s de constitution d’équipe et d’administration pour remettre en Ă©tat l’appareil de gouvernement central de l’Église, du savoir-faire pour gĂ©rer un Saint-SiĂšge dans des situations diplomatiques et politiques difficiles, une force de volontĂ© et un savoir-faire pour maintenir le Saint-SiĂšge et la CitĂ© du Vatican Ă  un niveau minimum de solvabilitĂ©, et du charisme – au sens courant du terme – pour rassurer un corps mondial de fidĂšles durement Ă©prouvĂ© et complĂštement Ă©puisĂ©.

 

Le plus important est que le prochain pape n’ait aucun squelette dans son placard, et c’est une tñche difficile.

 

Christopher R. Altieri est journaliste, éditeur et auteur de trois livres, dont Reading the News Without Losing Your Faith (Catholic Truth Society, 2021). Il est rédacteur en chef adjoint de Catholic World Report .

L'Exode Chrétien de Gaza

03/01/2025

L'Exode Chrétien de Gaza

Un rapport du Centre de Jérusalem pour la sécurité et les affaires étrangÚres (JCFA) révÚle une forte diminution de la population chrétienne à Gaza, passant de 5000 à 1000 entre 2023 et octobre 2023, en raison d'une volonté d'exil accrue et de persécutions croissantes. L'impunité face aux discriminations, aux violences, et aux confiscations de biens, combinée à l'inefficacité de l'Autorité palestinienne, exacerbe la situation. Les femmes chrétiennes sont particuliÚrement vulnérables, subissant davantage de harcÚlement et de viols. L'éducation contribue aussi au problÚme en omettant ou en déformant l'histoire chrétienne, favorisant ainsi les préjugés. En résumé, le rapport documente une crise majeure pour la communauté chrétienne de Gaza, soulignant la persécution et le manque de protection.

 

Sources :   JCFA       EvangĂ©liques info  

Sainte GeneviĂšve, patronne de Paris

02/01/2025

Sainte GeneviĂšve, patronne de Paris

En 451, elle mĂšne la rĂ©sistance contre les Huns. Vingt ans plus tard, elle tient le siĂšge de la ville contre les Francs et nourrit la population. BĂątisseuse de la premiĂšre Ă©glise Saint-Denis, elle est, avec saint Remi et sainte Clotilde, l’une des actrices majeures d’un Ă©vĂ©nement fondateur de notre histoire : le baptĂȘme de Clovis.

 

Les raisons d'y croire


À peine quelques annĂ©es aprĂšs la mort de GeneviĂšve, la reine Clotilde demande Ă  un moine d’écrire la vie de la sainte femme. Celui-ci recueille toutes les informations disponibles Ă  son sujet auprĂšs de tĂ©moins directs encore en vie. La vie de GeneviĂšve, unie au Christ dans tous les aspects, et de nombreux miracles y sont racontĂ©s avec beaucoup de dĂ©tails.


En 451, alors que les Huns, qui dĂ©truisent et massacrent tout sur leur passage, semble se diriger vers Paris, tout indique qu’il faut fuir, et c’est ce que tous les Parisiens veulent faire. Mais GeneviĂšve, qui a mis son espĂ©rance en JĂ©sus-Christ, est persuadĂ©e que la priĂšre les sauvera : « Priez et demeurez. JĂ©sus-Christ vous donnera la victoire. » Sa foi n’est pas déçue : les Huns passent au sud de Paris et sont effectivement battus en Champagne.

 

La longĂ©vitĂ© de GeneviĂšve Ă  la tĂȘte de Paris est particuliĂšrement remarquable. En effet, l’épisode des Huns ayant eu lieu alors qu’elle n’a qu’une trentaine d’annĂ©es, GeneviĂšve a tenu l’équivalent du rĂŽle de maire pendant plus de cinquante ans, ce qui montre la confiance et l’estime que lui accordaient ses contemporains.


DĂ©jĂ , de son vivant, la renommĂ©e de GeneviĂšve dĂ©passe de trĂšs loin Paris, atteignant mĂȘme le territoire de l’actuelle Syrie. En effet, SimĂ©on le Stylite, un saint contemporain de GeneviĂšve, Ă©voque la sainte Ă  plusieurs reprises.


AprĂšs la mort de GeneviĂšve, le 3 janvier 502 ou 512, nombreux sont les rois qui se sont confiĂ©s par la priĂšre Ă  sainte GeneviĂšve pour obtenir une guĂ©rison. C’est le cas de Louis XV, qui, une fois guĂ©ri, fera construire en remerciement une nouvelle Ă©glise Sainte-GeneviĂšve, notre actuel PanthĂ©on.


Jusqu’en 1947, les autoritĂ©s civiles et religieuses organisent Ă  maintes reprises des processions extraordinaires avec les reliques de la sainte pour lui demander son intercession lors des graves calamitĂ©s publiques. De trĂšs nombreux miracles se produisent au cours de ces processions ; ils ont Ă©tĂ© recensĂ©s avec soin et il est aisĂ© d’en donner des exemples.
En 1239, Saint Louis demande une procession exceptionnelle pour la guĂ©rison de son frĂšre, le comte d’Artois. Celui-ci, alitĂ© Ă  Gonesse, guĂ©rit instantanĂ©ment au moment mĂȘme oĂč l’on sort la chĂąsse de l’abbatiale.


La procession du 27 mai 1694 est organisĂ©e en raison d’une terrible sĂ©cheresse et alors que la guerre fait rage. La procession n'est pas encore finie que la pluie commence Ă  tomber Ă  grosses gouttes. De plus, le mĂȘme jour, le marĂ©chal de Noailles remporte la victoire de la riviĂšre Ter en Espagne (l’annonce ne parvient Ă  Paris que trois jours plus tard). Les Ă©chevins, trĂšs reconnaissants, demandent en guise d’ex-voto un grand tableau au peintre Nicolas de LargilliĂšre : Sainte GeneviĂšve intercĂ©dant pour faire tomber la pluie.


Auteur : Enseignante et passionnĂ©e d’Histoire, Delphine Pasteau est l’auteur de livres sur des vies de saints et d’un manuel de culture chrĂ©tienne. Elle a Ă©crit trois ouvrages sur la vie de sainte GeneviĂšve, afin d’en transmettre la portĂ©e Ă  la fois historique et spirituelle.

 

Le diocĂšse de Nanterre organise un pĂšlerinage samedi 4 janvier :

 

 

 

Et le diocĂšse de Paris organise une neuvaine qui dĂ©bute aujourd’hui, et se terminera le 11 janvier par une procession des reliques de sainte GeneviĂšve, de l’église Saint-Etienne du Mont Ă  Notre-Dame de Paris :

 

 

Sources : 1000 raisons de croire et Le Salon Beige

3 janvier 1915 - L’apparition peu connue de la « La Vierge de la Marne »

02/01/2025

3 janvier 1915 - L’apparition peu connue de la « La Vierge de la Marne »

« Comme soldat, je devrais garder le silence, mais comme prĂȘtre, je crois devoir dire ce que j’ai vu.

Pendant la bataille de la Marne, nous Ă©tions surpris d’ĂȘtre refoulĂ©s car nous Ă©tions lĂ©gion comparĂ©s aux Français, et nous comptions bien arriver Ă  Paris. Mais nous vĂźmes la Sainte Vierge toute habillĂ©e de blanc avec une ceinture bleue, inclinĂ©e vers Paris... elle nous tournait le dos et de la main droite, semblait nous repousser... Cela je l’ai vu et un grand nombre des nĂŽtres aussi ».


Dans les jours oĂč ce prĂȘtre allemand parlait ainsi, deux officiers allemands, prisonniers, comme lui, et blessĂ©s, entraient dans une ambulance française de la Croix-Rouge. Une dame infirmiĂšre parlant allemand les accompagne. Quand ils entrĂšrent dans une salle oĂč se trouvait une statue de Notre-Dame de Lourdes, ils se regardĂšrent et dirent : « Oh ! La Vierge de la Marne ! »

 

Source : une minute avec Marie

L'Eglise demain, pour une vraie réforme.

01/01/2025

L'Eglise demain, pour une vraie réforme.

Voici l’introduction :

 

Tout mon propos dans les pages qui suivent sera d’appeler de mes vƓux un vrai renouveau de l’Église. MĂȘme si son Seigneur permet que la trahison, ou tout simplement la lĂąchetĂ© mondaine de ses enfants, paraissent en mesure de faire chavirer la barque, l’Épouse du Christ, sainte et immaculĂ©e, ne mourra pas. Lorsqu’elle parviendra, avec ses pasteurs, pape et Ă©vĂȘques, mus par la grĂące de Dieu et soutenus par les mĂ©rites des saints, Ă  Ă©carter le dĂ©sordre qui l’afflige, elle aura Ă  mettre en Ɠuvre une rĂ©gĂ©nĂ©ration, une rĂ©forme salvatrice. Mais dĂ©jĂ , des Ă©vĂȘques, des prĂ©lats, des cardinaux peuvent poser des jalons pour cette renaissance. Ils le doivent mĂȘme, de maniĂšre d’autant plus urgente que nous sommes dans une situation qui est, Ă  bien des Ă©gards, celle d’un catholicisme en Ă©tat de survie.

 

Il se rĂ©duit toujours plus Ă  un « petit troupeau », qu’on peine d’ailleurs Ă  distinguer de la masse des hommes de ce temps, du moins en Occident, car en d’autres parties du monde il reste bien vivant et est parfois mĂȘme en croissance. Mais Rome, sa tĂȘte, est en Occident. La vie des chrĂ©tiens est celle d’une minoritĂ© moralement persĂ©cutĂ©e, de maniĂšre latente ou ouverte, par une sociĂ©tĂ© moderne qui a exclu l’Épouse du Christ et les pousse Ă  abdiquer leur qualitĂ© de membres d’une race Ă©lue, d’un sacerdoce royal, d’une nation sainte (1 Pierre, 2, 9). Certes, ils sont dans une situation au fond normale pour des disciples du Christ, dans le monde sans ĂȘtre du monde. Mais avec cette prĂ©cision que le monde qui les enserre est le monde moderne.

 

Car pour la modernitĂ©, qui plus est pour la modernitĂ© en sa phase extrĂȘme, la vocation de l’Église Ă  baptiser les nations et Ă  les faire entrer dans l’unique voie est une prĂ©tention d’une Ă©trangetĂ© radicale. Et c’est justement la conscience que l’Église n’est pas une association religieuse parmi d’autres que les chrĂ©tiens ont Ă  recouvrer, mĂȘme si un enseignement nouveau les induits Ă  rĂ©duire l’unique Épouse du Christ Ă  la maniĂšre de la JournĂ©e d’Assise. En d’autres termes, pour le dire d’emblĂ©e, la revitalisation du catholicisme est d’abord au prix thĂ©ologique et spirituel d’une sortie de l’« Ă©tat Vatican II ».

En Syrie, «une brÚche d'espoir s'est ouverte», estime le cardinal Zenari

01/01/2025

En Syrie, «une brÚche d'espoir s'est ouverte», estime le cardinal Zenari

Antonella Palermo - Cité du Vatican - Source : Vatican News

 

Votre Éminence, quelles rĂ©actions avez-vous reçues et quelle valeur pensez-vous que la rĂ©union a Ă  ce stade pour le dĂ©veloppement des relations entre les chrĂ©tiens et les autoritĂ©s politiques qui ont pris le contrĂŽle du gouvernement?
C'est un Ă©vĂ©nement qui Ă©tait inimaginable dans l'histoire de la Syrie jusqu'Ă  il y a trois semaines. J'ai entendu quelques tĂ©moignages, les Ă©vĂȘques et les prĂȘtres prĂ©sents sont sortis avec un peu d'espoir pour l'avenir de la Syrie. Ahmed al-Jolani a promis que ce serait une Syrie de tous, une Syrie inclusive, et Ă  la fin il a souhaitĂ© un joyeux NoĂ«l et une annĂ©e de paix. Je dois dire aussi que comme ces autoritĂ©s religieuses arrivaient de partout et que celles d'Alep Ă©taient un peu en retard, il a voulu attendre qu'elles soient toutes prĂ©sentes : c'est quelque chose de particulier qui est de bon augure, je l'espĂšre. Moi aussi j'ai eu l'occasion il y a une semaine de rencontrer le nouveau ministre des affaires Ă©trangĂšres, je suis aussi doyen du corps diplomatique, il a voulu me voir. Au niveau des dirigeants, nous nous comprenons, je dois dire, sur certains principes et valeurs fondamentales. Bien sĂ»r, il faudra ensuite passer Ă  l'action, passer des paroles aux actes. En tout cas, lors de la rĂ©union d'hier et des autres rĂ©unions - Ă  Alep, puis avec les chrĂ©tiens du centre et du sud - tous les Ă©vĂȘques ont fait preuve d'un certain optimisme, mais certains chrĂ©tiens, surtout au dĂ©but, Ă©taient trĂšs craintifs. Beaucoup voulaient quitter la Syrie immĂ©diatement. Nous espĂ©rons...

Quel est votre message à ces chrétiens?

J'ai tout de suite dit aux chrĂ©tiens: n'ayez pas peur, restez. Ce n'est pas le moment de quitter la Syrie, mais c'est le moment, aussi pour les chrĂ©tiens Ă  l'extĂ©rieur du pays, de rentrer. Parce que nous devons ĂȘtre en premiĂšre ligne; en tant que chrĂ©tiens, cette opportunitĂ© nous est donnĂ©e, au moins en paroles. Nous devons ĂȘtre prĂ©sents dans la reconstruction de la nouvelle Syrie en proposant des valeurs de sauvegarde des droits de l'homme, de libertĂ©, de respect pour tous. Malheur Ă  nous ! Chacun est libre, mais en tant que nonce je demande cet engagement, je le demande surtout aux personnes qui peuvent apporter des contributions particuliĂšres. BientĂŽt commencera la rĂ©daction de la nouvelle constitution: j'ai lancĂ© un appel Ă  ceux qui ont une certaine formation en droit constitutionnel, aux mĂ©decins, aux ingĂ©nieurs. Il est temps de se retrousser les manches. Je l'ai dit Ă  tous les Syriens, et aux chrĂ©tiens au premier rang. Si un jour ils ne veulent plus de nous, espĂ©rons-le, nous leur dirons «au revoir». Mais nous devons ĂȘtre lĂ .

Noël a-t-il été pour vous une période de véritable renaissance?
NoĂ«l a Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© dans une atmosphĂšre de joie, d'espoir. Mais aussi, dans certaines communautĂ©s, avec une certaine crainte. À cet Ă©gard, je voudrais dire que lorsque j'ai vu Ă  la tĂ©lĂ©vision le Pape ouvrir la Porte Sainte Ă  Saint-Pierre, j'ai pensĂ© au fait qu'en Syrie, jusqu'Ă  quelques semaines auparavant, l’espĂ©rance Ă©tait morte, enterrĂ©e. Et moi, Ă  l'approche de l'ouverture du JubilĂ©, j'ai toujours fait remarquer que dans le cƓur de tant de personnes, en Syrie, il n'y avait pas de vision d'avenir. Soudain, de maniĂšre tout Ă  fait inattendue, cette espĂ©rance enfouie est en quelque sorte rĂ©apparue et une brĂšche s'est ouverte. Une grande porte d'espĂ©rance, comme celle de la basilique Saint-Pierre, ne s'est pas ouverte, mais c'est une brĂšche, une ouverture. C'est dĂ©jĂ  quelque chose.

Les portes des prisons syriennes ont été ouvertes pour que la communauté internationale puisse constater les dégùts de la violation continue des droits de l'homme par le gouvernement Assad. Quels sont vos sentiments?

Une grande tristesse, une grande tristesse. C'est Ă©mouvant. Nous avons Ă©galement cĂ©lĂ©brĂ© NoĂ«l sur des charniers. Ces horreurs Ă©taient connues. Il Ă©tait presque impossible de faire quoi que ce soit, mais il fallait essayer. Ces portes de l'horreur qui se sont ouvertes posent aussi un examen de conscience Ă  chacun d'entre nous, Ă  la communautĂ© internationale: on aurait pu faire plus pour Ă©viter toute cette douleur. Mais il y a aussi aujourd'hui une certaine peur. Si l'on se rĂ©fĂšre au thĂšme de la JournĂ©e de la Paix d'aujourd'hui, ce thĂšme fait rĂ©flĂ©chir car le risque est grand de tomber dans la spirale de la vengeance et des exĂ©cutions sommaires. Malheur Ă  ceux qui tombent dans cette spirale. Il y a matiĂšre Ă  rĂ©flexion, y compris de la part de la communautĂ© internationale. La justice doit ĂȘtre rĂ©guliĂšre, juste.

Le Pape remercie ceux qui, dans les zones de conflit, Ɠuvrent pour le dialogue et les nĂ©gociations. Au regard de l'expĂ©rience syrienne et plus gĂ©nĂ©ralement du contexte du Moyen-Orient, avez-vous envie de remercier Ă  votre tour?
J'ai eu par la providence, au cours des seize années que j'ai vécues en Syrie, au milieu d'un conflit sanglant, l'occasion de voir beaucoup de bons samaritains, des personnes de foi et de toutes les confessions religieuses. Des personnes animées d'une conception hautement humaine de la dignité de la personne. Beaucoup d'entre eux ont perdu la vie, ont été tués en venant en aide à d'autres. Nous devons nous souvenir d'eux, nous avons un grand devoir de reconnaissance.

Un appel pour la protection des femmes...
Je sais que parmi les points que les chrétiens, mais pas seulement eux, veulent sauvegarder dans la nouvelle constitution, il y a celui-ci, sur lequel nous devrons travailler. Je voudrais également lancer un autre appel. Face à ces belles promesses, la communauté répÚte des expressions telles que «attendez et voyez». Je l'ai changée, je ne l'aime pas trop, mieux vaut travailler et voir.... Si l'on répÚte qu'il faut attendre pour envoyer de l'aide, pour lever les sanctions, je dirais non. J'ai envie de lancer une grande invitation à la communauté internationale: travaillez ! C'est une paix trÚs, trÚs fragile pour la Syrie. Un moment trÚs délicat. La paix est un don de Dieu que nous ne pouvons pas construire, mais saint Paul VI a dit : le nom de la paix, c'est le développement. Une Syrie détruite, avec une économie qui s'effondre, des infrastructures endommagées, la moitié des hÎpitaux qui ne fonctionnent pas, des écoles détruites, des gens qui ont faim, qui n'ont pas d'électricité... Si nous voulons la paix en Syrie, nous devons assurer le développement. Si nous voulons la paix en Syrie, nous devons assurer le développement. Le nouveau nom de la paix est le développement pour aider la Syrie à se tenir debout et à marcher sur ses deux pieds.

C'est "non négociable" !

31/12/2024

C'est "non négociable" !

Au dĂ©but d’une nouvelle annĂ©e accordĂ©e par le Seigneur, il est bon de lever le regard de notre cƓur vers Marie. En tant que MĂšre, elle nous renvoie Ă  notre relation avec son Fils, elle nous ramĂšne Ă  JĂ©sus, elle nous parle de JĂ©sus, elle nous conduit Ă  JĂ©sus. C’est pourquoi, la SolennitĂ© de la TrĂšs Sainte Vierge Marie MĂšre de Dieu nous plonge Ă  nouveau dans le MystĂšre de NoĂ«l : Dieu s’est fait l’un de nous dans le sein de Marie. Et il nous est rappelĂ© aujourd’hui, Ă  nous qui avons ouvert la Porte Sainte pour commencer le JubilĂ©, que

« Marie est la porte par laquelle le Christ est entrĂ© dans ce monde » (Saint Ambroise, ÉpĂźtre 42, 4 : PL, VII).

L’apĂŽtre Paul rĂ©sume ce mystĂšre en affirmant que « Dieu a envoyĂ© son Fils, nĂ© d’une femme » (Ga 4, 4). Ces mots – “nĂ© d’une femme” – rĂ©sonnent dans nos cƓurs aujourd’hui et nous rappellent que JĂ©sus, notre Sauveur, s’est fait chair et s’est rĂ©vĂ©lĂ© dans la fragilitĂ© de la chair.

 

NĂ© d’une femme. Cette expression nous renvoie tout d’abord Ă  NoĂ«l : le Verbe s’est fait chair. L’apĂŽtre Paul en prĂ©cisant qu’Il est nĂ© d’une femme, Ă©prouve presque le besoin de nous rappeler que Dieu s’est vraiment fait homme dans des entrailles humaines. Une tentation fascine un grand nombre aujourd’hui, qui pourrait sĂ©duire Ă©galement nombre de chrĂ©tiens : imaginer ou se fabriquer un Dieu “abstrait” liĂ© Ă  une vague idĂ©e religieuse, Ă  un bon sentiment passager. Au contraire, Il est concret, Il est humain. Il est nĂ© d’une femme. Il a un visage et un nom, et Il nous invite Ă  entretenir une relation avec Lui. Le Christ JĂ©sus, notre Sauveur, est nĂ© d’une femme ; Il est fait de chair et de sang ; Il vient du sein du PĂšre, mais Il s’incarne dans le sein de la Vierge Marie ; Il vient du haut des cieux mais Il habite dans les profondeurs de la terre ; Il est le Fils de Dieu, mais Il se fait Fils de l’homme. Image du Dieu Tout-Puissant, Il vient dans la faiblesse et, bien qu’Il soit sans tache, « Dieu, pour nous, l’identifiera au pĂ©chĂ© » (2 Co 5, 21). Il est nĂ© d’une femme et Il est l’un de nous. C’est pour cette raison qu’Il peut nous sauver.

 

NĂ© d’une femme. Cette expression nous parle aussi de l’humanitĂ© du Christ qui se rĂ©vĂšle dans la fragilitĂ© de la chair. S’Il est descendu dans le sein d’une femme, pour naĂźtre comme toutes les crĂ©atures, Il se montre dans la fragilitĂ© d’un Enfant. C’est pourquoi les bergers, voyant de leurs propres yeux ce que l’Ange leur avait annoncĂ©, ne trouvent pas de signes extraordinaires ni de manifestations grandioses, mais « ils dĂ©couvrent Marie et Joseph, avec le nouveau-nĂ© couchĂ© dans la mangeoire » (Lc 2, 16). Ils trouvent un nouveau-nĂ© sans dĂ©fense, fragile, qui a besoin des soins de sa mĂšre, besoin de langes et de lait, de caresses et d’amour. Saint Louis-Marie Grignon de Montfort dit que la Sagesse divine

 

« n’a pas voulu, quoi qu’elle put le faire, se donner directement aux hommes mais par la TrĂšs Sainte Vierge Marie. Elle n’a pas voulu venir au monde Ă  l’ñge d’un homme parfait, indĂ©pendant d’autrui, mais comme un pauvre et petit enfant, dĂ©pendant des soins et de l’entretien de sa sainte MĂšre» (TraitĂ© de la vraie dĂ©votion Ă  la Sainte Vierge, n. 139).

 

Et ainsi, nous pouvons voir dans toute la vie de JĂ©sus ce choix de Dieu, le choix de la petitesse et de la discrĂ©tion. Il ne cĂ©dera jamais Ă  l’attrait du pouvoir divin pour accomplir de grands signes et s’imposer aux autres comme le diable le Lui avait suggĂ©rĂ©, mais Il rĂ©vĂ©lera l’amour de Dieu dans la beautĂ© de son humanitĂ©, en demeurant parmi nous, en partageant notre vie ordinaire faite de peines et de rĂȘves, en montrant de la compassion pour les souffrances du corps et de l’esprit, en ouvrant les yeux des aveugles et en rĂ©confortant les cƓurs Ă©garĂ©s. La compassion. Les trois attitudes de Dieu sont la misĂ©ricorde, la proximitĂ© et la compassion. Dieu se fait proche, misĂ©ricordieux et compatissant. Ne l’oublions pas. JĂ©sus nous montre Dieu Ă  travers son humanitĂ© fragile, en prenant soin des plus fragiles.

 

FrĂšres et sƓurs, il est bon de penser que Marie, la jeune fille de Nazareth, nous ramĂšne toujours au MystĂšre de son Fils, JĂ©sus. Elle nous rappelle que JĂ©sus vient dans la chair et que le lieu privilĂ©giĂ© oĂč nous pouvons le rencontrer c’est d’abord notre vie, notre humanitĂ© fragile, celle de ceux qui nous cĂŽtoient chaque jour. Et en l’invoquant comme MĂšre de Dieu nous affirmons que le Christ a Ă©tĂ© engendrĂ© par le PĂšre, mais qu’Il est vraiment nĂ© du sein d’une femme. Nous affirmons qu’Il est le Seigneur du temps, mais qu’Il habite notre temps, notamment cette nouvelle annĂ©e, de sa prĂ©sence aimante. Nous affirmons qu’Il est le Sauveur du monde, mais nous pouvons le rencontrer et devons le chercher dans le visage de tout ĂȘtre humain. Et si Lui, qui est le Fils, s’est fait petit pour ĂȘtre pris dans les bras d’une maman, pour ĂȘtre soignĂ© et allaitĂ©, cela signifie qu’aujourd’hui encore, Il vient en tous ceux qui ont besoin des mĂȘmes soins : en chaque sƓur et frĂšre que nous rencontrons ayant besoin d’attention, d’écoute, de tendresse.

 

Cette nouvelle annĂ©e qui s’ouvre, confions-la Ă  Marie, MĂšre de Dieu, pour que nous apprenions, comme Elle, Ă  dĂ©couvrir la grandeur de Dieu dans la petitesse de la vie ; pour que nous apprenions Ă  prendre soin de toute crĂ©ature nĂ©e d’une femme, avant tout en gardant, comme le fit Marie, le don prĂ©cieux de la vie : la vie dans le sein maternel, la vie des enfants, la vie de ceux qui souffrent, la vie des pauvres, la vie des personnes ĂągĂ©es, des personnes seules, des mourants. Et aujourd’hui, JournĂ©e Mondiale de la Paix, nous sommes tous invitĂ©s Ă  accueillir cette invitation qui jaillit du cƓur maternel de Marie : prĂ©server la vie, prendre soin de la vie blessĂ©e – il y a tant de vies blessĂ©e –, rendre sa dignitĂ© Ă  la vie de toute personne “nĂ©e d’une femme”. Voici la base fondamentale pour construire une civilisation de la paix. C’est pourquoi

 

« je demande un engagement ferme Ă  promouvoir le respect de la dignitĂ© de la vie humaine, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, afin que toute personne puisse aimer sa propre vie et envisager l’avenir avec espĂ©rance » (Message pour la 58Ăšme JournĂ©e Mondiale de la Paix, 1er janvier 2025).

 

Marie, MĂšre de Dieu et notre MĂšre, nous attend lĂ , dans la crĂšche. Elle nous montre, comme aux bergers, le Dieu qui nous surprend toujours, qui ne vient pas dans la splendeur des cieux, mais dans la petitesse d’une mangeoire. Confions-lui cette nouvelle annĂ©e jubilaire, confions-lui nos demandes, nos prĂ©occupations, nos souffrances, nos joies et tout ce que nous portons dans nos cƓurs. Elle est maman, elle est mĂšre ! Confions-lui le monde entier, pour que l’espĂ©rance renaisse, pour que la paix germe enfin pour tous les peuples de la terre.

 

L’histoire nous raconte qu’à ÉphĂšse, lorsque les Ă©vĂȘques sont entrĂ©s dans l’église, le peuple fidĂšle, avec des bĂątons Ă  la main, a criĂ© :

 

« MĂšre de Dieu ! Les bĂątons Ă©taient certainement une promesse de ce qui arriverait s’ils ne dĂ©claraient pas le dogme de la « MĂšre de Dieu ». Aujourd’hui, nous n’avons pas de bĂątons, mais nous avons des cƓurs et des voix d’enfants. C’est pourquoi, tous ensemble, acclamons la Sainte MĂšre de Dieu. Tous ensemble, Ă  haute voix : « Sainte MĂšre de Dieu ! », trois fois. Ensemble : « Sainte MĂšre de Dieu ! Sainte MĂšre de Dieu ! Sainte MĂšre de Dieu ! »

 

 

Le silence de Marie, MĂšre de Dieu

31/12/2024

Le silence de Marie, MĂšre de Dieu

n ce premier jour de l’AnnĂ©e Sainte, l’Église nous invite Ă  contempler une nouvelle fois l’étable de BethlĂ©em d’oĂč a jaillit "un sillage de lumiĂšre, d’amour, de vĂ©ritĂ©" (BenoĂźt XVI) qui a envahi les siĂšcles jusqu’à aujourd’hui. Avec les bergers, hĂątons-nous et dĂ©couvrons "Marie et Joseph, avec le nouveau-nĂ© couchĂ© dans la mangeoire" (Lc 2, 16). Cependant, dans l’étable, ce sont les bergers qui parlent. Ils racontent "tout ce qui leur avait Ă©tĂ© annoncĂ© au sujet de cet enfant" (Lc 2, 17) tandis que Marie et Joseph gardent le silence. En tant que mĂšre de JĂ©sus, Marie aurait pourtant tant de choses Ă  dire ! Le mĂȘme paradoxe apparaĂźt au jour de la PentecĂŽte : forts de l’Esprit saint, les apĂŽtres annoncent Ă  tous les merveilles de Dieu tandis que la mĂšre de JĂ©sus qui est lĂ  ne dit pas un mot. Elle aurait pourtant beaucoup de choses Ă  dire puisqu’elle est la seule personne qui a accompagnĂ© JĂ©sus de la crĂšche jusqu’à la croix.

 

Comment comprendre ce silence de Marie ?


L’évangĂ©liste saint Luc lĂšve le voile lorsqu’il prĂ©cise : "Marie, cependant, retenait tous ces Ă©vĂ©nements et les mĂ©ditait dans son cƓur" (Lc 2, 19). C’est vrai que la Vierge aurait beaucoup de choses Ă  rĂ©vĂ©ler, une somme de dĂ©tails qui ne sont pas dans les Ă©vangiles, de nombreux souvenirs inĂ©dits. Cependant, elle ne dit rien car elle se sait face Ă  un mystĂšre qui la dĂ©passe infiniment, un mystĂšre insondable qu’elle n’a pas fini de pĂ©nĂ©trer et de dĂ©couvrir. Elle ne peut s’approprier le mystĂšre, l’enfermer dans sa propre expĂ©rience du moment, dans ses propres sentiments, dans sa subjectivitĂ©.  

 

Pour elle, retenir ces Ă©vĂ©nements et les mĂ©diter dans son cƓur, ce n’est pas seulement se souvenir d’évĂ©nements passĂ©s comme lorsque l’on regarde un album de photos. Ce n’est pas d’abord rĂ©flĂ©chir pour retenir des leçons morales de son expĂ©rience. C’est accueillir le MystĂšre de l’Incarnation. 

 

Dans sa mémoire spirituelle


Au travers des Ă©vĂ©nements, la Vierge priante saisit ce qui demeure, c’est-Ă -dire la grĂące, le don de Dieu. Dans cette mĂ©moire spirituelle, l’Esprit saint lui rĂ©vĂšle le vrai sens des Ă©vĂ©nements, la prĂ©sence de Dieu dans sa vie et dans le monde. Elle prend davantage conscience encore de la mission qu’elle a acceptĂ©e lorsqu’elle a rĂ©pondu "Fiat" Ă  l’ange du Seigneur au jour de l’Annonciation. Saint AmĂ©dĂ©e de Lausanne imagine ce que Dieu le PĂšre dit au cƓur de Marie : "Je t’ai choisie, toi, parmi toutes les crĂ©atures, je t’ai bĂ©nie entre toutes les femmes. Voici que je t’ai donnĂ© mon Fils en dĂ©pĂŽt, je t’ai confiĂ© mon unique ! Ne crains pas d’allaiter celui que tu as engendrĂ©, d’élever celui que tu as mis au monde. Sache qu’il n’est pas seulement ton Dieu, mais encore ton Fils. C’est mon Fils et c’est ton Fils, mon Fils par la divinitĂ©, ton fils par l’humanitĂ© qu’il a assumĂ©e." Dans le silence, sa foi grandit et s’affermit. Prolongeant sa mĂ©ditation, l’Église proclamera comme une vĂ©ritĂ© de foi que Marie de Nazareth est "MĂšre de Dieu" (ThĂ©otokos) lors du concile d’EphĂšse en 431. C’est l’origine de la fĂȘte de ce jour qui conclut l’octave de la NativitĂ© du Seigneur.

 

La mission de l’Église


À la suite de la Vierge Marie, l’Église depuis 2.000 ans conserve ces mĂȘmes Ă©vĂ©nements et les mĂ©dite. Ce n’est pas un simple souvenir, ni le seul tĂ©moignage d’une expĂ©rience. La mission de l’Église est de garder cet Ă©vĂ©nement central de l’histoire du monde qui est la venue du Verbe dans la chair. "Le Verbe s’est fait chair et il a habitĂ© parmi nous !" (Jn 1, 14). Si nous cessons de retenir cet Ă©vĂ©nement, si nous en perdons la mĂ©moire spirituelle, nous risquons d’ĂȘtre emportĂ©s par le flot des actualitĂ©s du monde, par le tourbillon des informations, par les vagues d’images qui inondent nos Ă©crans et nos mĂ©moires jusqu’à saturation. BallotĂ©s ainsi, nous risquerions de courir en vain derriĂšre la derniĂšre mode ou la derniĂšre idĂ©ologie. 

Comme chrĂ©tiens, nous vivons au rythme de la vie du Christ dont nous cĂ©lĂ©brons les mystĂšres pendant toute l’annĂ©e. Ainsi, nous entrons dans l’intimitĂ© de celui qui nous appelle, nous pardonne et nous relĂšve. Dans le silence du recueillement, grandit la foi et l’espĂ©rance en JĂ©sus, Seul Sauveur des hommes.

 

Le mémorial des événements du salut


La messe est le moment par excellence oĂč l’Église se rassemble pour cĂ©lĂ©brer le mĂ©morial des Ă©vĂ©nements du salut. C’est le mĂȘme Christ qui se rend prĂ©sent Ă  chaque eucharistie accomplissant sa promesse : "Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde" (Mt 28, 20). DĂ©jĂ , l’Église vit de l’éternitĂ©. Autour de l’autel, elle est unie Ă  la JĂ©rusalem nouvelle qui chante la gloire de Dieu. 

À l’aube de l’AnnĂ©e Sainte, confions-nous avec ces mots du pape François Ă  la Vierge Marie qui retenait ces Ă©vĂ©nements et les mĂ©ditait dans son cƓur :

MÚre du silence, qui garde le MystÚre de Dieu, libÚre-nous de l'idolùtrie du présent à laquelle se condamne celui qui oublie.
Purifie les yeux des pasteurs avec le collyre de la mĂ©moire et nous retournerons Ă  la fraĂźcheur des origines, pour une Église priante et pĂ©nitente

 

Source : Aleteia

13 missionnaires catholiques ont été tués en 2024

30/12/2024

13 missionnaires catholiques ont été tués en 2024

Nous avons choisi les mots prononcés par le Pape François dans la cathédrale de Tirana lors de son voyage apostolique en Albanie en 2014 pour introduire le rapport annuel habituel de l'Agence Fides sur les missionnaires et les agents pastoraux tués dans le monde en 2024.

Comme c'est le cas depuis longtemps, la liste annuelle proposĂ©e par Fides ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict, mais considĂšre les dĂ©finitions de « missionnaire » hommes et femmes dans un contexte plus large et vise Ă  enregistrer tous les catholiques impliquĂ©s d'une maniĂšre ou d'une autre dans des Ɠuvres pastorales et des activitĂ©s ecclĂ©siales et qui meurent de maniĂšre violente, mĂȘme si ce n'est pas spĂ©cifiquement « en haine de la foi ».

 

C'est pourquoi nous prĂ©fĂ©rons ne pas utiliser le terme « martyrs », sauf dans son sens Ă©tymologique de « tĂ©moins », afin de ne pas entrer dans le jugement que l'Église pourrait Ă©ventuellement porter sur certains d'entre eux Ă  travers les processus de canonisation.

 

Les Effectifs

 

En 2024, selon des donnĂ©es vĂ©rifiĂ©es par l'Agence Fides, 13 « missionnaires » catholiques ont Ă©tĂ© tuĂ©s dans le monde, dont 8 prĂȘtres et 5 laĂŻcs. Cette annĂ©e encore, l'Afrique et l'AmĂ©rique ont enregistrĂ© le plus grand nombre d'agents pastoraux tuĂ©s : 5 sur les deux continents. Ces derniĂšres annĂ©es, ce sont l'Afrique et l'AmĂ©rique qui alternent en tĂȘte de ce classement tragique.

 

Plus prĂ©cisĂ©ment, 6 hommes ont Ă©tĂ© tuĂ©s en Afrique (2 au Burkina Faso, 1 au Cameroun, 1 en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo et 2 en Afrique du Sud), 5 en AmĂ©rique (1 en Colombie, 1 en Équateur, 1 au Mexique et 1 au BrĂ©sil) et 2 en Europe (1 en Pologne et 1 en Espagne).

Comme le montrent les informations fiables et vĂ©rifiĂ©es sur leurs biographies et les circonstances de leur mort, les missionnaires et les agents pastoraux tuĂ©s n'Ă©taient pas sous les feux de la rampe pour des Ɠuvres ou des engagements ostentatoires, mais travaillaient pour tĂ©moigner de leur foi dans la banalitĂ© de la vie quotidienne, et pas seulement dans des contextes marquĂ©s par la violence et les conflits.

 

Les nouvelles de la vie et des circonstances de la mort violente de ces personnes nous offrent des images de la vie quotidienne, dans des contextes souvent marqués par la violence, la misÚre et l'absence de justice. Il s'agit souvent de témoins et de missionnaires qui ont offert leur vie au Christ jusqu'au bout, en toute liberté.

Parmi les agents pastoraux tués en 2024 figurent également Edmond Bahati Monja, coordinateur de Radio Maria/Goma, et Juan Antonio López, coordinateur de la pastorale sociale du diocÚse de Truijllo et membre fondateur de la pastorale de l'écologie intégrale au Honduras.

 

Edmond, qui vivait dans une rĂ©gion du Nord-Kivu secouĂ©e par l'avancĂ©e du groupe armĂ© M23, a Ă©tĂ© abattu par un groupe d'hommes armĂ©s prĂšs de sa maison dans le quartier de Ndosho, Ă  la pĂ©riphĂ©rie de Goma. L'armĂ©e rĂ©guliĂšre congolaise, afin de renforcer les dĂ©fenses de la ville, a formĂ© des alliances circonstancielles avec d'autres groupes armĂ©s et a Ă©galement fourni des armes Ă  certaines milices appelĂ©es Wazalendo (« Patriotes » en swahili). La prĂ©sence de groupes armĂ©s irrĂ©guliers a toutefois entraĂźnĂ© une augmentation de la criminalitĂ© violente Ă  Goma, les vols et les meurtres Ă©tant Ă  l'ordre du jour. L'assassinat d'Edmond Bahati, qui participait Ă  des enquĂȘtes sur les problĂšmes locaux et ces groupes armĂ©s, est Ă©galement liĂ© Ă  la passion avec laquelle il menait son travail. En deux ans, au moins une douzaine de professionnels des mĂ©dias ont Ă©tĂ© assassinĂ©s Ă  Goma et dans ses environs. Bahati avait menĂ© des enquĂȘtes sur la violence des groupes armĂ©s dans la rĂ©gion.

Juan Antonio LĂłpez Ă©tait pourtant connu pour son engagement en faveur de la justice sociale et tirait sa force et son courage de sa foi chrĂ©tienne. Le crime s'est produit quelques heures seulement aprĂšs une confĂ©rence de presse au cours de laquelle il avait dĂ©noncĂ©, avec d'autres dirigeants communautaires, les liens prĂ©sumĂ©s entre des membres de l'administration municipale de Tocoa et le crime organisĂ©. Le meurtre de LĂłpez s'inscrit dans un contexte de rĂ©pression croissante Ă  l'encontre des dĂ©fenseurs des droits de l'homme au Honduras. Lors de l'AngĂ©lus du 22 septembre, le Pape François a soulignĂ© l'importance de protĂ©ger ceux qui dĂ©fendent la justice. « Je m'associe au deuil de cette Église et Ă  la condamnation de toute forme de violence », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Je suis proche de ceux qui voient leurs droits Ă©lĂ©mentaires bafouĂ©s et de ceux qui travaillent pour le bien commun en rĂ©ponse au cri des pauvres et de la terre », a ajoutĂ© le Souverain Pontife, rappelant l'hĂ©ritage de LĂłpez en tant qu'homme de foi qui a donnĂ© sa vie pour les autres.

De 2000 Ă  2024, le nombre total de missionnaires et d'agents pastoraux tuĂ©s est de 608. « Ces frĂšres et sƓurs peuvent sembler ĂȘtre des ratĂ©s, mais aujourd'hui nous voyons que ce n'est pas le cas. Maintenant comme alors, en effet, la semence de leurs sacrifices, qui semble mourir, germe, porte du fruit, parce que Dieu continue Ă  travers eux Ă  accomplir des prodiges, Ă  changer les cƓurs et Ă  sauver les hommes.» (Pape François, 26 dĂ©cembre 2023, fĂȘte liturgique de saint Étienne le Premier Martyr). (Agence Fides 30/12/2024)

 

PiĂšces jointes Ă  la dĂ©pĂȘche

Dossier Missionnaires et agents pastoraux tués en 2024

 

 

 

Des vies brisées, des vies données. Pour le salut de tous

Agence Fides, 30 dĂ©cembre 2024  

par Gianni Valente

 

 

Une autre annĂ©e s'achĂšve. Et cette annĂ©e encore, les histoires des missionnaires et agents pastoraux catholiques tuĂ©s au cours des 12 derniers mois, recueillies et republiĂ©es par l'Agence Fides, laissent entrevoir le mystĂšre et le trĂ©sor cachĂ©s dans les vies arrachĂ©es de maniĂšre sanglante, alors qu'ils servaient leurs frĂšres et sƓurs dans le monde, Ă  la suite de JĂ©sus.

 

Il y a des signes distinctifs qui marquent la vie des tĂ©moins de JĂ©sus, jusqu'Ă  l'effusion de sang. Des signes distinctifs comme celui rappelĂ© il y a quelques jours par le Pape François, le jour oĂč la liturgie de l'Église catholique commĂ©more saint Étienne, le premier martyr.

 

Les Actes des ApĂŽtres racontent qu'Étienne a priĂ© pour le salut de ses bourreaux alors qu'ils le lapidaient. Aujourd'hui encore, a ajoutĂ© le Pape, ceux qui tĂ©moignent de JĂ©sus ne se laissent pas tuer par faiblesse, ni pour dĂ©fendre une idĂ©ologie, mais pour faire partager Ă  tous le don du salut. Et ils le font d'abord pour leurs assassins ... et ils prient pour eux ».

 

Le saint moine russe Silvanus du Mont Athos dĂ©crivait « l'amour de vos ennemis comme le seul vrai critĂšre de l'orthodoxie ». Et le bienheureux Christian de ChergĂ©, prieur des moines trappistes martyrs de Tibhirine (Ă©galement citĂ© par le Pape François en la fĂȘte de saint Étienne), dans le texte Ă©crit comme son testament spirituel, a prĂ©figurĂ© son possible martyre et s'est adressĂ© Ă  son futur assassin inconnu en l'appelant « ami de la derniĂšre heure » et en demandant « qu'il nous soit donnĂ© de nous retrouver, bienheureux larrons, au Paradis, s'il plaĂźt Ă  Dieu, notre PĂšre, de nous retrouver tous les deux ».

 

Les témoins de Jésus qui sont tués peuvent embrasser leurs propres bourreaux avec leur vie offerte par pur don de la grùce, une réverbération de leur propre configuration gratuite à la passion du Christ. Certainement pas par un effort volontaire de « maßtrise de soi ».

 

Cette annĂ©e encore, comme c'est souvent le cas, un grand nombre de missionnaires et d'agents pastoraux tuĂ©s ont Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  une mort violente alors qu'ils Ă©taient plongĂ©s dans le cours normal de leur travail et de leurs journĂ©es. Parmi eux, pour ne citer que quelques exemples, le volontaire François Kabore a Ă©tĂ© tuĂ© au Burkina Faso alors qu'il dirigeait une rĂ©union de priĂšre, lors d'un assaut menĂ© par un groupe armĂ© au cours duquel 14 autres compagnons priant avec lui ont Ă©tĂ© massacrĂ©s. Marcelo PĂ©rez PĂ©rez, un prĂȘtre indigĂšne de la paroisse de San CristĂłbal de Las Casas, au Chiapas (Mexique), a Ă©tĂ© tuĂ© le dimanche matin alors qu'il rentrait chez lui aprĂšs avoir cĂ©lĂ©brĂ© la messe. Ces Ă©vĂ©nements se sont produits dans un contexte de vie quotidienne loin de l'exhibitionnisme et des poses hĂ©roĂŻques, dans un tissu de relations dont ils ont Ă©tĂ© arrachĂ©s par une brutalitĂ© immotivĂ©e.

 

Par leur sacrifice - une autre connotation qui les distingue - les tĂ©moins de la foi, Ă  commencer par ceux qui perdent leur vie aux mains des autres, ne tĂ©moignent pas d'eux-mĂȘmes. Ils sont Ă©trangers Ă  ce que le professeur grec Athanasios Papathanasiou, lors d'une confĂ©rence ƓcumĂ©nique Ă  la CommunautĂ© monastique de Bose, avait dĂ©crit comme la contrefaçon « narcissique » du martyre et du tĂ©moignage, qui, au lieu de confesser le Christ par attirance, dans l'oubli de soi, devient autorĂ©fĂ©rentiel, concevant et prĂ©sentant le tĂ©moignage comme une « entreprise d'autojustification ».

 

Toute confession de foi offerte au don de sa propre vie ne se produit pas comme une performance humaine hĂ©roĂŻque, mais seulement dans la puissance de l'Esprit Saint. Dans toute dynamique chrĂ©tienne authentique, personne ne peut confesser le don de la foi et tĂ©moigner du Christ si ce n'est dans l'Esprit Saint. Le Christ lui-mĂȘme en tĂ©moigne dans l'Évangile, lorsqu'il exhorte les disciples Ă  ne pas s'inquiĂ©ter de ce qu'ils devront dire lorsqu'ils seront traduits devant les tribunaux « Ă  cause de moi », parce que « cela vous sera suggĂ©rĂ© Ă  ce moment-lĂ , car ce n'est pas vous qui parlez, mais c'est l'Esprit de votre PĂšre qui parle en vous ».

 

Faire mémoire des missionnaires et des agents pastoraux tués chaque année, c'est reconnaßtre et célébrer cet incomparable mystÚre de gratuité. C'est aussi aider à se libérer de toutes les contrefaçons qui placent les souffrances des baptisés sous le stigmate de la peur, ou de la vengeance contre un ennemi quelconque. Et lorsque les slogans et les campagnes sur les chrétiens persécutés ne laissent pas entrevoir ce trésor, cette dynamique vertigineuse, ils risquent de semer la confusion et d'accroßtre l'oubli.

 

L'Église de Rome, au cours de l'annĂ©e jubilaire qui vient de commencer, se souviendra aussi avec gratitude de ces tĂ©moins de la foi qui ont donnĂ© leur vie Ă  la suite de JĂ©sus. Et la gratitude deviendra priĂšre, supplication pour demander le salut pour tous; Ă  commencer par les multitudes aujourd'hui anĂ©anties dans les nouvelles exterminations et les nouveaux massacres d'innocents de la « guerre mondiale en morceaux ».

 

(Agence Fides 30/12/2024)

Le 7e jour dans l’octave de NoĂ«l

30/12/2024

Le 7e jour dans l’octave de NoĂ«l

 

 

A solis ortus cĂĄrdine
ad usque terrĂŠ lĂ­mitem
Christum canĂĄmus prĂ­ncipem,
natum MarĂ­a VĂ­rgine.

 

Du point oĂč le soleil se lĂšve
jusqu’aux limites de la terre,
chantons le Christ notre prince,
né de la Vierge Marie.

 

BeĂĄtus auctor sÇœculi
servĂ­le corpus Ă­nduit,
ut carne carnem lĂ­berans,
ne pérderet quod cóndidit.

 

Le bienheureux créateur du monde
revĂȘt un corps d’esclave ;
par sa chair il libĂšre toute chair
afin de ne pas perdre sa créature.

 

ClausÊ paréntis víscera
cÊléstis intrat gråtia ;
venter puéllÊ båjulat
secréta quÊ non nóverat.

 

La grùce du ciel pénÚtre
le sein maternel scellé ;
le ventre d’une vierge porte des mystùres
qu’elle ne connaissait pas.

 

Domus pudíci péctoris
templum repénte fit Dei :
Intåcta nésciens virum
verbo concépit Fílium.

 

La demeure de son cƓur trùs pur
devient soudain le temple de Dieu ;
sans le contact d’aucun homme,
d’une parole elle conçoit son Fils.

 

Eníxa est puérpera
quem GĂĄbriel prĂŠdĂ­xerat,
quem matris alvo géstiens
clausus Joånnes sénserat.

La MĂšre met au monde


celui que Gabriel avait annoncé,
et que, par ses bonds dans le sein maternel,
Jean reconnaissait de son enclos.

 

FÊno jacére pértulit,
prÊsépe non abhórruit,
parvĂłque lacte pastus est
per quem nec ales Ă©surit.

 

Il a supporté de coucher sur la paille,
il n’a pas refusĂ© la crĂšche ;
il s’est nourri d’un humble lait,
lui qui rassasie mĂȘme les oiseaux.

 

Gaudet chorus cÊléstium
et ĂĄngeli canunt Deum,
palĂĄmque fit pastĂłribus
pastor, creĂĄtor Ăłmnium.

 

Les chƓurs d’en-haut se rĂ©jouissent
et les anges chantent Dieu ;
le pasteur, créateur de tout,
se montre Ă  des pasteurs.

 

Jesu, tibi sit glĂłria,
qui natus es de VĂ­rgine,
cum Patre et almo SpĂ­ritu,
in sempitĂ©rna sÇœcula. Amen.

 

Toute gloire Ă  toi, ĂŽ JĂ©sus,
à toi qui es né de la Vierge ;
au PĂšre, Ă  l’Esprit, mĂȘme gloire,
Ă  travers les siĂšcles sans fin ! Amen.

 

 

Source : le blog d'Yves Daoudal