Le blog du Temps de l'Immaculée.
20/01/2025
[...]Alors que Joe Biden vient de remettre au pape François la Medal of Freedom, Ă©quivalent de la LĂ©gion dâhonneur, dont il a dĂ©corĂ© aussi le milliardaire mondialiste George Soros, le retour de Donald Trump Ă la Maison Blanche annonce des changements nets dans lâorientation idĂ©ologique du nouveau gouvernement.[...]
Un ambassadeur pro-vie et pro famille
[...]Parmi ces membres de la garde rapprochĂ©e de Trump, Brian Burch, choisi pour ĂȘtre le nouvel ambassadeur de la Maison Blanche auprĂšs du Saint-SiĂšge. Ami de longue date de J.D. Vance, le vice-prĂ©sident rĂ©cemment converti au catholicisme, Brian Burch a lancĂ© en 2008 CatholicVote (CV), financĂ© par les dons de laĂŻcs, dont la mission est dâencourager les fidĂšles Ă vivre leur foi activement sur la place publique.[...]
[...]Ce battant, pĂšre de neuf enfants, dirige aussi, prĂšs de Chicago, une Ă©cole catholique Montessori.[...]
[...]Sans faire partie des rad trad (traditionalistes exclusifs), respectueux de la papautĂ©, Brian Burch nâa pas hĂ©sitĂ© Ă fustiger en 2023 les manĆuvres du FBI pour tenter dâintimider les participants Ă la messe ancienne.[...]
Dans la ligne de François
[...]Mgr McElroy sâest illustrĂ© comme le protĂ©gĂ© de l'archevĂȘque McCarrick, criminel pĂ©dĂ©raste rĂ©duit a lâĂ©tat laĂŻc aprĂšs une succession de scandales sexuels et financiers qui Ă©branla durablement lâĂglise aux Ătats-Unis.[...]
[...]Mgr McElroy est sans doute, de tous les Ă©vĂȘques amĂ©ricains, celui qui a le plus encouragĂ© publiquement LGBT et divorcĂ©s remariĂ©s Ă recevoir la Sainte Communion sans repentir ni confession prĂ©alables.[...]
[...]Par ailleurs, Mgr McElroy milite pour lâaccĂšs des femmes au diaconat. Et il ne voit aucune raison de priver des politiciens « catholiques » favorables au meurtre des tout-petits, comme Joe Biden et tant dâautres, de lâaccĂšs sans condition Ă la Sainte Eucharistie, en opposition au paragraphe 915 de la loi canonique.[...]
19/01/2025
Les raisons d'y croire
Le 2 janvier 236, lorsque le pape AnthĂšre meurt au terme dâun pontificat de quarante-deux jours, les chrĂ©tiens sont la cible de lâempereur Maximin Ier, qui les tient pour responsables des nombreux problĂšmes de lâEmpire. Il se montre particuliĂšrement impitoyable avec la chrĂ©tientĂ© de Rome. Dans ces conditions, coiffer la tiare assure de finir entre les mains du bourreau, sort qui nâattire pas grand monde.
Ă lâĂ©poque, et pour longtemps encore, il nây a ni conclave ni collĂšge de cardinaux Ă©lecteurs ; ce sont les fidĂšles qui font le pape, par acclamation. Lâavantage de cette pratique est que, lâĂ©lection Ă©tant publique, il y aura beaucoup de gens Ă mĂȘme de tĂ©moigner des Ă©vĂ©nements et de ces circonstances assez particuliĂšres.
Mais, en ce temps de persĂ©cutions, il nây a tout bonnement pas de candidat ; ou ceux qui se prĂ©sentent ne font pas lâunanimitĂ©, de sorte que le siĂšge de Pierre est vacant depuis une pleine semaine, et cela ne semble pas sâarranger.
Comme tout baptisĂ© est Ă©lecteur, les Romains chrĂ©tiens peuvent facilement venir voir oĂč en est le scrutin et prendre part au vote. Câest ce que fait, ce 10 janvier, un patricien du nom de Fabien, qui appartient Ă lâune des grandes familles de Rome et qui, laĂŻc, ne reprĂ©sente pas un candidat Ă©ventuel.
Fabien se mĂȘle Ă la foule massĂ©e dans la salle oĂč se dĂ©roule le scrutin. Constatant, au bout dâun moment, quâaucun pape ne sera Ă©lu ce jour-lĂ , il sâapprĂȘte Ă sortir lorsque, par lâoculus de la piĂšce, entre une colombe qui, dĂ©concertĂ©e par le bruit et la foule, volette en se cognant aux murs.
Un grand silence se fait ; tous regardent lâoiseau qui est le symbole du Saint Esprit tel quâil sâest manifestĂ© au bord du Jourdain lors du baptĂȘme de JĂ©sus par Jean. MĂȘme sâils savent quâil sâagit dâun vĂ©ritable oiseau, et non dâune apparition, ils comprennent aussi que lâarrivĂ©e de cette colombe est un signe du Ciel.
Cette rĂ©action est conforme aux façons de faire de la sociĂ©tĂ© romaine, mĂȘme christianisĂ©e, qui perçoit des signes et des symboles dans des Ă©vĂ©nements en apparence anodins. Lâhistoire est donc vraisemblable et ne relĂšve pas de la fable pieuse.
Dâailleurs, elle nous a Ă©tĂ© transmise par lâun des tĂ©moins les plus fiables qui soit, le patriarche de Carthage, saint Cyprien, qui rappellera lâincident dans sa correspondance aprĂšs le martyre de Fabien, le 20 janvier 251. Or, Cyprien, en liaison constante avec Rome, est trĂšs bien informĂ© de tout ce qui sây passe et nâaccorderait pas de crĂ©dit Ă une simple rumeur.
AprĂšs avoir tournĂ© plusieurs fois dans la salle Ă la recherche dâune issue, lâoiseau se pose sur lâĂ©paule de Fabien. Ce signe est interprĂ©tĂ© comme une manifestation de la volontĂ© de Dieu, et lâassistance crie aussitĂŽt : « Il en est digne » â formule dâacclamation qui salue lâĂ©lection du pape. MĂȘme sâil est abasourdi de lâaventure, Fabien accepte de devenir le successeur de Pierre.
Les archĂ©ologues ont retrouvĂ© dans une catacombe supposĂ©e avoir Ă©tĂ© le thĂ©Ăątre de lâĂ©lection miraculeuse une fresque contemporaine des faits reprĂ©sentant la colombe au-dessus de la tĂȘte de Fabien, assis sur la chaire de Pierre. Cette image prouve que lâhistoire Ă©tait connue et admise de tous, y compris des autoritĂ©s religieuses dĂšs le IIIe siĂšcle.
Il faut que lâĂ©vĂ©nement soit authentique et indiscutable pour que lâon ait entĂ©rinĂ© la volontĂ© divine ainsi manifestĂ©e et fait de Fabien le dix-neuviĂšme successeur de Pierre. En effet, Fabien est un laĂŻc, ce qui contraint lâĂglise Ă lâordonner prĂȘtre en catastrophe.
Cela implique aussi que Fabien ait abandonnĂ© sa vie dâautrefois, peut-ĂȘtre quittĂ© une famille ou renoncĂ© aux avantages de sa position sociale pour sâoccuper de lâĂglise du Christ, avec tous les risques attachĂ©s Ă la charge. Nul ne le ferait sans la profonde conviction de ne pouvoir se dĂ©rober Ă son devoir et Ă la volontĂ© de Dieu.
Suite sur 1000 raisons de croire
Auteur : SpĂ©cialiste de lâhistoire de lâĂglise, postulateur dâune cause de bĂ©atification, journaliste pour de nombreux mĂ©dias catholiques, Anne Bernet est lâauteur de plus dâune quarantaine dâouvrages pour la plupart consacrĂ©s Ă la saintetĂ©.
19/01/2025
dĂ©pĂȘche AFP : âLe cortĂšge a rassemblĂ© 15.000 participants selon les organisateurs, 4300 selon la prĂ©fecture de policeâ
Valeurs Actuelles : Marche pour la vie : « Câest une marche pour la survie », estime Philippe de Villiers
Sud Ouest : « Câest une marche pour le droit Ă vivre »
LâHumanitĂ© a consacrĂ© 2 pages de son Ă©dition papier de ce matin : âUne mobilisation limitĂ©e aux catholiques ultra-conservateurs et Ă lâextrĂȘme droite.â
Mediapart : âManif anti-avortement : la France catho-tradi sâaffiche dans Parisâ
La Croix souligne la jeunesse des manifestants : âDimanche 19 janvier, quelques milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes catholiques, Ă©taient rĂ©unies pour dire leur « fiertĂ© » dâavoir « luttĂ© » contre cette « loi mortifĂšre ».â
Le Figaro a réalisé un reportage vidéo
Boulevard Voltaire a vu moins de monde que la prĂ©fecture : âDans une ambiance chaleureuse et festive, prĂšs de 3.000 personnes venues de toute la France se sont rendues sur la place du TrocadĂ©ro Ă Paris.â
LibĂ©ration a Ă©tĂ© marquĂ© par la minute de silence : âIl y a des situations dans lesquelles soixante secondes peuvent sembler une Ă©ternitĂ©. Comme quand, le regard rivĂ© au sol, la mine grave et les mains jointes, plusieurs milliers de personnes se recueillent en silence, en hommage aux «10 millions de bĂ©bĂ©s pas nĂ©s, en France». â
Complotiste, le Nouvel Obs voit la patte de Bolloré
Il y a 20 ans, aucun mĂ©dia ne parlait de cette manifestation. Elle nâexistait pas : dĂ©sinformation par occultation. Aujourdâhui, elle fait partie du paysage et chaque annĂ©e les Français peuvent constater que la voix des pro-vie ne faiblit pas.
19/01/2025
Le 4 janvier 2014, le curĂ© de la paroisse Saint-Hyacinthe, Don Andrzej Ziomba, a expliquĂ© que, accompagnĂ© dâautres prĂȘtres, il est allĂ© voir si lâhostie consacrĂ©e tombĂ©e Ă terre sâĂ©tait dissoute dans lâeau : « Nous avons notĂ© que lâhostie ne sâĂ©tait pas dissoute et quâelle apparaissait tachĂ©e de sang sur environ 1/5e de sa surface. Nous avons dĂ©cidĂ© alors dâinformer lâĂ©vĂȘque, lequel a nommĂ© une commission thĂ©ologique et scientifique pour faire des analyses. Entre-temps, nous avons observĂ© au fil des jours le changement de couleur de la tache sur lâhostie, passant dâun rouge intense Ă un rouge foncĂ© ». Un Ă©chantillon de lâHostie est prĂ©levĂ© par les scientifiques le 26 janvier 2014. Lâinstitut mĂ©dico-lĂ©gal de Wroclaw a exclu, dans la premiĂšre analyse, la prĂ©sence de bactĂ©ries ou de champignons. La seconde analyse histopathologique a mis en Ă©vidence que certains fragments pouvaient ĂȘtre une partie de tissu cardiaque.
Il a alors Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© dâavoir un avis supplĂ©mentaire auprĂšs de lâinstitut mĂ©dico-lĂ©gal de Szczecin oĂč les Ă©chantillons ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s, sans pour autant prĂ©ciser leur origine. Au terme des analyses menĂ©es, le dĂ©partement dâhistopathologie de la facultĂ© de mĂ©decine de PomĂ©ranie de Szczecin, a annoncĂ© « quâil a Ă©tĂ© dĂ©couvert dans lâimage histopathologique des Ă©chantillons de tissu constituĂ©s de fragments de fibres musculaires striĂ©es en coupe transversale ». Et cela « ressemblait fortement Ă un muscle de cĆur humain avec prĂ©sence dâaltĂ©rations frĂ©quemment observĂ©es dans des cas dâagonie ».
Les rĂ©sultats des analyses ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s au Vatican, auprĂšs de la CongrĂ©gation pour la doctrine de la foi qui a reconnu le caractĂšre surnaturel de lâĂ©vĂ©nement. Mgr Zbigniew Kiernikowskiego, Ă©vĂȘque de Legnica, a annoncĂ© que, suite aux indications du Saint-SiĂšge, il avait ordonnĂ© au vicaire paroissial Don Andrzej Ziombra « la prĂ©paration dâun lieu adaptĂ© pour exposer la prĂ©cieuse relique, de façon Ă ce que les fidĂšles puissent exprimer leur adoration de maniĂšre appropriĂ©e ».
Le fait que le Miracle de Legnica se soit produit prĂ©cisĂ©ment dans lâĂ©glise dĂ©diĂ©e Ă saint Hyacinthe (1185-1257) est remarquable. Ce Dominicain trĂšs dĂ©vouĂ© Ă lâEucharistie a Ă©tĂ© lui-mĂȘme tĂ©moin dâun miracle liĂ© Ă lâeucharistie.
Miracoli Eucaristici - Legnica
17/01/2025
Alors que lâĂglise nous invite Ă mĂ©diter sur lâespĂ©rance en cette annĂ©e sainte, il est bon de prendre la main de cette vertu thĂ©ologale, cette petite fille dĂ©crite par Charles PĂ©guy entre ses deux sĆurs aĂźnĂ©es, la foi et la charitĂ© :
La foi voit ce qui est. La charitĂ© aime ce qui est. LâespĂ©rance voit ce qui nâest pas encore et qui sera. Elle aime ce qui nâest pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisĂ©. Sur la route montante. TraĂźnĂ©e, pendue aux bras de grandes sĆurs, qui la tiennent par la main, la petite espĂ©rance sâavance. Et au milieu de ses deux grandes sĆurs elle a lâair de se laisser traĂźner. Comme une enfant qui nâaurait pas la force de marcher. Et quâon traĂźnerait sur cette route malgrĂ© elle. Et en rĂ©alitĂ© câest elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traĂźne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traĂźne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite (Le Porche du MystĂšre de la deuxiĂšme vertu).
EspĂ©rer lâessentiel
LâespĂ©rance fait cruellement dĂ©faut Ă notre monde, comme bien dâautres vertus, mais elle manque aussi souvent, de façon plus surprenante, dans notre vie de foi. Pourtant elle est cette capacitĂ© Ă espĂ©rer lâessentiel, Ă savoir la bĂ©atitude Ă©ternelle. Il ne sâagit pas de ne jamais Ă©prouver de dĂ©couragements, de dĂ©sespoirs humains passagers, mais de demeurer accrocher Ă cette ancre. Dâailleurs lâallĂ©gorie de lâespĂ©rance est une femme portant une ancre de navire. Saint Paul, parlant dâAbraham justifiĂ© non par ses Ćuvres mais par sa foi en Dieu, Ă©crit que le patriarche espĂ©ra contre lâespĂ©rance mĂȘme parce quâil crut en des promesses tellement extraordinaires quâil ne pouvait en rien espĂ©rer par des moyens et des lumiĂšres naturels. Et il applique cette espĂ©rance contre toute espĂ©rance Ă lâexpĂ©rience de chaque fidĂšle qui peut se glorifier dans lâespĂ©rance de lâĂ©ternitĂ©. Il ajoute : "Nous nous glorifions encore dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la patience ; la patience, lâĂ©preuve ; et lâĂ©preuve, lâespĂ©rance. Or lâespĂ©rance ne confond point, parce que la charitĂ© de Dieu est rĂ©pandue en nos cĆurs par lâEsprit saint qui nous a Ă©tĂ© donnĂ©" (Rm 5, 3-4).
LâespĂ©rance ne fleurit pas lorsque tout est calme. Bien au contraire, elle ne peut jaillir que du plus profond de lâabĂźme, de la dĂ©rĂ©liction, du cĆur des Ă©preuves. Câest une espĂ©rance incandescente, une folie dâespĂ©rance qui saisit celui qui, ne pouvant compter sur rien de terrestre, se jette ainsi dans la folie de lâamour de Dieu. Cet entĂȘtement dans lâespĂ©rance irrigue le cĆur de tous les mystiques. Un des grands apĂŽtres de la misĂ©ricorde divine, choisi personnellement par le Christ Lui-mĂȘme, fut saint Claude La ColombiĂšre. Ce dernier ne cessa dâinviter Ă lâespĂ©rance comme le seul bien que rien ni personne ne pouvait nous arracher. TrĂšs souvent, dans ses puissantes et inspirantes priĂšres, il rĂ©pĂšte que le Malin lui-mĂȘme ne peut rien contre lâespĂ©rance : "Câest en vain que votre ennemi et le mien me tend tous les jours de nouveaux piĂšges. Il me fera tout perdre plutĂŽt que lâespĂ©rance que jâai en votre misĂ©ricorde. Quand je serais retombĂ© cent fois et que mes crimes seraient cent fois plus horribles quâils ne sont, jâespĂ©rerais encore en vous."
Le combat et la confiance
La dialectique du dĂ©sespoir que prĂȘchent les nihilistes nâa aucune prise sur une Ăąme qui sâabandonne et qui croit. Cela nâempĂȘche pas le combat, souvent rude car il faut dâabord Ă©prouver le vide, le pĂątir, avant de se jeter Ă corps perdu dans lâespĂ©rance. Tel est le cri, dans la bouche du Christ en Croix : Deus, Deus quare me dereliquisti ? - "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi mâavez-Vous abandonnĂ© ?" (Ps 21, 2), cri dĂ©passĂ© bien vite : In manus tuas commendo spiritum meum - "En vos mains je remets mon esprit" (Lc, 23, 46). Saint Claude La ColombiĂšre, dans une veine identique digne du vĂ©ritable disciple, sâadresse ainsi Ă Dieu :
Pour moi Seigneur, Vous ĂȘtes toute ma confiance, Vous ĂȘtes ma confiance mĂȘme. Je connais, hĂ©las, je ne le connais que trop, que je suis fragile et changeant ; je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les plus affermies. Mais cela ne peut mâeffrayer tant que jâespĂ©rerai ; je me tiens Ă couvert de tous mes malheurs et je suis assurĂ© dâespĂ©rer toujours, parce que jâespĂšre encore cette invariable espĂ©rance.
Autant un jugement extĂ©rieur peut affecter ou remettre en cause la qualitĂ© et lâhonnĂȘtetĂ© de notre foi, de notre charitĂ©, autant lâespĂ©rance nâappartient quâĂ celui qui lâĂ©prouve et qui est portĂ© par elle. VoilĂ pourquoi elle est indĂ©racinable, y compris lorsque tous les dĂ©mons se saisissent de la hache pour la mettre Ă bas. Un auteur paĂŻen, Tao, a cette juste formule : "On ne peut pas demeurer longtemps sur la pointe des pieds" (Tao Te King, 24). Le volontarisme et la tension dans les choses spirituelles sont inefficaces car tout finit par craquer. LâespĂ©rance permet Ă lâĂąme de dĂ©faillir, de ne pas se raidir, dâeffacer en elle ce qui ne provient que du moi peureux, inquiet ou Ă©goĂŻste.
LâespĂ©rance aide Ă transcender ce qui est mal
Cela ne signifie pas quâil faut tout aborder avec un regard aveugle et un sourire bĂ©at. Lâoptimiste par principe ne vit pas dâespĂ©rance. Il laisse souvent de cĂŽtĂ© ses angoisses ou bien il prouve quâil nâest guĂšre en phase avec la souffrance des autres. Ce nâest pas ĂȘtre pessimiste et manquer dâespĂ©rance que de mettre le doigt sur ce qui fait mal, sur ce qui ne tourne pas rond en ce monde, que de dĂ©noncer les dangers qui nous guettent et les corruptions qui nous empoisonnent. LâespĂ©rance aide Ă transcender ce qui est mal, sans pour autant dĂ©mobiliser et paralyser. Elle ne crĂ©e point lâindiffĂ©rence et la paresse ;
Gustave Thibon Ă©crit Ă ce sujet :
"LâespĂ©rance chrĂ©tienne est une vertu surnaturelle, enracinĂ©e dans la foi en la toute-puissance et en la toute-bontĂ© de Dieu, et dont aucune catastrophe temporelle ne peut et ne doit venir Ă bout. [âŠ] Câest prostituer lâespĂ©rance thĂ©ologique que de lâappliquer sans discernement Ă tout ce qui se produit dans le temps et dâattendre que le bien sorte automatiquement du mal" (LâĂquilibre et lâHarmonie).
LâespĂ©rance est une victoire
Comme lâa rappelĂ© Ă de nombreuses reprises Georges Bernanos, il existe une "espĂ©rance des imbĂ©ciles". Une espĂ©rance qui ne sâappuie pas sur la vertu de force nâest que mollesse et conduit irrĂ©mĂ©diablement Ă la catastrophe. Dans ce cas, comme le dit cet Ă©crivain combattant : "Une seule once de dĂ©sespoir suffirait Ă prĂ©server cent mille imbĂ©ciles de la pourriture, au lieu que chaque Ă©jaculation dâespĂ©rance prĂ©cipite leur liquĂ©faction" (Encyclique aux Français). Il parle ici dâun dĂ©sespoir qui nâest pas le pĂ©chĂ© contre lâesprit, mais cette once de rĂ©alisme qui est la condition pour une action courageuse et pour une vision surnaturelle. Lorsque le dĂ©sespoir fascine les cĆurs et les jette dans la rĂ©volte et le goĂ»t du nĂ©ant, la juste espĂ©rance nâest pas lâoptimisme bĂ©at.
Bernanos nous avertit encore, alors quâil est accusĂ© de dĂ©sespĂ©rer, Ă la fin de sa vie, devant la France de la LibĂ©ration :
Je viens dâĂ©crire ce mot de dĂ©sespoir par dĂ©fi. Je sais parfaitement quâil ne signifie plus rien pour moi. Autre chose est souffrir lâagonie du dĂ©sespoir, autre chose le dĂ©sespoir lui-mĂȘme. Câest lĂ une vĂ©ritĂ© que je dois Ă certains garçons peu rĂ©flĂ©chis disposĂ©s Ă se tromper non moins grossiĂšrement sur lâespĂ©rance que sur lâamour. Je voudrais les mettre en garde contre les charlatans dont le faux espoir nâest quâun lĂąche prĂ©texte Ă ne pas courir le risque de la vĂ©ritable espĂ©rance. Car lâespĂ©rance est une victoire, et il nây a pas de victoire sans risque. Celui qui espĂšre rĂ©ellement, qui se repose dans lâespĂ©rance, est un homme revenu de loin, de trĂšs loin, revenu sain et sauf dâune grande aventure spirituelle, oĂč il aurait dĂ» mille fois pĂ©rir (Français, si vous saviezâŠ) .
LâespĂ©rance Ă cultiver durant cette annĂ©e sainte est faite de ce bois. Elle nâest point lâoptimisme bĂ©at des lĂąches et des pleutres, mais la couronne justement gagnĂ©e avec effort aprĂšs avoir surmontĂ© les obstacles naturels pour embrasser cet ancrage surnaturel. Nul ne peut jeter lâancre avant dâavoir voyagĂ© et dâavoir affrontĂ© et traversĂ© tant de dangers et tant de piĂšges.
Jean-François Thomas, sj Article publié dans ALETEIA
15/01/2025
Voici lâintĂ©gralitĂ© de lâextrait concernĂ© :
« Il est Ă©tabli aujourdâhui que la cĂ©lĂ©bration de la messe selon le missel prĂ©conciliaire, en latin, doit ĂȘtre expressĂ©ment autorisĂ©e par le DicastĂšre pour le Culte, qui ne lâaccordera que dans certains cas particuliers ; parce quâil nâest pas bon que la liturgie devienne idĂ©ologie.
Câest curieux, cette fascination pour ce que lâon ne comprend pas, qui a un air un peu occulte, et qui semble parfois intĂ©resser mĂȘme les gĂ©nĂ©rations les plus jeunes.
Souvent, cette rigiditĂ© sâaccompagne de toilettes recherchĂ©es et coĂ»teuses, de dentelles, de rubans, de chasubles. Ce nâest pas un goĂ»t pour la tradition, mais une ostentation de clĂ©ricalisme, qui nâest rien dâautre que la version ecclĂ©siastique de lâindividualisme.
Non pas un retour au sacrĂ©, mais tout le contraire : une mondanitĂ© sectaire. Parfois, ces dĂ©guisements dissimulent des dĂ©sĂ©quilibres, des dĂ©viations affectives, des problĂšmes comportementaux, un malaise personnel qui peut ĂȘtre instrumentalisé⊠»
RĂ©sumons : les traditionalistes sont, dans lâordre : des crĂ©tins qui aiment ce quâils ne comprennent pas, des effĂ©minĂ©s clĂ©ricaux et des mondains sectaires dĂ©sĂ©quilibrĂ©s dont les problĂšmes comportementaux et les dĂ©viances peuvent ĂȘtre instrumentalisĂ©es par ⊠allez ⊠au hasard ⊠lâextrĂȘme droite.
Lâinsulte est soignĂ©e, complĂšte, prĂ©cise.
Pourtant notre Saint PĂšre Ă©tait bien dans son rĂŽle Ă Lisbonne : « Il y a de la place pour tout le monde dans lâĂglise. Et sâil vous plaĂźt, quand il nây en a pas, faisons-en sorte quâil y en ait, mĂȘme pour ceux qui se trompent, pour ceux qui tombent, pour ceux qui peinent⊠para todos, todos, todos » (« pour tous, tous, tous »).
Comprenne qui pourra. En attendant, la plaie des tradis ouverte depuis 50 ans se refermait doucement grùce à Benoßt XVI ; depuis Traditionis machin truc, la voici rouverte et charcutée à plaisir.
Il reste que le pape est le chef denotre Eglise, prions pour lui et aimons le !
Christe Eleison !
14/01/2025
Notre Dame a Ă©tĂ© ressuscitĂ©e dans toute sa splendeur et sa gloire. GrĂące Ă Dieu, car Ă lâorigine, les projets Ă©taient trĂšs diffĂ©rents. Dâaccord, il y a eu quelques ratĂ©s â un autel minimaliste en bronze curieusement conçu qui dĂ©tonne avec la grandeur de la cathĂ©drale, des siĂšges en mĂ©tal, des fonts baptismaux qui ne ressemblent pas Ă des fonts baptismaux, une chasuble de chĆur qui semblait empruntĂ©e Ă un clown, et des calices Ă©tranges â mais lâensemble est dâune grande beautĂ©.
Les cĂ©rĂ©monies liturgiques entourant la rĂ©ouverture de Notre-Dame ont elles aussi Ă©tĂ© dignes. Elles permettent aux fidĂšles de sâĂ©lever au-dessus du banal pour atteindre le surnaturel. Câest ce dernier qui est si nĂ©cessaire Ă notre Ă©poque, oĂč tout doit ĂȘtre comprĂ©hensible. Le latin serait incomprĂ©hensible et ennuyeux. Le sacrĂ© a cĂ©dĂ© la place Ă lâinterpersonnel.
Mais comment en est-on arrivĂ© Ă ce que nous voyons aujourdâhui dans les Ă©glises : des drapeaux arc-en-ciel, des activistes LGTB qui dansent autour de lâautel, des groupes de second ordre qui jouent des airs pop, des sermons qui sont en fait des expressions du politiquement correct. Pourquoi le beau et le vrai ont-ils cĂ©dĂ© la place Ă la laideur et aux opinions ? Des bĂątiments laids, des murs blanchis Ă la chaux, lâiconoclasme et des spectacles mal jouĂ©s qui devraient passer pour de la liturgie. Les bancs dâagenouillement et les bancs de communion ont Ă©tĂ© supprimĂ©s. Le mystĂšre, le sacrĂ©, le surnaturel devaient cĂ©der la place Ă la platitude horizontale.
Ă Notre-Dame, jâai vu le respect de la Tradition, jâai entendu les chants cĂ©lestes des enfants, jâai dĂ©tectĂ© la faim de transcendance. Le Christ Ă©tait Ă nouveau au centre.
Je vois lâaspiration Ă cela chez ceux que lâon appelle les nouveaux catholiques, sur lesquels je reviendrai dans un instant.
Mais cela nâa pas encore pĂ©nĂ©trĂ© Ă Rome. LĂ -bas, ils sont prĂ©occupĂ©s par le nouveau mot Ă la mode, la synodalitĂ©. Si seulement nous devenons synodaux, lâĂglise redeviendra attrayante, lâĂglise aura Ă nouveau un avenir, câest lâopinion qui prĂ©vaut. Si seulement nous Ă©coutons, oui, tout sera diffĂ©rent. Les gens donnent lâimpression que les pasteurs ne les ont jamais Ă©coutĂ©s au cours des 2000 derniĂšres annĂ©es. On fait croire que lâEsprit Saint est endormi depuis 2000 ans.
Je vois autre chose. Câest prĂ©cisĂ©ment lâesprit de lâĂšre sĂ©cularisĂ©e moderne qui a conquis les gens. Les dirigeants de lâĂglise sont comme DĂ©mas qui a abandonnĂ© Paul par amour pour le monde sĂ©culier [ndt: rĂ©fĂ©rence Ă la 2e lettre de Paul Ă TimothĂ©e, 4: 09-10 â « Efforce-toi de me rejoindre au plus vite, car DĂ©mas mâa abandonnĂ© par amour de ce monde, et il est parti pour Thessalonique ». Merci Ă JL pour la prĂ©cision]. Comme Judas qui croyait que lâargent dĂ©pensĂ© pour JĂ©sus Ă©tait mieux dĂ©pensĂ© pour les pauvres. Pour les plus libĂ©raux, câest bien vu. Ils ressemblent Ă ceux qui rĂ©clament Barabbas, lâactiviste qui poursuivait une utopie mondaine. Ils disent : nous prenons les choses en main. JĂ©sus, lui, a fait la volontĂ© du PĂšre et a choisi la croix. Cela a semblĂ© ĂȘtre un Ă©chec, mais la croix elle-mĂȘme a apportĂ© la rĂ©demption.
Pourquoi les gens ont-ils abandonnĂ© lâĂglise au cours des soixante derniĂšres annĂ©es ? Parce que lâĂglise les a abandonnĂ©s. LâĂglise a Ă©garĂ© le peuple de lâĂglise.
Oui, dit lâĂglise, nous dĂ©fendons lâenvironnement, le changement climatique, la diversitĂ©, les pauvres, etc. Et lâon insiste davantage sur cela que sur la liturgie digne, le caractĂšre sacrĂ©, lâappel Ă la conversion et la prioritĂ© donnĂ©e au salut de lâĂąme.
Les gens oublient que câest prĂ©cisĂ©ment ce qui nourrit le peuple pour quâil commence rĂ©ellement Ă accomplir les Ćuvres de misĂ©ricorde. MĂšre Teresa, Peerke Donders, Saint François, le PĂšre Damien nâauraient jamais fait ce quâils ont fait sâils ne sâĂ©taient pas nourris des sacrements, de la priĂšre, de lâadoration eucharistique et du rosaire. Non, ils nâont pas laissĂ© la politique ou les institutions sâen charger. MĂšre Teresa Ă©tait trĂšs claire Ă ce sujet : « Si les gens ne changent pas, les structures ne changeront pas non plus ».
Depuis les annĂ©es 1960, lâĂglise a rendu la foi ridicule, ne nommant pas lâessentiel et nâen corrigeant nulle part les dĂ©raillements. Regardez les abus liturgiques qui sĂ©vissent. Lors des messes de confirmation, je suis rĂ©guliĂšrement Ă©pouvantĂ© par des chorales qui ne chantent que des chansons du Top 2000. Il mâest arrivĂ© une fois de voir la chorale accompagnĂ©e dâun groupe assourdissant chanter uniquement des chansons de Bruce Springsteen. « Because the Night Belongs to Lovers» Ă©tait la chanson du sacrifice. Ă la fin de la messe, jâĂ©tais certain que nous ne reverrions jamais ces confirmands Ă lâĂ©glise. Lors dâune autre messe de confirmation (Nijmegen), le prĂȘtre a refusĂ© la communion Ă un confirmand qui voulait recevoir la communion sur la langue. En fait, câest trĂšs clĂ©rical : ce prĂȘtre fait ses propres rĂšgles et les impose aux fidĂšles.
Câest le problĂšme de lâĂglise depuis Vatican II : lâĂglise nâenseigne pas ce que lâĂvangile enseigne. Nous avons peur de proclamer des opinions catholiques. Quel pasteur parle encore du salut des Ăąmes, des fins derniĂšres, du pardon des pĂ©chĂ©s ? Au contraire, nous prenons nos distances. Nous nous excusons pour le confrĂšre individuel qui prie dans une clinique dâavortement. Nous soutenons la dĂ©cision du conseil dâadministration dâune Ă©cole catholique romaine (Limbourg) qui a refusĂ© Ă des sĆurs lâaccĂšs Ă lâĂ©cole parce que ces sĆurs ne mentionnaient quâune seule variante lorsquâil sâagissait du sacrement du mariage : homme/femme.
Il nâest pas Ă©tonnant que lâĂglise ait disparu. Quâest-ce que nous reprĂ©sentons encore ? Le pape interdit la messe traditionnelle en latin Ă Chartres et Ă Notre-Dame et, la mĂȘme semaine, inscrit un pĂšlerinage LGTB au programme de lâAnnĂ©e sainte. Nous aspirons certainement Ă la « libertĂ© et Ă la joie », mais dans la pratique, cela semble dĂ©boucher sur la dĂ©bauche et le mĂ©contentement.
Nous avons besoin de normes et de valeurs communes. DâoĂč viennent-elles? Des normes et des valeurs qui sâappliquent Ă tous et Ă tout moment. Oui, il existe LA vĂ©ritĂ© qui sâapplique Ă tous. Et oui, nous pouvons la connaĂźtre. Socrate, Platon et Aristote le savaient dĂ©jĂ . Cette loi naturelle a une origine surnaturelle que le monde sĂ©culier ne connaĂźt pas.
Que sâest-il passĂ© aprĂšs Vatican II ? Les gens ont entamĂ© un dialogue avec le monde. Ce nâest pas dĂ©raisonnable. Mais quâont-ils fait ? Ils ont temporairement mis la vĂ©ritĂ© de la foi catholique entre parenthĂšses afin dâentrer en dialogue avec la modernitĂ©.
Ce qui a finalement conduit Ă une adhĂ©sion totale au monde sĂ©culier. LâĂglise Ă©tait tellement dĂ©sireuse de dĂ©montrer sa conformitĂ© avec le monde quâelle a complĂštement perdu son identitĂ©. Elle en est venue Ă la conclusion que lâEsprit Saint Ă©tait tout aussi, voire plus, Ă lâĆuvre dans le monde sĂ©culier que dans lâĂglise elle-mĂȘme. On est mĂȘme allĂ© jusquâĂ minimiser, voire nier, les vĂ©ritĂ©s intemporelles de lâĂglise. On a dit quâil sâagissait de simples fantaisies de thomistes et dâautres thĂ©ologiens dĂ©passĂ©s. Cela sâest traduit par une traduction complĂštement horizontale de lâĂvangile. La mĂ©taphysique a Ă©tĂ© abandonnĂ©e et lâaccent a Ă©tĂ© mis sur la communautĂ©.
La consĂ©quence a Ă©tĂ© une liturgie plate, dans laquelle le pĂ©chĂ© et le pardon nâavaient plus leur place. La faute est rejetĂ©e sur les autres. Câest aux structures de changer. Le mea culpa est devenu tua culpa, parce que bon, ça va, ce nâest pas ma faute. Le caractĂšre sacrĂ© est devenu mĂ©connaissable. On ne croit plus en la realis presentia. Câest devenu un symbole, rien de plus. La prĂ©sence de JĂ©sus est en nous, pas dans le pain et le vin.
Lâeucharistie a Ă©tĂ© relĂ©guĂ©e au rang de repas. DâoĂč lâinvitation faite Ă Jan et Ă tous de recevoir lâhostie, distribuĂ©e par Flip et Loulou en jeans assortis. Pas Ă genoux et sur la langue, bien sĂ»r. Câest juste un symbole. JĂ©sus sâest aussi assis Ă la table des pĂ©cheurs, non? (En fait, non. Seuls les apĂŽtres Ă©taient prĂ©sents lors de la derniĂšre CĂšne. JĂ©sus a explicitement Ă©tabli un lien entre cette derniĂšre cĂšne et le sacrifice sur la croix le lendemain). En fait, pourquoi ne cĂ©lĂ©brer que des messes quand on peut aussi offrir des services WC? [sic!] Flip et Loulou peuvent trĂšs bien sâen charger.
Il devait ĂȘtre question de justice sociale, de soupes populaires, dâaction. Oui, surtout dâaction. Nous nous Ă©levons contre la discrimination et le racisme, nous participons au dĂ©bat social sur le changement climatique. Nous sommes manifestement inclusifs et diversifiĂ©s et nous brandissons le drapeau arc-en-ciel. Bien entendu, nous ne parlons pas de lâavortement, de lâeuthanasie et de la mutilation des transsexuels. La distinction entre le sacrĂ© et le profane a complĂštement disparu.
Les jeunes, en particulier, lâont immanquablement senti. Si la liturgie est un fouillis incohĂ©rent, si vous nâĂȘtes pas mis au dĂ©fi de vivre votre vie diffĂ©remment, oĂč le pardon et le pĂ©chĂ© sont des mots interdits, quâen avez-vous Ă faire ? Une bonne liturgie, la clartĂ© et la cordialitĂ© font toute la diffĂ©rence.
Les jeunes cherchent des rĂ©ponses Ă leurs questions. Et nous les avons. Des rĂ©ponses raisonnables. Fides quaerens intellectum [« la foi cherche lâintelligence »], vous vous souvenez ? Ce que lâĂglise doit faire, câest remettre lâaccent sur le sacrĂ©, comme Ă©tant dâun autre ordre, plus Ă©levĂ©. Câest pourquoi nous avons des lieux sacrĂ©s, une liturgie sacrĂ©e, des bĂątiments consacrĂ©s uniquement au culte et Ă la dĂ©votion. Câest pourquoi nous avons un langage sacrĂ© dans la liturgie, Ă distinguer du langage quotidien.
Par ailleurs, le fait dâignorer le surnaturel a aussi pour consĂ©quence de rĂ©duire le naturel Ă un contenu plat et vide de sens. La disparition de la religion dans la sociĂ©tĂ© se fait Ă©galement au dĂ©triment du sĂ©culier. Qui sâintĂ©resse Ă la religion dĂ©pouillĂ©e du sacrĂ© ? Personne. Câest tout simplement ennuyeux. Une liturgie plate nâest quâune mauvaise piĂšce de thĂ©Ăątre au scĂ©nario bizarre jouĂ©e par des acteurs de seconde zone. Il nâest pas Ă©tonnant que les jeunes qui ont faim de sens, de pardon et de vĂ©ritĂ© ne soient pas du tout intĂ©ressĂ©s par Laudato Si, Fiducia Supplicans et la SynodalitĂ©.
Les paroisses et les diocĂšses qui sâintĂ©ressent Ă ces questions nâattirent pas les jeunes. OĂč les trouve-t-on : dans les paroisses oĂč les choses sont simplement traditionnelles, oĂč la messe reste la messe, oĂč le sacrĂ© est mis en avant, oĂč la liturgie est clairement distincte du profane. Câest lĂ que lâon dĂ©couvre quelque chose que lâon ne connaissait pas auparavant. Câest un mouvement vers la beautĂ©, la vĂ©ritĂ©, le sacrĂ©, vers la dĂ©votion, vers des lieux oĂč lâon offre le sacrement de la confession, oĂč lâon prie le rosaire.
LĂ , je vois des familles, lĂ , je vois des jeunes, lĂ , je vois lâavenir de lâĂglise.
Câest beau.
+Rob Mutsaerts
Source : le blog de Mgr Mutsaerts vitaminexp.blogspot.com via Benoit et moi
13/01/2025
[âŠ] Chaque eÌtre humain et chaque socieÌteÌ humaine a eÌteÌ creÌeÌ dans le but dâaccepter le Christ comme roi. Cependant, lâhomme peÌcheur et la socieÌteÌ humaine et politique incroyante proclament, comme les preÌtres juifs et les pharisiens devant Pilate : « Nous nâavons pas dâautre roi que CeÌsar » (Jn 19, 15). Chaque personne humaine et chaque socieÌteÌ humaine et politique devraient dire le contraire : « En fin de compte, nous nâavons pas dâautre roi que le Christ. » Lors de la cruelle perseÌcution des chreÌtiens au Mexique par le gouvernement maçonnique dans les anneÌes 1920 et par les communistes en Espagne dans les anneÌes 1930, des milliers de catholiques, dont de nombreux enfants et adolescents, ont accepteÌ le martyre en criant : « Vive le Christ-Roi ! »
Le CateÌchisme de lâEÌglise catholique enseigne :
« Le devoir de rendre aÌ Dieu un culte authentique concerne lâhomme in- dividuellement et socialement. (âŠ) LâEÌglise manifeste ainsi la royauteÌ du Christ sur toute la creÌation et en particulier sur les socieÌteÌs humaines (cf. LeÌon XIII, Immortale Dei ; Pie XI, Quas Primas) » (n. 2105).
Un veÌritable apoÌtre moderne de la royauteÌ sociale et universelle du Christ fut le cardinal Louis Pie, eÌveÌque de Poitiers, en France, dans la seconde moitieÌ du XIXe sieÌcle. Son enseignement eÌpiscopal a preÌpareÌ les enseignements papaux sur la royauteÌ sociale du Christ au XXe sieÌcle. Il a prononceÌ les mots suivants, treÌs actuels pour notre eÌpoque :
« JeÌsus-Christ est la pierre angulaire de tout lâeÌdifice social, lui de moins, tout sâeÌbranle, tout se divise, tout peÌrit. »
« Lâerreur dominante, le crime capital de ce sieÌcle, câest la preÌtention de soustraire la socieÌteÌ publique au gouvernement et aÌ la loi de Dieu. »
« Et tant que le monde preÌsent durera, ne prenons point notre parti de confiner le reÌgne de Dieu au ciel, ou meÌme aÌ lâinteÌrieur des aÌmes. Le deÌtroÌnement terrestre de Dieu est un crime : ne nous y reÌsignons jamais ! »
« Replacer toutes choses sous le leÌgitime empire de Dieu, de JeÌsus-Christ et de lâEÌglise, combattre partout cette substitution sacrileÌge de lâhomme aÌ Dieu, qui est le crime capital des temps modernes».
[âŠ]
Extraits choisis par Le Salon Beige
13/01/2025
AprĂšs une enfance difficile, des vĆux religieux non aboutis et de frĂ©quentes maladies, Rolande est guĂ©rie en 1938 Ă Lourdes de maniĂšre Ă©tonnante. Elle se marie, a des enfants et vit trĂšs discrĂštement, en mĂšre de famille, toutes les Ă©tapes de la vie mystique, jusquâau mariage spirituel en 1972.
Ă partir de 1975, le Christ lui demande un jeĂ»ne total qui dure jusquâĂ sa mort, le 12 janvier 2000. Dans cette derniĂšre pĂ©riode de sa vie, Rolande se sent appelĂ©e Ă se donner sans limites et sans rĂ©serve pour la saintetĂ© des prĂȘtres et pour Ă©viter lâenfer aux autres hommes. DĂšs lors, elle est fortement tentĂ©e par le diable, vivant une forme de dĂ©rĂ©liction Ă lâimage du Christ Ă lâagonie. Cette Ă©poque de la vie de Rolande a permis Ă Mgr RenĂ© Laurentin et au cardinal Coffy de thĂ©oriser une nouvelle Ă©tape de la vie mystique, au-delĂ des trois Ă©tapes : purgative, illuminative et unitive.
Les raisons d'y croire :
Le jeĂ»ne absolu de Rolande est contrĂŽlĂ© Ă lâhĂŽpital pendant quarante-sept jours, du 22 avril au 7 juin 1980, notamment par le docteur Philippe Loron, mĂ©decin de la PitiĂ©-SalpĂȘtriĂšre. Le jeĂ»ne total dâeau entraĂźne normalement la mort en six jours maximum. Le docteur Louis Callerot, cardiologue, constate que, malgrĂ© le jeĂ»ne absolu, Rolande a pris du poids et que plusieurs phĂ©nomĂšnes observĂ©s chez elle se situent « en dehors de la physiologie normale ».
Le tĂ©moignage de Rolande Lefebvre, dâune force et dâune authenticitĂ© remarquables, convainc le cardinal Coffy et Mgr RenĂ© Laurentin de la nĂ©cessitĂ© de publier son rĂ©cit, pour une meilleure comprĂ©hension des Ă©tapes possibles de la vie mystique.
Lorsque Rolande lit le livre Je veux voir Dieu, Ă©crit en 1947 par le pĂšre Marie-EugĂšne de lâEnfant-JĂ©sus, carme, elle reconnaĂźt exactement tout ce quâelle a vĂ©cu jusquâen 1972, et toutes les Ă©tapes classiques de la vie mystique⊠mais elle est allĂ©e encore plus loin.
Durant la derniĂšre pĂ©riode de sa vie, pendant laquelle elle veut se donner entiĂšrement pour les prĂȘtres et pour Ă©viter lâenfer aux autres hommes, elle se retrouve sous lâemprise du dĂ©mon. Les exorcismes du pĂšre RenĂ© Chenesseau, son confesseur, qui est aussi le prĂȘtre exorciste du diocĂšse de Pontoise (Val-dâOise), la soulagent visiblement et beaucoup.
12/01/2025
Cet article de Tribune ChrĂ©tienne, reprenant celui de la Bussola Italia discute d'un texte de la ConfĂ©rence Ă©piscopale italienne (CEI) sur la formation des prĂȘtres, suscitant une vive controverse. Le document, semblant ouvrir la voie Ă l'admission de candidats homosexuels sous condition de chastetĂ©, est interprĂ©tĂ© de maniĂšres divergentes, crĂ©ant comme d'habitude une ambiguĂŻtĂ© doctrinale. Alors que certains mĂ©dias voient une rĂ©volution, lâarticle souligne le flou du texte et son potentiel Ă affaiblir la discipline ecclĂ©siale, mettant en lumiĂšre le conflit entre les interprĂ©tations libĂ©rales et la doctrine traditionnelle de lâĂglise concernant lâhomosexualitĂ© et le sacerdoce. L'auteur exprime finalement une inquiĂ©tude face Ă ce qu'il perçoit comme un compromis inacceptable avec la doctrine catholique.
12/01/2025
Article de Tribune Chrétienne (Extraits)
[...]
Dans un article publiĂ© sur le site Outreach, rĂ©fĂ©rence pour les catholiques LGBTQ, le cardinal Cupich, archevĂȘque de Chicago, a saluĂ© lâamour sacrificiel des couples homosexuels adoptant des enfants, affirmant quâils « offrent un foyer » Ă ceux qui nâen ont pas. Cette dĂ©claration sâinscrit dans un discours plus large visant Ă promouvoir lâintĂ©gration des homosexuels dans lâĂglise en tant que tels, sans distinction entre leur statut et leur pĂ©chĂ©.
Le problĂšme est double : dâune part, ces propos vont Ă lâencontre de la doctrine catholique, qui affirme que tout enfant a droit Ă un pĂšre et une mĂšre. Dâautre part, ils ignorent les graves avertissements de la CongrĂ©gation pour la Doctrine de la Foi (2003), qui qualifiait lâadoption par des couples homosexuels de « gravement immorale », soulignant quâelle expose les enfants Ă des violences psychologiques et sociales. [...]
[...]
LâĂglise catholique enseigne, dans le CatĂ©chisme de lâĂglise catholique (§1601), que le mariage est lâunion sacrĂ©e entre un homme et une femme, ordonnĂ©e au bien des conjoints et Ă lâĂ©ducation des enfants. En lĂ©gitimant lâadoption par des couples homosexuels, certains membres du clergĂ© trahissent cette vĂ©ritĂ© fondamentale et encouragent une destruction systĂ©matique de la famille telle que voulue par Dieu.
Il ne sâagit pas seulement dâune question pastorale. Ces initiatives visent Ă changer en profondeur la perception du pĂ©chĂ© au sein de lâĂglise. Le message est clair : si lâadoption par des couples homosexuels est acceptĂ©e, alors lâhomosexualitĂ© elle-mĂȘme doit ĂȘtre reconnue comme une variante lĂ©gitime de lâamour [...]
10/01/2025
Les raisons d'y croire :
La simplicitĂ©, la cohĂ©rence et la logique de cette synthĂšse publiĂ©e par saint Thomas dâAquin constitue Ă elle seule une vĂ©ritable raison de croire.
Les diffĂ©rents types de preuves de la vĂ©ritĂ© du christianisme que Thomas dâAquin Ă©voque sont connus et convaincants, Ă commencer par les « Ćuvres trĂšs au-dessus des possibilitĂ©s de la nature », accomplies de maniĂšre trĂšs visible par le Christ, qui « tĂ©moignent que le PĂšre lâa envoyĂ© » (Jn 5,36 ; 10,25). Effectivement, lorsquâon change lâeau en vin, quâon multiplie les pains et les poissons, quâon ressuscite les morts, quâon chasse les dĂ©mons et quâon commande Ă la mer et au vent (etc.), cela devrait normalement conduire Ă des prises de conscience. Câest en ce sens que le Christ adressait des reproches aux villes du bord de lac de TibĂ©riade oĂč il sâĂ©tait rĂ©vĂ©lĂ© par des paroles et des actes : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, BethsaĂŻde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu Ă Tyr et Ă Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties sous le sac et la cendre. Aussi, je vous le dĂ©clare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitĂ©es moins sĂ©vĂšrement que vous. Et toi, CapharnaĂŒm, seras-tu donc Ă©levĂ©e jusquâau ciel ? Non, tu descendras jusquâau sĂ©jour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu Ă Sodome, cette ville serait encore lĂ aujourdâhui. Aussi, je vous le dĂ©clare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traitĂ© moins sĂ©vĂšrement que toi » (Lc 10,13-15 ou Mt 11,20-24).
La sublimitĂ© de la parole du Christ et la sagesse qui lâinspire, qui « transparaĂźt » dans la prĂ©dication des apĂŽtres et des premiers chrĂ©tiens et qui a permis lâexpansion miraculeuse du christianisme malgrĂ© les« persĂ©cutions », est une autre raison de croire.
De mĂȘme, le fait que Dieu, « longtemps Ă lâavance », a « prĂ©dit » tout cela « par la bouche des prophĂštes ».
Il y a encore le fait que le Seigneur, aprĂšs avoir fait des « Ćuvres que nul autre nâa faites » (Jn 15,24), a appuyĂ© Ă©galement le tĂ©moignage des apĂŽtres et celui des saints de tous les temps de trĂšs nombreux « signes, miracles et prodiges » (Mc 16,20 ; Ac 2,22 ; 2,43 ; Hb 2,4) qui sont dâautres confirmations trĂšs importantes.
Reprenant et complĂ©tant toutes ces idĂ©es, le concile Vatican I conclut : « Câest Ă lâĂglise catholique seule que se rĂ©fĂšrent tous ces signes si nombreux et si admirables disposĂ©s par Dieu pour faire apparaĂźtre avec Ă©vidence la crĂ©dibilitĂ© de la foi chrĂ©tienne. Bien plus, lâĂglise, Ă cause de son admirable propagation, de son Ă©minente saintetĂ© et de son inĂ©puisable fĂ©conditĂ© en tout bien, Ă cause aussi de son unitĂ© catholique et de son invincible fermetĂ©, est par elle-mĂȘme un grand et perpĂ©tuel motif de crĂ©dibilitĂ© et un tĂ©moignage irrĂ©futable de sa mission divine » (Constitution dogmatique Dei Filius, Denzinger 3013) ; « Non seulement, la foi et la raison ne peuvent jamais ĂȘtre en dĂ©saccord, mais encore elles sâaident mutuellement. La droite raison dĂ©montre les fondements de la foi, et, Ă©clairĂ©e par la lumiĂšre de celle-ci, elle sâadonne Ă la science des choses divines. Quant Ă la foi, elle libĂšre et protĂšge la raison des erreurs et lui fournit de multiples connaissances »(Denzinger 3019) ; « Si quelquâun dit que la RĂ©vĂ©lation divine ne peut ĂȘtre rendue croyable par des signes extĂ©rieurs et que, dĂšs lors, les hommes doivent ĂȘtre poussĂ©s Ă la foi uniquement par leur expĂ©rience intĂ©rieure personnelle ou par une inspiration privĂ©e, quâil soit anathĂšme » (Denzinger 3033) ; « Si quelquâun dit que les miracles ne peuvent jamais ĂȘtre connus avec certitude ni servir Ă prouver efficacement lâorigine de la religion chrĂ©tienne, quâil soit anathĂšme » (Denzinger 3034).
Pie XII le confirmera : « Dieu a disposĂ© un grand nombre de signes extĂ©rieurs Ă©clatants qui nous permettent de prouver, de façon certaine, lâorigine divine de la religion chrĂ©tienne avec les seules lumiĂšres naturelles de notre raison » (Humani Generis, § 4).
09/01/2025
Rien, chez lui, ne favorise le christianisme, mais en comparant lâexpĂ©rience mystique des saints avec celle de figures spirituelles dâautres religions, il finit tout de mĂȘme par conclure : « Le mysticisme complet [âŠ] est celui des grands mystiques chrĂ©tiens. » Ainsi arrivĂ© au seuil de la conversion, il ne demande toutefois pas le baptĂȘme, prĂ©fĂ©rant rester solidaire des Juifs persĂ©cutĂ©s par le rĂ©gime nazi, mais sa conviction personnelle est faite en faveur de la vĂ©ritĂ© du christianisme.
Les raisons d'y croire :
Bergson est un intellectuel brillant et renommĂ© : quatre fois laurĂ©at du concours gĂ©nĂ©ral, normalien, titulaire dâun double doctorat en lettres et en philosophie, dâun doctorat honoraire en sciences de lâuniversitĂ© dâOxford et dâun doctorat en lettres de lâuniversitĂ© de Cambridge, professeur au CollĂšge de France, membre de lâAcadĂ©mie française, membre de plusieurs acadĂ©mies Ă©trangĂšres (Turin, SuĂšde, Ătats-Unis), prix Nobel de littĂ©rature (1928), grand-croix de la LĂ©gion dâhonneurâŠ
Dans les circonstances dans lesquelles il Ă©volue, rien ne le pousse Ă un jugement favorable sur le christianisme. Il est en effet issu dâune famille juive immigrĂ©e, formĂ© Ă la philosophie dans un contexte largement positiviste et anticlĂ©rical, passionnĂ© de sciences, et notamment de la thĂ©orie de lâĂ©volution, quand celle-ci est encore loin dâĂȘtre admise par les chrĂ©tiens, etc.
Dans les premiĂšres annĂ©es de sa cĂ©lĂ©britĂ©, lâĂglise lui est mĂȘme plutĂŽt hostile, condamnant ses livres Ă lâIndex (câest-Ă -dire interdisant aux fidĂšles de les lire) : Bergson a donc toutes les raisons dâen vouloir au catholicisme.
Mais son honnĂȘtetĂ© intellectuelle est plus forte ; son Ă©tude comparĂ©e des diffĂ©rentes formes de mystiques conclut que seul le mysticisme chrĂ©tien possĂšde, au-delĂ de la contemplation, de si admirables fruits dans lâaction : « Quâon pense Ă ce quâaccomplirent, dans le domaine de lâaction, un saint Paul, une sainte ThĂ©rĂšse, une sainte Catherine de Sienne, un saint François, une Jeanne dâArc, et tant dâautres. » Selon Bergson, cette vitalitĂ© surabondante est le signe que ces grands saints chrĂ©tiens ont atteint le vĂ©ritable sommet mystique, lâunion Ă Dieu.
Bergson Ă©tudie aussi les mystiques non chrĂ©tiennes (notamment les mystiques antiques et celles de la culture indienne) : lorsquâil conclut Ă la supĂ©rioritĂ© de la mystique chrĂ©tienne, câest en toute connaissance de cause.
09/01/2025
Dans l'Ăvangile de JĂ©sus-Christ selon saint Luc : « Quel pĂšre parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? Ou lui donnera un scorpion quand il demande un Ćuf ? Si donc vous, qui ĂȘtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses Ă vos enfants, combien plus le PĂšre du ciel donnera-t-il lâEsprit Saint Ă ceux qui le lui demandent ! » (Lc 11,11-13)
Ainsi, quelle que soit notre priÚre, dans laquelle nous demanderons à Dieu des choses vitales, bonnes, avec insistance, confiance et humilité, ajoutons toujours : PÚre, donne-nous ton Esprit Saint.
PersĂ©vĂ©rance et confiance Le temps de Dieu nâest pas celui des hommes. Lâexaucement de notre priĂšre peut Ă©galement prendre du temps. Cette attente nous donne lâoccasion dâexercer notre patience, et de cultiver notre persĂ©vĂ©rance. Elle sâinscrit peut-ĂȘtre dans la pĂ©dagogie divine, nous invitant Ă prendre du recul face aux Ă©preuves que nous traversons et Ă transformer notre regard sur elles, en y discernant une perspective dâespĂ©rance et de croissance spirituelle.
Ainsi, Sylvain Tesson, dans son beau rĂ©cit intitulĂ© La panthĂšre des neiges, Ă©crit ceci : « J'avais appris que la patience Ă©tait une vertu suprĂȘme, la plus Ă©lĂ©gante et la plus oubliĂ©e. Elle aidait Ă aimer le monde avant de prĂ©tendre le transformer. »
Lâintercession de MarieNâoublions pas cette priĂšre puissante, qui fait lâobjet dâune fĂȘte : le saint Rosaire, le chapelet. La Vierge Marie est apparue de nombreuses fois en exhortant Ă rĂ©citer le chapelet, comme Ă lâIle Bouchard en 1947.
Demandons Ă Marie qui dĂ©fait les nĆuds quâelle nous aide Ă entrer dans cette belle dynamique et habitude du chapelet : une neuvaine Ă Marie qui dĂ©fait les nĆuds peut aisĂ©ment nous y conduire.
Isabelle Rolland pour Marie qui défait les noeuds
09/01/2025
Chapitres :
02:48 â "Quand la mer se retire" : une mĂ©taphore de la crise de lâĂglise
04:51 â LaĂŻcitĂ© et prĂ©sidents : quelles relations avec lâĂglise ?
09:28 â La Manif pour tous : un tournant pour les catholiques français
12:49 â Ăvolution politique : les grands bouleversements des 20 derniĂšres annĂ©es
17:03 â SĂ©cularisation et perte de mission : lâĂglise face Ă un double dĂ©fi
22:23 â BenoĂźt XVI vs François : deux hĂ©ritages, un avenir incertain
30:08 â Relativisme doctrinal : quelles mesures pour inverser la tendance ?
35:37 â LâĂglise face au monde moderne : a-t-elle abandonnĂ© sa mission ?
41:29 â DĂ©clin du catholicisme occidental : signes dâun renouveau ?
46:46 â Liturgie et messe traditionnelle : clĂ©s dâun redressement spirituel
50:24 â Impasses de la modernitĂ© : que peut corriger lâĂglise ?
1:01:02 â RĂ©formes face aux scandales : suffisent-elles ?
1:10:18 â Pistes de renouveau : prioritĂ©s pour les catholiques dâaujourdâhui
1:15:24 â Conseils de lecture : des auteurs vivants pour la jeunesse
đ Liste des ouvrages mentionnĂ©s dans lâentretien :
Quand la mer se retire de Jean-Pierre Maugendre : https://renaissancecatholique.fr/bout...
DĂ©fendre lâEurope civilisationnelle de David Engels : https://editions-salvator.com/vie-pol...
Le catholicisme a-t-il encore de lâavenir en France de Guillaume Cuchet : https://www.seuil.com/ouvrage/le-cath...
La fin dâun monde de Patrick Buisson : https://www.albin-michel.fr/la-fin-du...
Soyez rationnel devenez catholique de Matthieu Lavagna : https://mdnproductions.fr/apologetiqu...
Et si câĂ©tait vrai de FrĂ©dĂ©ric Guillaud : https://mdnproductions.fr/accueil/139...
Dieu la science les preuves dâOlivier Bonnassies et Michel-Yves BollorĂ© : https://lyon.maisonbible.fr/72654-die...
Credo de Monseigneur Athanasius Schneider : https://renaissancecatholique.fr/bout...
Sur lâIslam de RĂ©mi Brague : https://www.gallimard.fr/catalogue/su...
La morale remise Ă sa place de RĂ©mi Brague : https://www.gallimard.fr/catalogue/la...
Métamorphoses françaises de JérÎme Fourquet : https://www.seuil.com/ouvrage/metamor...
La compagnie des ombres de Michel de Jaeghere : https://www.lesbelleslettres.com/livr...
1948 : IsraĂ«l, la naissance dâune Nation - Figaro histoire : https://www.lefigaro.fr/histoire/le-n...
PĂšre Elijah de Michael D. OâBrien : https://editions-salvator.com/thrille...
Une Ăle au coeur du monde de Michael D. OâBrien : https://editions-salvator.com/romans-...
Le pari bénédictin de Rod Dreher : https://www.editionsartege.fr/product...
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08/01/2025
Lorsquâelle revient au ministĂšre pour prendre ses affaires en fin de matinĂ©e, un huissier lui fait savoir que le ministre en personne souhaite lui parler. ĂtonnĂ©e, car ce dernier ne lui a jamais adressĂ© la parole et connaĂźt Ă peine son nom, elle se rend Ă son bureau avec apprĂ©hension.
Il lui fait de vifs reproches : « Câest vous, Mademoiselle X ? Vous avez osĂ© discuter une dĂ©cision prise en mâenvoyant quelquâun qui plaide votre cause : vos mĂ©rites, le fait que vous ayez une mĂšre aveugle et un frĂšre infirme â ou lâinverse â, votre discrĂ©tion, votre compĂ©tence, tout cela mâa Ă©tĂ© dit avec passion, en vue de me faire cĂ©der. Or, vous devriez savoir que je dĂ©teste les recommandations. Quâavez-vous Ă rĂ©pondre ? »
AtterrĂ©e, la jeune femme tente de se justifier : « Monsieur le Ministre, je nâai parlĂ© Ă personne de mon renvoi. Je nâai demandĂ© Ă personne de me dĂ©fendre. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. »
Il reprend : « Ne niez pas ! Votre envoyée était là , il y a une heure. Une belle jeune femme, grande, aux yeux verts. Elle portait un voile, une robe de bure marron et un manteau blanc, trop court. »
Alors lâemployĂ©e sort de sa poche une image de ThĂ©rĂšse et la montre au ministre en disant : « Ă celle-lĂ seule, jâai parlĂ©. » « Mais câest elle que jâai vue ! » sâĂ©crie-t-il. « Peut-ĂȘtre, Monsieur le Ministre ; mais elle est morte le 30 septembre 1897, il y a 37 ans ! »
Le ministre bondit alors dans son antichambre, interpellant ses huissiers : « Vous avez laissĂ© entrer chez moi ce matin une jeune femme, et vous mâavez bien vu la reconduire jusquâĂ la porte de sortie. »
« Monsieur le Ministre, aucune jeune femme nâa demandĂ© Ă vous voir. Vous, nous vous avons vu, Ă la porte de votre bureau, vous effaçant comme pour laisser sortir quelquâun, mais vous parliez tout seul⊠»
La jeune femme conserva son emploi.