Le blog du Temps de l'Immaculée.

Avril 25

MĂšre Marie Skobtsova, une moniale hors du commun

01/04/2025

 MĂšre Marie Skobtsova, une moniale hors du commun

Pour cela, elle est dĂ©portĂ©e en Allemagne et meurt au camp de concentration de RavensbrĂŒck, un Samedi saint, le 31 mars 1945. MĂšre Marie est morte comme elle a vĂ©cu, suivant le Christ jusqu’au Golgotha pour ses bien-aimĂ©s.

 

Les raisons d'y croire


Mùre Marie Skobtsova est quasiment notre contemporaine et il serait difficile de mystifier sa vie et son Ɠuvre.


Alors qu’elle se trouve elle-mĂȘme dans une situation difficile (pauvretĂ©, exil, deuil
), elle fait passer les besoins des autres avant les siens. Seul un amour sincĂšre pour le Christ peut susciter un tel amour du prochain, selon la parole de l’apĂŽtre Paul : « Je ne vis plus mais c’est le Christ qui vit en moi. »

 

DĂ©portĂ©e Ă  RavensbrĂŒck pour avoir aidĂ© des juifs Ă  se cacher, elle meurt dans une chambre Ă  gaz de ce camp de concentration, en prenant volontairement la place d’une femme juive. Son absence de peur vis-Ă -vis de la mort dĂ©montre qu’elle vivait en ayant dĂ©jĂ  un pied dans l’éternitĂ©, n’ayant aucun doute sur la rĂ©alitĂ© de la vie aprĂšs la mort.


Les seules reliques dont nous disposons d’elle sont des objets liturgiques et une icĂŽne, brodĂ©s de ses mains, que l’on peut trouver dans l’église orthodoxe Saint-SĂ©raphin (Paris, France). Cette Ă©glise a Ă©tĂ© ravagĂ©e par un incendie le 17 avril 2022 et ces trois reliques sont les seules Ă  avoir Ă©chappĂ© aux flammes.

 

Auteur : Yustina Panina, théologienne orthodoxe et animatrice radio.

 

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L’Église doit-elle s’enchaĂźner Ă  la culpabilitĂ© ?

01/04/2025

L’Église doit-elle s’enchaĂźner Ă  la culpabilitĂ© ?

Réponse au pÚre Thomas Poussier dans Tribune Chrétienne

Alors que le pĂšre Thomas Poussier appelle Ă  « rĂ©sister Ă  la tentation de tourner la page » des violences sexuelles dans l’Église dans une tribune publiĂ©e par La Croix, journal laĂŻc, politiquement trĂšs orientĂ©  et « spĂ©cialiste de la dĂ©lation des abus  Â» , il est temps de poser la vraie question : jusqu’à quand l’Église devra-t-elle porter un fardeau collectif pour les actes d’une minoritĂ© ? Faut-il entretenir une culpabilitĂ© perpĂ©tuelle pour complaire aux idĂ©ologues ou retrouver la libertĂ© que donne le pardon ?

 

Ce vendredi 28 mars 2025, les catholiques de France sont invitĂ©s, Ă  l’inititive du pape François, Ă  vivre une JournĂ©e de mĂ©moire et de priĂšre pour les personnes victimes d’agressions sexuelles, de violences et d’abus de pouvoir et de conscience au sein de l’Église. Une initiative louable et nĂ©cessaire pour rappeler que chaque souffrance mĂ©rite Ă©coute et compassion.

 

Le pĂšre Thomas Poussier appelle Ă  « rĂ©sister Ă  la tentation de tourner la page » concernant les violences sexuelles dans l’Église, affirmant qu’une telle attitude serait une erreur. Pourtant, cette injonction Ă  un repentir ad vitam pose question. Faut-il donc perpĂ©tuellement entretenir une culpabilitĂ© collective et dĂ©mesurĂ©e pour les actes commis par une minoritĂ©, sous peine d’ĂȘtre accusĂ© de manquer de compassion ou de vouloir minimiser la gravitĂ© des faits ?

 

L’Église a reconnu ses fautes et a entrepris des dĂ©marches de rĂ©paration. Elle a multipliĂ© les efforts pour Ă©couter les victimes, les soutenir et prĂ©venir les abus futurs. Cette dĂ©marche a Ă©tĂ© nĂ©cessaire et salutaire, mais jusqu’oĂč doit-elle s’étendre ? À quel moment est-il lĂ©gitime de dire que l’heure est venue de tourner la page, non par indiffĂ©rence, mais par volontĂ© de vivre la misĂ©ricorde que l’Évangile enseigne ?

 

Le pardon chrĂ©tien n’est pas un acte de dĂ©ni. Il n’implique pas d’oublier ou de banaliser les souffrances endurĂ©es, mais il permet de cesser de vivre sous le joug d’un passĂ© qui paralyse. Comme le dit le Christ lui-mĂȘme : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre PĂšre cĂ©leste vous pardonnera aussi » (Matthieu 6:14).

 

Pardonner, c’est justement refuser de rester prisonnier d’un pĂ©chĂ© collectif, c’est choisir de construire un avenir libĂ©rĂ© des chaĂźnes de la culpabilitĂ©.

 

Insister sur une repentance sans fin, c’est enfermer l’Église dans un discours pĂ©nitentiel perpĂ©tuel. C’est faire porter Ă  tous les catholiques le poids d’actes commis par une minoritĂ©, et ce, pour les siĂšcles des siĂšcles Ă  venir. Une telle posture finit par entretenir une culpabilitĂ© surdimensionnĂ©e et injuste, qui ne reflĂšte en rien la justice divine. L’Église n’a pas Ă  porter le fardeau des crimes de quelques-uns durant des gĂ©nĂ©rations : le Mal existe et existera toujours dans cette vallĂ©e de larmes.

 

DerriĂšre cette volontĂ© de refuser de tourner la page, ne peut-on discerner une intention plus sournoise ? Une volontĂ© farouche d’affaiblir l’Église en la maintenant dans une position perpĂ©tuelle de coupable, comme si elle devait, pour mĂ©riter de subsister, demeurer Ă  genoux dans un mea culpa infini ? À qui profite cet acharnement ? Qui souhaite voir l’Église privĂ©e de sa voix prophĂ©tique, empĂȘchĂ©e d’annoncer l’Évangile sous prĂ©texte d’une culpabilitĂ© sans fin ?

 

Cette posture fait clairement le jeu des ennemis de l’Église qui sont prĂȘts Ă  saisir chaque Ă©vĂ©nement, heureux ou malheureux, pour dresser un vĂ©ritable bĂ»cher des Ăąmes jugĂ©es « non respectables » au sein de l’institution catholique. À la moindre occasion, ils s’empressent de dresser des listes nominatives des « fautifs », de les pointer du doigt, de les accuser avec un zĂšle qui frĂŽle l’obsession.

 

On sent toute la proximitĂ© idĂ©ologique de La Croix avec l’enquĂȘte de Radio France, qui n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  publier une liste nominative d’évĂȘques accusĂ©s de manquements, cette complicitĂ© destructrice est symptomatique d’une vĂ©ritable inquisition idĂ©ologique.

 

Il s’agit avant tout de diaboliser l’Église, de la marquer au fer rouge de la honte collective. La moindre erreur, la moindre maladresse est exploitĂ©e sans aucune nuance, comme si l’objectif Ă©tait moins de rendre justice que de vouer l’institution toute entiĂšre aux gĂ©monies.

 

Rappelons que le Christ est venu pour libĂ©rer et non pour enchaĂźner. En maintenant cette culpabilitĂ© collective sans fin, on empĂȘche l’Église de vivre pleinement sa mission d’évangĂ©lisation, et on la soumet Ă  une pression constante.L’Église doit continuer d’agir pour protĂ©ger les plus vulnĂ©rables, mais elle ne doit pas pour autant s’interdire de cĂ©lĂ©brer la grĂące de la conversion, qui se manifeste aujourd’hui aussi par l’augmentation des catĂ©chumĂšnes. Ce n’est pas un signe de triomphalisme, mais un signe que l’Esprit Saint est toujours Ă  l’Ɠuvre malgrĂ© les Ă©preuves traversĂ©es.

 

Cette JournĂ©e de mĂ©moire et de priĂšre doit demeurer un moment de recueillement et de supplication, non une perpĂ©tuation de la douleur. La priĂšre doit ouvrir Ă  la rĂ©conciliation et Ă  la paix du cƓur, non entretenir l’amertume d’une culpabilitĂ© Ă©ternelle. Il est temps d’affirmer que la page peut ĂȘtre tournĂ©e.

 

« Va et ne pÚche plus » ( Jean 8:1-11)

 

Source : Philippe Marie dans Tribune ChrĂ©tienne 

Rétropédalage américain de l'idéologie woke : une leçon pour l'Eglise

31/03/2025

Rétropédalage américain de l'idéologie woke : une leçon pour l'Eglise

En Italie, parmi les intellectuels, certaines voix Ă©minentes ont commencĂ© Ă  s’exprimer sur un ton autocritique.

 

Le 6 mars, dans une interview accordĂ©e Ă  « la Repubblica » – le principal quotidien de la culture progressiste –, Giuliano Amato , 86 ans, juriste et homme politique de gauche, ancien Premier ministre, ancien prĂ©sident de la Cour constitutionnelle et plusieurs fois candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, attribuait Ă©galement la dĂ©faite Ă  « des dĂ©mocrates convaincus comme moi, qui au cours des cinquante derniĂšres annĂ©es ont soutenu toute bataille progressiste sans se rendre compte avec le temps de l’éloignement croissant, parfois excessif, par rapport aux valeurs traditionnelles qui unissent nos sociĂ©tĂ©s ». C’est-Ă -dire sans comprendre qu’« une dĂ©mocratie libĂ©rale ne s’affaiblit pas si l’on accepte des libertĂ©s plus limitĂ©es et une certaine coexistence avec les valeurs traditionnelles ».

 

A la suite d'Amato, sur un ton encore plus explicite, Ernesto Galli della Loggia , 82 ans, professeur d'histoire contemporaine, écrit dans un éditorial du « Corriere della Sera » du 12 mars :

« Qu'il s'agisse de la reproduction de la vie ou des formes de la mort, des caractéristiques de la parentalité ou de la morale sexuelle, du sens de la famille, de la paix et de la guerre, de la transformation de chaque besoin en droit, toute l'Italie qui se considérait comme progressiste embrassait invariablement le parti du "politiquement correct", avec une attitude de prétendue supériorité, voire d'hostilité pure et simple, envers ceux qui pensaient différemment. »

 

Tout cela sans se rendre compte que, « pour une grande partie des classes populaires, cette hégémonie du « novismo » signifiait une rupture douloureuse avec leur identité, encore profondément enracinée dans le passé pour mille raisons ».

 

Comme Amato, Galli della Loggia a averti les Ă©lites « de ne pas se replier sur elles-mĂȘmes, mais de rester ouvertes et d’écouter toutes les voix de la sociĂ©tĂ©, sans faire taire celles qu’elles n’aiment pas ». Sinon, le vote « les punira tĂŽt ou tard », comme cela s’est produit aux États-Unis avec Trump, Ă  propos duquel « il appartient avant tout aux Ă©lites europĂ©ennes de s’allier Ă  leurs peuples pour contrecarrer leurs plans ».

 

Une troisiĂšme intervention dans la mĂȘme veine fut celle de Giuliano Ferrara , 73 ans, dans « Il Foglio » le 13 mars. Sa voix n'est pas nouvelle pour critiquer le « silence culturel des progressistes », mais cette fois, elle rappelait qu'Amato – bien que non croyant, comme Galli della Loggia et Ferrara lui-mĂȘme – « avait exprimĂ© des doutes, voire davantage, sur l'avortement », lorsque les Ă©lites progressistes cherchaient Ă  en faire « un droit absolu et inconditionnel ».

 

« À cause de ces objections Ă©thiques », a ajoutĂ© Ferrara, « Amato a rencontrĂ© quelques difficultĂ©s, car le progressisme moral peut ĂȘtre agressif et censurĂ©, mais il a agi avec prudence, comme c'est son style, et s'en est sorti indemne. » De plus, « il frĂ©quentait le « Parvis des Gentils », une magnifique institution culturelle conçue sous Ratzinger et Ruini, pour discuter, avec ouverture et non-dĂ©nominationalisme, Ă  l'intĂ©rieur et Ă  l'extĂ©rieur de l'Église, des grandes questions Ă©thiques, parmi lesquelles la fin de vie, qui est l'expression modeste ou euphĂ©miste d'un autre « droit » qui finira bientĂŽt dans une constitution europĂ©enne : le droit de mourir. »

 

Avec un avertissement important, que Ferrara a développé dans un article ultérieur dans « Il Foglio » du 22 mars, reprenant les thÚses du célÚbre essai « La Révolte des masses » (1930) du philosophe espagnol José Ortega y Gasset .

 

Car s’il est vrai que Trump aux États-Unis a capitalisĂ© sur la rĂ©bellion de masse contre les idĂ©ologies des Ă©lites progressistes, il est Ă©galement Ă©vident Ă  quel point ce soutien populaire est devenu un instrument de dĂ©magogie dĂ©bridĂ©e.

 

Dans les annĂ©es 1930, en Europe, la rĂ©bellion des masses a ouvert la voie Ă  de terribles solutions autoritaires. Et aujourd'hui ? Il est crucial, Ă©crit Ferrara, « de trouver un moyen de refonder la culture des Ă©lites et de lancer de nouveaux modĂšles d’agrĂ©gation de masse compatibles avec l’ordre libĂ©ral de la dĂ©mocratie politique. »

 

*

 

Et dans l’Église ? Ici aussi, les formations subordonnĂ©es Ă  l’idĂ©ologie des Ă©lites progressistes ne manquent pas, mĂȘme si elles contredisent leurs propos ou font face Ă  des rĂ©bellions gĂ©nĂ©ralisĂ©es.

 

L'approbation par le Saint-SiĂšge de la bĂ©nĂ©diction des couples de mĂȘme sexe Ă  la fin de 2023 a suscitĂ© des protestations de la part de toutes les confĂ©rences Ă©piscopales d'Afrique subsaharienne, ainsi que de secteurs importants de l'Église sur d'autres continents.

Bien que le pape François se soit prononcĂ© Ă  plusieurs reprises contre l’idĂ©ologie du genre, la vĂ©ritĂ© est que l’opinion publique le perçoit comme beaucoup plus inclusif qu’exclusif. Son image est celle d'un Pape qui ouvre les portes Ă  « tout le monde, tout le monde, tout le monde » et qui s'abstient de tout avertissement ou de toute condamnation, au nom du « qui suis-je pour juger ?

 

De plus, la vision profondĂ©ment anti-occidentale de François – bien documentĂ©e dans le rĂ©cent livre de l’historien Loris Zanatta, « Bergoglio : une biographie politique » – le rend sensible aux principes de la « cancel culture », qui cherche Ă  effacer des siĂšcles entiers d’histoire en les blĂąmant en masse. Sa critique fĂ©roce des traditionalistes renforce Ă©galement son image d’initiateur d’une voie nouvelle et immaculĂ©e pour l’Église, hostile Ă  un passĂ© sombre pour lequel on ne peut que demander pardon.

 

Une soumission retentissante du pape à la « cancel culture » a eu lieu lors de son voyage au Canada en juillet 2022 (voir photo).

 

L'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, dans ce pays, l'existence de fosses communes contenant des centaines d'enfants autochtones enterrĂ©s prĂšs d'Ă©coles catholiques et anglicanes, oĂč ils Ă©taient contraints de rester, maltraitĂ©s et sĂ©parĂ©s de leurs familles et de leurs tribus pour ĂȘtre « rĂ©Ă©duquĂ©s », avait Ă©tĂ© rapportĂ©e en grande pompe. Les tombes n'avaient pas encore Ă©tĂ© dĂ©couvertes ni fouillĂ©es, et une commission d'enquĂȘte avait Ă©tĂ© mise en place pour clarifier les faits, mais des demandes immĂ©diates ont Ă©tĂ© formulĂ©es pour que les Ă©vĂȘques et le pape prĂ©sentent des excuses publiques pour ce crime. C'est ce qui s'est passĂ© avec un François contrit qui, au Canada, s'est exprimĂ© durement contre le colonialisme et le racisme, dont l'Église a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e complice, allant mĂȘme jusqu'Ă  qualifier la mort de ces enfants de « gĂ©nocide ».

 

Tout cela sans aucune preuve de l'existence rĂ©elle de ces tombes, au point qu'aprĂšs trois ans de recherches infructueuses, le gouvernement de Justin Trudeau a fermĂ© la commission d'enquĂȘte dĂ©but mars. Toutefois, les incendies et la destruction de plus de 100 Ă©glises, commis en reprĂ©sailles Ă  ce comportement criminel prĂ©sumĂ©, ont Ă©galement Ă©tĂ© enregistrĂ©s.

 

Une autre violation grave de la « cancel culture » a Ă©tĂ© constatĂ©e lors du synode amazonien d’octobre 2019, une fois de plus contre le colonialisme, dont l’Église serait complice.

 

Pour François, l'un des objectifs de ce synode était de valoriser les tribus amazoniennes dans leur innocence originelle, dans leur « bien vivre » archaïque, dans une heureuse symbiose entre l'homme et la nature, avant qu'elle ne soit corrompue et pervertie par les colonisateurs civils et ecclésiastiques.

 

Seule cette « bonne vie » idyllique s'est avérée inclure, dans certaines tribus, des infanticides et des morts infligées aux personnes ùgées, justifiés par le but déclaré d'assurer un équilibre « dans la taille de la famille et dans l'étendue des groupes » et de « ne pas forcer l'esprit des personnes ùgées à rester enchaßné au corps, sans pouvoir continuer à diffuser ses bienfaits au reste de la famille ».

 

Des paroles prononcĂ©es avec un dĂ©tachement imperturbable par un Ă©vĂȘque amazonien et un expert brĂ©silien appelĂ© comme consultant, lors de deux des confĂ©rences de presse accompagnant les travaux synodaux.

 

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Sandro Magister a été une signature historique, en tant que vaticaniste, de l'hebdomadaire « L'Espresso ».
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