Le blog du Temps de l'Immaculée.

Saint Thomas d'Aquin et la crise de l'école

30/03/2025

Saint Thomas d'Aquin et la crise de l'école

La tribune propose une relecture des enjeux de la crise de l’école républicaine à travers la pensée de saint Thomas d’Aquin, suggérant que ses idées pourraient offrir des pistes de réflexion pour remédier aux impasses actuelles.

Idées et faits importants :

 

Critique du débat actuel sur l'école : L'auteur critique le débat contemporain sur l'école, illustré par la confrontation entre François Dubet (promoteur de la déconstruction de l'école) et Gabriel Attal (partisan du retour de l'autorité). Il estime que ces deux positions, bien qu'opposées en apparence (inégalités vs. discipline), partagent une vision utilitariste et libérale de l'école, visant à "fabriquer des républicains, engendrer des citoyens éclairés et émancipés de toute appartenance singulière."


L'absence de dimension métaphysique : Tournyol du Clos déplore que le débat actuel soit enfermé dans un horizon politique et ne prenne pas en compte la dimension métaphysique de l'éducation. Il regrette que l'on ne convoque pas des penseurs comme Thomas d'Aquin pour élargir la réflexion au-delà des statistiques et des classements PISA.


Dieu comme enseignant par excellence : Un des premiers arguments de l'auteur est la nécessité de considérer Dieu comme l'enseignant suprême. Il cite le psaume 93 ("Heureux l’homme que tu instruis, Yahvé, et que tu enseignes par ta loi") pour illustrer cette idée. Selon Thomas d'Aquin, se couper de cette "Intelligence première" est une impasse pour la formation des intelligences. L'auteur souligne que la vie chrétienne, avec ses épreuves, vise à conformer l'homme au Christ.


La primauté de la vie spirituelle et mystique : L'article met en avant la vie spirituelle et mystique de Thomas d'Aquin comme fondement de sa vitalité intellectuelle et pédagogique. La citation du Livre de la Sagesse ("J’ai prié, et l’intelligence m’a été donnée ; j’ai invoqué, et l’esprit de sagesse est venu en moi") appuie l'idée que l'intelligence et la sagesse sont des dons reçus d'en haut. L'auteur suggère que cette intuition, au cœur de l'enseignement catholique, manque profondément à l'école laïque.


Le but de l'éducation : la contemplation de la vérité : Pour Thomas d'Aquin, la finalité de l'éducation n'est pas utilitariste mais vise à conduire à l'"état parfait de la vertu", principalement la prudence. L'éducation permet à l'homme de réaliser sa nature rationnelle et sa capacité à contempler la vérité. L'auteur insiste sur le caractère singulier de cette capacité intellectuelle en chaque individu, s'opposant ainsi à une vision purement quantitative ou uniformisée de l'intelligence.


La vérité comme "adequatio rei et intellectus" : L'article rappelle la définition thomiste de la vérité comme "l’adéquation de l’intelligence au réel". Il souligne que le thomisme n'est pas un système philosophique fermé mais une invitation à conformer notre esprit à l'Esprit du Créateur en s'appuyant sur le monde créé. L'auteur cite Chesterton pour illustrer cette approche ancrée dans la réalité observable ("« La philosophie de saint Thomas prend pour point de départ la conviction universelle qu’un œuf est un œuf. »").


La relation pédagogique renouvelée : L'auteur propose une nouvelle perspective sur la relation maître-élève, distincte des visions actuelles (renforcement artificiel de l'autorité ou horizontalité totale). Pour Thomas d'Aquin, le maître n'est pas un simple transmetteur de savoir mais celui qui guide l'élève à développer ses propres capacités intellectuelles par le dialogue, l'enseignement et l'expérience.


Le rôle du maître : guider vers les premiers principes : Le rôle essentiel du maître est d'aider l'élève à comprendre comment les énoncés se rattachent aux "premiers principes", des vérités universelles et évidentes. L'objectif n'est pas de "verser sa science" mais de permettre à l'élève d'accéder à un raisonnement personnel en s'appuyant sur ces principes et l'expérience. ("« L’intellect ne se trompe pas si l’on fait correctement la réduction aux premiers principes. »")


Éloge de la transmission : La tribune conclut en soulignant l'actualité de la pensée de Thomas d'Aquin et son encouragement à la transmission du savoir comme moyen de former des libertés singulières. L'auteur cite une phrase de la Somme théologique pour illustrer cet éloge de la transmission : "« En effet, il est plus beau d’éclairer que de briller seulement ; de même est-il plus beau de transmettre aux autres ce qu’on a contemplé que de contempler seulement. »"


Conclusion 

 

La tribune d'Ambroise Tournyol du Clos propose une critique stimulante des débats contemporains sur l'école en convoquant la pensée de saint Thomas d'Aquin. Elle suggère que pour surmonter la crise actuelle, il est nécessaire de réintroduire une dimension métaphysique dans la réflexion sur l'éducation, de considérer Dieu comme source ultime de l'enseignement, de recentrer le but de l'école sur la contemplation de la vérité, et de repenser la relation pédagogique comme un accompagnement vers le développement de la raison et de la pensée autonome chez l'élève, en s'appuyant sur des principes fondamentaux et l'expérience. La tribune invite ainsi à dépasser les clivages politiques actuels pour envisager une vision plus profonde et spirituelle de l'éducation.

 

Source : le JDD qui semble t il n'est plus seulement le réceptacle des potins parisiens !