Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Le secret du bonheur de saint Joseph

22/03/2025

Le secret du bonheur de saint Joseph

ien qu’il soit largement connu comme le patron de la « bonne mort », le bonheur de saint Joseph ne s'est pas limitĂ© aux derniĂšres heures de sa vie. En effet, saint Joseph a Ă©galement connu une vie heureuse, malgrĂ© le fait qu’il ait Ă©tĂ© le seul membre de la Sainte Famille Ă  porter le poids du pĂ©chĂ©. Mais qu’est-ce qui rendait la vie de saint Joseph si heureuse ? L’Église compare son bonheur Ă  celui des saints au Paradis, car sur Terre, il lui a Ă©tĂ© permis de voir JĂ©sus-Christ face Ă  face pendant trente ans et de vivre avec lui quotidiennement ! Il a donc eu la grĂące de voir Dieu lui-mĂȘme chaque jour de sa vie !

 

Aujourd’hui, cette grĂące qu’a vĂ©cue saint Joseph est donnĂ©e Ă  chaque homme lorsqu’il franchit le seuil d’une Ă©glise. Son exemple devrait donc encourager les chrĂ©tiens Ă  se rendre rĂ©guliĂšrement devant le Tabernacle, oĂč ils peuvent rencontrer JĂ©sus, cachĂ© sous l'apparence du pain. En vivant chaque jour aux cĂŽtĂ©s de son Fils adoptif, vrai Dieu et vrai homme, saint Joseph a pu suivre son exemple et apprendre de son comportement. Si JĂ©sus a enseignĂ© les huit bĂ©atitudes Ă  ses disciples pendant sa vie publique, saint Joseph les avait sĂ»rement apprises bien avant, en voyant JĂ©sus les vivre dans sa vie quotidienne. 

 

GrĂące Ă  cela, il a pu les pratiquer avec une grande perfection jusqu’à la fin de sa vie, sous le regard de Celui qui devait lui accorder un jour la rĂ©compense Ă©ternelle. Pourquoi alors ne pas demander Ă  saint Joseph son aide pour suivre son exemple et mettre en pratique les bĂ©atitudes ? Si vous recherchez non seulement une « bonne mort » mais aussi le bonheur dans cette vie, priez saint Joseph ! Suivez son exemple, en vous mettant autant que possible en prĂ©sence de JĂ©sus-Christ et en pratiquant les bĂ©atitudes.

 

PriĂšre Ă  saint Joseph :


Je vous salue, Joseph,
Vous que la grùce divine a comblé.
Le sauveur a reposé entre vos bras et grandi sous vos yeux.
Vous ĂȘtes bĂ©ni entre tous les hommes, et JĂ©sus,
l’enfant divin de votre virginale Ă©pouse est bĂ©ni.
Saint Joseph, donné pour pÚre au Fils de Dieu,
priez pour nous dans nos soucis de famille, de santĂ© et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daignez nous secourir Ă  l’heure de notre mort.
Amen.

 

Source : ALETEIA

Le Bon Dieu en haut-débit

21/03/2025

Le Bon Dieu en haut-débit

En effet, le monde a beau vivre des mutations diverses et variĂ©es depuis son origine, le mystĂšre du Calvaire, telle une ancre stabilisatrice, s’offre aux hommes pour les guĂ©rir de leurs agitations parfois contradictoires. La croix, arche du Salut et instrument de notre RĂ©demption, c’est elle, assurĂ©ment, qu’il s’agit de regarder, de vĂ©nĂ©rer et d’embrasser durant ces jours qui nous sĂ©parent du soleil de la PĂąque.

 

Le monde ne cesse de tourner


« Le monde tourne » : dans le contexte actuel il faut se le redire comme autant d’injections qui prĂ©munissent des dangers de l’insouciance ou du dĂ©sengagement. L’actualitĂ©, avec ses vertiges, et le progrĂšs, avec ses mirages, prennent en tenaille nos Ăąmes au point de les menacer d’étourdissement. Des basculements se dessinent sous nos yeux et nous resterions saisis et stupĂ©faits tel un lapin dans la lumiĂšre des phares d’une voiture ?

Depuis le dĂ©rĂšglement mĂ©taphysique provoquĂ© par le pĂ©chĂ© originel, le monde ne cesse de tourner et ce mouvement continuel, Ă  l’image de celui d’une toupie, peut finir par captiver ou immobiliser. Face au dĂ©veloppement exponentiel de l’intelligence artificielle (IA) – et le champ inouĂŻ des possibles qu’elle ouvre –, l’Église se trouve face Ă  l’une de ses plus nobles et plus exigeantes responsabilitĂ©s : assumer son rĂŽle de prophĂšte. Éviter le double piĂšge de l’immobilisme et de la fascination.

 

Se rappeler avec Cocteau qu’« il est possible que le progrĂšs soit le dĂ©veloppement d’une erreur ». Le dĂ©fi n’est pas de petite taille et les enjeux spirituels apparaissent immenses.

Et le CarĂȘme dans tout cela ? En nous enjoignant Ă  nous mettre rĂ©solument Ă  la suite du Christ, Ă  nous configurer Ă  son message de vie, la pĂ©riode liturgique qui prĂ©pare Ă  la cĂ©lĂ©bration de la RĂ©surrection possĂšde une Ă©paisseur spirituelle tout Ă  fait significative. Elle nous remĂ©more que « La croix demeure ». DerriĂšre les tĂ©nĂšbres du mont calvaire, la lumiĂšre du sĂ©pulcre s’annonce. « Ad lucem, per crucem ! »

 

La croix devient un passage obligĂ© dans la mesure oĂč il s’accompagne de son cortĂšge de grĂąces. Les mortifications prennent alors une dimension tout autre. L’ascĂšse et les renoncements joyeux n’en sont que les parties Ă©mergĂ©es du CarĂȘme. L’essentiel est invisible aux yeux. La richesse de la pĂ©dagogie de la liturgie, l’exercice hebdomadaire du chemin de croix chaque vendredi, la gratuitĂ© d’un temps plus consĂ©quent passĂ© avec Dieu participent Ă  rendre plus permĂ©ables nos Ăąmes aux inspirations divines, et Ă  ses bienfaits.

Sur l’observance du CarĂȘme, saint BenoĂźt note avec sagesse au chapitre 49 que si les moines devraient avoir, en tout temps, Ă  cƓur de vivre avec la mĂȘme intensitĂ© spirituelle qu’en CarĂȘme, il recommande Ă  ses frĂšres, qu’au moins durant ces jours saints, ils vivent en bon moine.

 

Revenir aux sources


Sylvain Tesson, au cours de sa promenade mĂ©ditative Sur les chemins noirs, adresse Ă  ses lecteurs diffĂ©rentes remarques dont deux d’entre elles me semblent pouvoir Ă©clairer notre propos. Au sujet des libres penseurs qui s’attellent Ă  desceller les croix des chemins et interdire les statues de Notre-Dame aux angles des rues, l’écrivain voyageur prĂ©vient : « Il ne faut pas s’échiner Ă  dĂ©raciner les choses si l’on n’a rien Ă  replanter Ă  la place. C’est un principe que le moindre agent de l’Office national des forĂȘts saurait expliquer savamment Ă  un agnostique. »

 

Le CarĂȘme vient sarcler nos Ăąmes. Retour aux sources, il plonge le chrĂ©tien jusqu’aux racines du salut qui proviennent de l’arbre de la croix. Toujours il nous faut revenir Ă  cet « Ecce lignum » et cette germination du Golgotha que Dieu a entreprise pour nous sauver.

Au milieu de cette France pĂ©riphĂ©rique dans laquelle il se promĂšne, Tesson touche du doigt ce monde qui tourne avec ses villages qui se vident, ses boutiques qui se ferment, la proximitĂ© qui se perd Ă  mesure que la fibre serpente les campagnes pour y acheminer Internet. Selon lui, « Le haut-dĂ©bit serait une solution fort acceptable Ă  condition qu’il se rĂ©sumĂąt Ă  celui des tonneaux percĂ©s d’un coup de hache dans les caves de Bourgogne » Ă©crit-il, provocateur. Le vin, bien sĂ»r, rĂ©jouit le cƓur de l’homme.

 

Mais il n’y a qu’un haut-dĂ©bit qui prĂ©serve des maux de crĂąne et qui garantisse la dilatation de l’esprit autant que l’élargissement du cƓur, c’est celui des flux divins. Le CarĂȘme en est une terre de gisements. À chacun de s’aventurer dans ce dĂ©sert et de puiser dans cette vaste solitude de quoi se recentrer sur Dieu. Un exercice de raffinage dĂ©licat mais en mesure de tenir toutes ses promesses.

 

PĂšre Danziec 

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L’évĂȘque du Kansas face Ă  une "messe noire"

21/03/2025

L’évĂȘque du Kansas face Ă  une "messe noire"

Mgr Naumann mobilise contre une messe noire


Le communiquĂ© de l’archidiocĂšse prĂ©cise :

« Le culte de Satan est source de troubles, spirituellement nuisible et constitue un affront Ă  tout chrĂ©tien. Les participants ont beau prĂ©tendre que les actes destructeurs et outrageants commis lors d’une “messe noire” relĂšvent de leur libertĂ© religieuse ou de leur libertĂ© d’expression en vertu du Premier Amendement, ces droits ont des limites et ne permettent pas aux individus d’agir par des moyens qui comprennent ou incitent Ă  des comportements illĂ©gaux.

« Nous sommes profondĂ©ment consternĂ©s par le fait que de tels actes blasphĂ©matoires visant Ă  moquer le culte catholique, les croyances de tous les chrĂ©tiens et de ceux qui croient en un seul vrai Dieu soient autorisĂ©s sur le terrain du Capitole de l’Etat du Kansas.

« Nous ne devons pas nous laisser entraĂźner Ă  la colĂšre ou Ă  la violence, car ce serait collaborer avec le diable. Nous devons au contraire aborder cette situation avec une confiance totale en la victoire ultime de Dieu sur Satan, le pĂ©chĂ© et la mort. “Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bĂątirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne prĂ©vaudront point contre elle” (Matthieu 16:18). »

 

Reconsacrer le Kansas au CƓur de JĂ©sus par Marie


La reconsĂ©cration, en prĂ©sence de l’intĂ©gralitĂ© de la ConfĂ©rence catholique du Kansas, aura lieu lors de la messe de l’Annonciation, le 25 mars, cĂ©lĂ©brĂ©e par l’archevĂȘque aux intentions des couples qui attendent un enfant.

 

Par ailleurs, Mgr Naumann a convoquĂ© pour le jour de la messe noire une heure d’adoration eucharistique, Ă  l’issue de laquelle il cĂ©lĂ©brera une messe, dans une Ă©glise proche du lieu du rituel blasphĂ©matoire.

 

Notons une nouvelle fois que les cĂ©rĂ©monies satanistes singent toujours les rites catholiques – preuve que l’Eglise catholique, Ă  travers le culte qu’elle rend au vrai Dieu, est vĂ©ritablement l’ennemie du dĂ©mon.

 

Jeanne Smits dans RITV

DiocÚse de Versailles :record de catéchumÚnes pour 2025

20/03/2025

DiocÚse de Versailles :record de catéchumÚnes pour 2025

Le samedi 9 mars, 340 adultes ont Ă©tĂ© appelĂ©s Ă  la collĂ©giale de Mantes. En rĂ©pondant d’une voix claire « Me voici » Ă  l’appel de leur nom, ils ont marquĂ© leur volontĂ© de vivre pleinement le temps de purification et de rentrer dans la VĂ©ritĂ© du Christ. La remise de l’écharpe violette, qu’ils porteront durant tout le CarĂȘme, a scellĂ© cet engagement spirituel fort. Ils sont dĂ©sormais officiellement inscrits dans le registre des futurs baptisĂ©s, une Ă©tape dĂ©cisive dans leur parcours de foi.

Monseigneur Luc Crepy, Ă©vĂȘque de Versailles, a prononcĂ© une homĂ©lie empreinte de vĂ©ritĂ© et d’espĂ©rance, citant notamment l’ÉpĂźtre aux Romains : « Tout prĂšs de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cƓur. » (Rm 10,8) Il a soulignĂ© que cette proximitĂ© de Dieu est une expĂ©rience d’amour et de salut qui dĂ©construit l’idĂ©e d’un Dieu lointain ou indiffĂ©rent :

 

« Cette proximitĂ© de Dieu qui nous parle, c’est une expĂ©rience d’amour et de salut. Souvent cette proximitĂ© Ă©tonne et surprend car on pense facilement que Dieu est inaccessible, lointain, indiffĂ©rent Ă  ce que nous vivons. Non, c’est tout le contraire, car dĂ©couvrir la proximitĂ© de Dieu nous donne envie d’aller plus loin, de le connaĂźtre, de l’aimer et, comme vous, de demander le baptĂȘme afin de grandir dans la foi. »

 

Le prĂ©lat a Ă©galement exhortĂ© les fidĂšles Ă  mĂ©diter sur l’importance de cet appel Ă  suivre le Christ, qui touche les cƓurs et transforme les vies.

 

La veille, le samedi 8 mars, la cathĂ©drale Saint-Louis de Versailles a accueilli 330 jeunes catĂ©chumĂšnes, accompagnĂ©s de leurs familles et parrains/marraines. L’aprĂšs-midi a Ă©tĂ© rythmĂ©e par des temps de partage et d’enseignement, animĂ©s par Monseigneur Crepy et le PĂšre Delort-Laval, vicaire gĂ©nĂ©ral. Les jeunes ont visitĂ© la cathĂ©drale avant de participer Ă  la cĂ©rĂ©monie solennelle.

L’émotion Ă©tait palpable lorsque, chacun Ă  leur tour, les jeunes se sont levĂ©s pour rĂ©pondre Ă  l’appel de leur nom par un « Me voici » parfois timide, mais toujours sincĂšre. L’enthousiasme est montĂ© d’un cran lorsqu’ils ont clamĂ© d’une seule voix : « Oui, je le veux » aux quatre questions posĂ©es par l’évĂȘque, affirmant ainsi leur dĂ©sir de marcher dans la lumiĂšre du Christ.

 

Ce record de catĂ©chumĂšnes est un signe d’espĂ©rance pour l’Église de France. À une Ă©poque oĂč la foi chrĂ©tienne semble parfois menacĂ©e par l’indiffĂ©rence ou la laĂŻcisation, ce flot de nouveaux baptisĂ©s tĂ©moigne de la puissance de l’appel intĂ©rieur et de la soif spirituelle qui anime les cƓurs. Comme l’a soulignĂ© Monseigneur Crepy, cette rĂ©ponse enthousiaste Ă  l’appel de Dieu est un tĂ©moignage vivant de la proximitĂ© divine, qui ne cesse de rejoindre l’homme lĂ  oĂč il se trouve, mĂȘme au cƓur des tempĂȘtes du monde moderne.

 

Ce nouvel Ă©lan catĂ©chumĂ©nal nous rappelle les paroles du psalmiste : « Le Seigneur a fait tant de choses pour nous, tant de projets et de merveilles. » (Ps 39,6) Que cette promesse de renouveau continue d’inspirer nos paroisses et de raviver la foi de tous les chrĂ©tiens en France.

Mathilde de Virene dans Tribune Chrétienne

Destin d'exception

19/03/2025

Destin d'exception
Comment faire oraison ?

19/03/2025

Comment faire oraison ?

Et saint Jean-Eudes de conclure « Regardez cette affaire comme la plus importante, la plus nĂ©cessaire, la plus pressĂ©e. » La priĂšre la plus profonde et transformante, celle qui peut changer notre vie et le monde avec, est la priĂšre d’oraison. Nous y aspirons sans doute, mais peut-ĂȘtre ne savons pas nous y prendre ? Essayons avec confiance, en Ă©coutant les conseils des saints.
 

Qu’est-ce que l’oraison, pourquoi faire oraison ?


 L’oraison mentale n’est Ă  mon avis qu’un commerce intime d’amitiĂ© oĂč l’on s’entretient souvent seul Ă  seul avec Dieu dont on se sait aimĂ© (sainte ThĂ©rĂšse d’Avila).

 

L’oraison est une prise de contact, une actualisation de l’union surnaturelle que la grĂące Ă©tablit entre Dieu et notre Ăąme, un Ă©change entre deux amours : Dieu amour, prĂ©sent en notre Ăąme, et la grĂące sanctifiante en nous, de mĂȘme nature que lui, qui nous fait ses enfants et nous rend aptes Ă  ce commerce intime avec lui. Dieu est amour mais il est immuable : c’est nous qui devons aller vers lui. Ce mouvement nĂ©cessaire, c’est l’oraison.

 

 La joie chrĂ©tienne est la joie de la prĂ©sence du Christ en notre cƓur, et par Lui de tout le mystĂšre personnel de l’amour de Dieu. Elle est insĂ©parable d’une foi profonde, et d’une charitĂ© rĂ©elle qui donne une certaine connaissance, par connaturalitĂ©, de la Vie qui nous habite ; elle est grandement nourrie par une vie de priĂšre intĂ©rieure et intime (un Chartreux).

 

 L’autel de Dieu est notre cƓur, le feu de l’amour doit toujours y brĂ»ler, et sa flamme monter incessamment vers Dieu (saint GrĂ©goire le Grand).

 L’ñme qui est unie Ă  Dieu, le dĂ©mon la craint comme Dieu lui-mĂȘme (saint Jean de la Croix).

 

Les circonstances : oĂč et quand faire oraison ?


Le vrai lieu de l’oraison est notre cƓur profond : la premiĂšre disposition de la priĂšre est donc le recueillement ; mais notre nature versatile a besoin d’habitudes, d’automatismes qui la ramĂšnent vers Dieu. Il y a des temps et lieux Ă  privilĂ©gier, et surtout une rĂ©gularitĂ© courageuse Ă  adopter pour que tout notre ĂȘtre s’accoutume Ă  vivre de la priĂšre.

 

On peut commencer par consacrer Ă  l’oraison un temps assez court, privilĂ©giant la rĂ©gularitĂ© sur la quantitĂ©. Ne pas se fixer un objectif trop Ă©levĂ©, mais y ĂȘtre fidĂšle, et prier tous les jours. Si l’on arrive Ă  rĂ©server un quart d’heure Ă  la priĂšre intime chaque jour, on peut entrer dĂ©jĂ  dans une vraie vie d’oraison. L’expĂ©rience montre que ce temps doit ĂȘtre pris au maximum le matin, au moment du lever : on consacre ainsi Ă  Dieu les prĂ©mices du jour, on s’assure que ces instants privilĂ©giĂ©s avec lui ne seront pas absorbĂ©s dans le tourbillon de la vie professionnelle ou familiale, et on place toute la journĂ©e sous son regard. Le lieu doit ĂȘtre un lieu calme, silencieux, pour nous aider Ă  Ă©viter trop de distraction : au pied de son lit, devant un crucifix, un coin de priĂšre, dans une Ă©glise qui se trouve sur notre route. L’essentiel est que les sens soient aussi peu mis Ă  contribution que possible, car le lieu du cƓur Ă  cƓur avec Dieu est intĂ©rieur, bien en profondeur, loin de la surface sensible de notre ĂȘtre.

 

En bref il faut prier : 1) tous les jours, 2) si possible dĂšs le matin, 3) en un lieu propice, silencieux.

 

Comment s’y prendre (1) : Se mettre en prĂ©sence de Dieu (l’étincelle – le recueillement)


Faire silence autour de nous et en nous, poser avec la grĂące des actes de foi et d’amour qui entament ce mouvement de descente en notre cƓur profond, qui constituent le recueillement. Ce sont les actes des vertus thĂ©ologales, opĂ©rĂ©s en nous par Dieu, qui nous tournent vers lui. Il faut donc demander cette grĂące du recueillement, il est son Ɠuvre en nous. « L’Esprit-Saint prie en nous » (Rm 8, 26).

 

Le minimum requis de notre part est la volontĂ© de donner son cƓur au Seigneur. Pour sainte Élisabeth de la TrinitĂ© le recueillement est l’essentiel de la priĂšre, dont la source est en nous : la prĂ©sence des trois personnes divines au plus intime de notre Ăąme. Le recueillement nous fait entrer dans la forteresse du cƓur profond, Ă  l’abri des attaques de l’ennemi. Ce cƓur Ă  cƓur est difficile Ă  vivre de maniĂšre constante, alors sainte Élisabeth conseille des pauses attentives, des Ă©lans de l’ñme ; pour elle le modĂšle du recueillement est la Sainte Vierge, qui faisait tout avec son cƓur profond.

 

Ainsi Dieu est prĂ©sent dans les choses matĂ©rielles et leur donne l’ĂȘtre naturel ; dans les crĂ©atures raisonnables, Il a voulu, par une gĂ©nĂ©rositĂ© toute gratuite, ĂȘtre prĂ©sent de telle sorte qu’Il ne leur communiquĂąt pas seulement l’ĂȘtre naturel, mais son ĂȘtre Ă  lui, qu’Il les divinisĂąt (un Chartreux).

Je vais vous donner mon secret : pensez Ă  ce Dieu qui habite en vous, dont vous ĂȘtes le temple (sainte Élisabeth de la TrinitĂ©).

 

La mise de soi en prĂ©sence de Dieu est facilitĂ©e par des dispositions lointaines, par une certaine prĂ©paration : la vie sacramentelle, la rĂ©gularitĂ© dans la priĂšre, la pratique des vertus morales et de la charitĂ© envers autrui, la puretĂ© de la conscience et des intentions, le dĂ©tachement (ne rien attendre de sensible, ne rien dĂ©sirer pour soi, tout faire et offrir pour Dieu). Les dispositions prochaines comptent aussi (le lieu, le temps, un objet, l’attitude corporelle
).

 

Demeurez en moi, et moi en vous (Jn 15, 4).

 La TrinitĂ©, voilĂ  notre demeure, notre « chez nous », la maison paternelle d’oĂč nous ne devons jamais sortir (sainte Élisabeth de la TrinitĂ©).

 

Pensez que vous ĂȘtes en lui, qu’Il se fait votre demeure ici-bas, et puis qu’Il est en vous, que vous le possĂ©dez au plus intime de vous-mĂȘme, qu’à toute heure du jour et de la nuit, dans toutes joies ou Ă©preuves, vous pouvez le trouver lĂ , tout prĂšs, tout au dedans. C’est le secret du bonheur (Sainte Élisabeth de la TrinitĂ©).

 

 Comportez-vous avec Dieu comme avec un PĂšre, un FrĂšre, un MaĂźtre, un Époux (sainte ThĂ©rĂšse d’Avila).

 

 Adorer, c’est voir Dieu en toutes choses, c’est se tenir devant lui, c’est ĂȘtre dans son oraison un enfant qui parle Ă  Dieu comme Ă  son PĂšre (Dom Chautard).

 

 L’ñme se recueille, quand, ramassant toutes ses puissances, elle rentre en elle-mĂȘme pour y trouver Dieu (pĂšre Bernadot).

 

Laissons la mÚre du Carmel récapituler :

 

Pour prier comme il convient, vous savez ce qu’on fait tout d’abord on examine sa conscience, on rĂ©cite le Confiteor et on fait le signe de la croix. AussitĂŽt aprĂšs, mes filles, appliquez-vous puisque vous ĂȘtes seules, Ă  trouver une compagnie. Et quelle meilleure compagnie pouvez-vous trouver que celle du MaĂźtre lui-mĂȘme qui a enseignĂ© la priĂšre que vous devez rĂ©citer (le Pater)? ReprĂ©sentez-vous ce Seigneur auprĂšs de vous.., croyez-moi, ne nĂ©gligez rien pour n’ĂȘtre jamais sans un ami si fidĂšle (sainte ThĂ©rĂšse d’Avila).

 

Comment s’y prendre (2) : Lecture et mĂ©ditation


La clĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e par sainte ThĂ©rĂšse est de savoir orienter les puissances de notre esprit (intelligence, volontĂ©, imagination, mĂ©moire) vers Dieu, pour Ă©viter qu’elles ne viennent perturber ce cƓur Ă  cƓur qui les transcende. Un passage de la Bible, d’un auteur spirituel, peut aider Ă  concentrer notre puissance d’entendement sur ce qui nous porte vers Dieu. La lecture peut ouvrir Ă  la mĂ©ditation en fournissant l’aliment pour cette rumination de la parole de Dieu.

 

Ne pas chercher Ă  lire pour s’informer, pour rĂ©flĂ©chir, pour faire passer le temps. Lire lentement, jusqu’à ce qu’un mot, une phrase nous frappe, puis fermer le livre et chercher l’union Ă  Dieu Ă  partir de lĂ . Le livre n’est qu’un moyen de raviver le feu, un « tison ».

Il faut donc savoir choisir ses « tisons », les passages qui nous feront entrer dans l’oraison, savoir varier lorsque c’est nĂ©cessaire, connaĂźtre ses amis spirituels, sa « famille d’ñme » (PĂšre JĂ©rĂŽme). Les sources principales doivent ĂȘtre, par ordre relatif d’importance : l’Écriture Sainte, les textes liturgiques qui en sont l’interprĂ©tation par l’Église, le catĂ©chisme qui rĂ©sume tout cela, les Ă©crits des PĂšres, des Docteurs et des saints, les auteurs spirituels. Parmi ces derniers il faut mentionner le livre qui a marquĂ© l’histoire de toute la chrĂ©tientĂ© occidentale, dont de trĂšs nombreux saints ont fait l’aliment de leur mĂ©ditation quotidienne (sainte ThĂ©rĂšse de l’Enfant-JĂ©sus par exemple) : l’Imitation de JĂ©sus-Christ. 

 

Une fois le foyer allumĂ© au « tison », il faut en attiser la flamme, c’est la mĂ©ditation. Ce peut ĂȘtre la rumination lente et attentive d’une parole divine, ce peut ĂȘtre une rĂ©flexion sur un passage d’évangile. La mĂ©ditation peut ĂȘtre aidĂ©e par une image, physique ou seulement mentale. Saint Ignace de Loyola recommande ainsi dans ses exercices la « composition de lieu » : se reprĂ©senter le cadre d’un enseignement du Christ peut aider Ă  s’en pĂ©nĂ©trer plus profondĂ©ment. Sainte ThĂ©rĂšse d’Avila aimait elle aussi Ă  revivre des scĂšnes Ă©vangĂ©liques : la rencontre de la samaritaine, l’agonie au jardin
 Elle enseignait ainsi la nĂ©cessitĂ© de toujours « vivre en la sociĂ©tĂ© du divin maĂźtre », de demeurer en sa prĂ©sence, de « se tenir aux pieds de JĂ©sus-Christ. »

 

On peut prendre appui sur le point de dĂ©part de la mĂ©ditation pour tirer des consĂ©quences s’appliquant Ă  notre vie : « Seigneur, qu’avez-vous Ă  me dire », commençait par prier Charles de Foucauld, puis il terminait par une offrande de soi : « Seigneur, que vous dirai-je maintenant ? » concluait-il.

 

Comment s’y prendre (3) : Contemplation


Lorsque le feu de l’amour divin est allumĂ© en notre Ăąme, il faut se laisser Ă©clairer par lui, rester paisible sous l’illumination de la vie des trois Personnes en notre Ăąme. C’est alors la contemplation, que le pĂšre JĂ©rĂŽme dĂ©finissait comme « une communication obscure de Dieu Ă  l’ñme, rendant l’ñme amoureuse. » Et le trappiste commente que cette communication n’est pas une parole mais une aide divine, une grĂące qui Ă©lĂšve l’ñme. Elle est obscure car elle n’est ordinairement pas perçue. « Dieu lui mĂȘme la produit au fond de l’ñme ordinaire sans que rien ne le rĂ©vĂšle. »

 

La contemplation n’est pas de notre fait, elle n’est pas acquise mais infuse : elle est donnĂ©e par Dieu, elle est opĂ©rĂ©e en nous par lui. Elle est l’activitĂ© en nous de l’amour divin, par les trois vertus thĂ©ologales. Elle requiert de notre part une grande humilitĂ©, docilitĂ© sous l’action divine, qui n’est pourtant pas une passivitĂ© : le recueillement est une attention du cƓur, une dĂ©possession de soi, mais pour ĂȘtre entiĂšrement disponible Ă  Dieu, ouvert Ă  l’action de sa grĂące. Sainte Jeanne de Chantal conseille Ă  l’ñme de se tenir immobile en prĂ©sence du MaĂźtre, comme une toile devant l’artiste qui doit l’animer d’un dessin vivant

 

 Dieu ne serait pas la BontĂ© et la Sagesse infinies si, recherchant, exigeant notre intimitĂ©, Il ne nous donnait pas en mĂȘme temps les moyens de communiquer avec lui. Ces moyens dont nous pouvons ĂȘtre absolument sĂ»rs, et qui permettent d’entrer en contact immĂ©diat avec Dieu, ce sont les vertus thĂ©ologales et les dons qu’elles entraĂźnent.

 

Par la foi, nous adhĂ©rons Ă  la vĂ©ritĂ© de la vie divine, qui nous est proposĂ©e. Par la charitĂ©, cette vie devient nĂŽtre. Par l’espĂ©rance, nous sommes certains, avec l’aide de la grĂące, de la vivre toujours davantage, et d’en obtenir la possession immuable au Ciel.

 

Voilà l’essentiel de toute oraison solide et profonde (un Chartreux).

 

Comment s’y prendre (4) : S’offrir, rayonner de l’amour reçu : le colloque


L’oraison doit se conclure par un renouvellement des actes de foi, d’espĂ©rance et d’amour posĂ©s en nous par Dieu. Elle irradie ainsi de la chaleur reçue dans toute notre vie. Saint Ignace insiste sur les derniers moments de la mĂ©ditation, qu’il appelle le « colloque ». Ce sont les derniers mots de la conversation amoureuse, Ă©changĂ©s « comme un ami parle Ă  un ami. »

 

« Priez sans cesse » : L’oraison continuelle


La priĂšre ne s’arrĂȘte pourtant pas au bout du temps que nous avions prĂ©vu de consacrer Ă  l’oraison : la contemplation continue moins sensiblement mais rĂ©ellement en chacune de nos actions, car la prĂ©sence de Dieu en nous ne cesse pas pour autant que l’on y porte une attention moins soutenue. La pratique rĂ©guliĂšre et courageuse de l’oraison nous enseignera au contraire Ă  conserver autant que possible le sentiment de cette habitation d’amour en notre Ăąme, tout au long de nos journĂ©es. C’est l’expĂ©rience habituelle de la prĂ©sence de Dieu, don immense que nous demandons dans la priĂšre. Le frĂšre Laurent de la RĂ©surrection, carme parisien du XVIIe siĂšcle, employĂ© aux tĂąches les plus humbles dans les cuisines du couvent, en donne l’exemple en rayonnant d’une saintetĂ© discrĂšte mais profonde. Il s’agissait pour lui « d’ĂȘtre toujours avec Dieu et de ne rien faire, de ne rien dire et de ne rien penser qui lui puisse dĂ©plaire », et cela par de frĂ©quents « retours intĂ©rieurs Ă  Dieu », par « ce petit regard intĂ©rieur sur lui », par une offrande du cƓur renouvelĂ©e de temps en temps au cours de la journĂ©e, dĂšs que possible.

 

Cette habitation de la priĂšre peut ĂȘtre entretenue par la pratique des oraisons jaculatoires, que saint Jean Cassien dĂ©crivait comme « un secret que nous ont laissĂ© quelques uns de nos anciens pĂšres ». Il s’agit de formules simples, Ă  rĂ©pĂ©ter au long de nos journĂ©es, en s’aidant pourquoi pas de petits moyens matĂ©riels, comme ces versets de la loi que portaient les hĂ©breux attachĂ©s devant le front, ou encore ces franges faites Ă  leurs vĂȘtements pour ne pas oublier les commandements du Seigneur. Les saints avaient chacun leurs formules favorites, la Sainte Écriture, la liturgie, les litanies approuvĂ©es par l’Église en recĂšlent de magnifiques, et nous pouvons nous constituer notre recueil propre : « JĂ©sus », « JĂ©sus, Amour », « Mon Seigneur est mon Dieu », « JĂ©sus, je vous aime », « JĂ©sus, je suis votre sauvĂ© pour l’éternitĂ© », « Seigneur secourez-moi », « Seigneur ayez pitiĂ© de moi », « JĂ©sus, misĂ©ricorde », « CƓur de JĂ©sus, ayez pitiĂ© de moi », « CƓur de JĂ©sus, j’ai confiance en vous », « Marie, Maman », « Marie, mon avocate », « Marie, protĂ©gez moi » 

Cette pratique rejoint celle de la priĂšre du cƓur, chĂšre aux chrĂ©tiens orientaux et connue aussi sous le nom d’hĂ©sychasme : la priĂšre perpĂ©tuelle, rĂ©pĂ©tition inlassable, sur les lĂšvres et dans le cƓur, de la formule « Seigneur JĂ©sus-Christ, ayez pitiĂ© de moi. »

 

Puisqu’il s’agit de durer dans la priĂšre, pratiquons soit la priĂšre vocale, lentement rĂ©pĂ©tĂ©e (oraisons jaculatoires, chapelet), soit l’oraison contemplative, ou un libre mĂ©lange des deux. Seules, en effet, ces formes de priĂšre peuvent obtenir le rĂ©sultat recherchĂ© : exciter la vertu de foi juste assez pour lui permettre de veiller, supporter sans perte les longues Ă©tapes, exercer l’amour peu senti, infusĂ© par Dieu (pĂšre JĂ©rĂŽme Kiefer).

 

Source : Claves

Qui est vraiment saint Joseph ? L'analyse du Club des Hommes en noir

18/03/2025

Qui est vraiment saint Joseph ? L'analyse du Club des Hommes en noir

Le rĂȘve de saint Joseph

18/03/2025

Le rĂȘve de saint Joseph

... mais parce que l’expression de « petite SƓur » suffisait largement Ă  la dĂ©signer. Et puis saint Joseph a l’habitude de s’éclipser, quand il a rempli son rĂŽle, et de laisser seulement dans les Ăąmes l’amour de la vie cachĂ©e.

 

Toute menue dans son ample habit aux plis innombrables, la tĂȘte emprisonnĂ©e dans un voile blanc qui encadrait son fin visage, la « petite SƓur » Ă©tait la providence des marmots, dans un village d’Auvergne oĂč ses supĂ©rieures l’avaient envoyĂ©e.

 

 

DĂšs l’ñge de cinq Ă  six ans, les enfants se dirigeaient Ă  petits pas vers le vieux couvent oĂč la petite SƓur les accueillait d’un sourire. Ce sourire Ă©tait leur coqueluche ! Les tout-petits le regardaient bĂ©atement, comme si c’était un sourire de paradis qu’ils se souvenaient d’avoir vu dans leurs premiers rĂȘves. Ils souriaient, eux-aussi, prĂȘts Ă  toutes les sagesses, pour que le sourire de la petite SƓur restĂąt longtemps en place.

 

On ne voyait pas les oreilles de la petite SƓur. C’était le seul mystĂšre qui rendĂźt perplexes les admirateurs du sourire. L’un d’eux se hasarda un jour Ă  poser tout haut la question qui les hantait tous.

 

— Dites ! Ma SƓur, vous n’avez pas d’oreilles
 Comment que vous entendez ? 
— Mes oreilles ? Elles sont lĂ  ! dit la petite SƓur en dĂ©gageant son voile. Et elles sont bonnes !

— Et pourquoi que vous les cachez ? Nous, on les a bien dehors !

— Ah ! Mes enfants, je les cache pour qu’elles restent bien petites et qu’elles n’entendent que les choses qui en valent la peine
 Vous comprendrez plus tard. Allons ! Venez autour de moi, vous allez lire.

 

Et les tĂȘtes blondes ou brunes se courbaient tout autour de la petite SƓur, dont les genoux supportaient le livre aux grandes lettres noires.

 

Depuis longtemps, la petite SƓur caressait un rĂȘve, un rĂȘve si beau qu’elle s’étonnait elle-mĂȘme de l’avoir, et qui la suivait partout ; Ă  la messe, au rĂ©fectoire ; mais c’était surtout en classe qu’il la tracassait, quand son regard errait sur les tĂȘtes blondes ou brunes, comme un souffle lĂ©ger qui passe sur des Ă©pis mĂ»rissants. Elle songeait alors Ă  la moisson qui lĂšve au soleil. Et la moisson lui suggĂ©rait l’idĂ©e du moissonneur qui se penche sur les Ă©pis et rentre le soir, joyeux, en portant les lourdes gerbes. Ce spectacle lui rappelait, Ă  son tour, la parole de JĂ©sus : « La moisson est abondante ; les ouvriers sont peu nombreux ; priez le maĂźtre de la moisson qu’il envoie des ouvriers Ă  son champ. »

 

Et le rĂȘve de la petite SƓur prenait corps. Elle en devenait toute rougissante. Elle en perdait mĂȘme le fil de la lecture.

Son rĂȘve ! C’était que l’un de ces enfants auxquels elle apprenait Ă  lire devĂźnt prĂȘtre et qu’elle y fĂ»t pour quelque chose.

— Tu t’es trompĂ©, Pierre. C’est B‑A, BA qu’il faut lire ; alors ! recommence, mon petit.

Et les bambins s’étonnaient de sa voix si douce, alors qu’une juste impatience pointait d’ordinaire dans ses paroles, aux erreurs de lecteur. Et ils levaient les yeux sur la petite SƓur, car ils savaient que c’était dans ces moments-lĂ  que le plus dĂ©licieux sourire animait son visage.



Un jour, n’y tenant plus, elle confia son rĂȘve Ă  saint Joseph. Elle n’était pas assez forte pour porter un pareil secret. Il fallait que saint Joseph l’aidĂąt.

« Voyez-vous, saint Joseph, j’ai peur parfois de ce rĂȘve. Je ne suis qu’une petite SƓur de rien du tout. J’apprends Ă  lire Ă  des enfants et je suis incapable de faire mieux. Pourtant s’il se pouvait qu’un jour l’un de ces enfants dont je guide le petit doigt sur le livre de lecture, fĂ»t l’un de ceux dont les mains consacrĂ©es Ă©lĂšvent le Corps de JĂ©sus sur l’autel ! Comme je serais heureuse ! Je vous demande donc, si ce rĂȘve est bon, de me le faire savoir d’une maniĂšre ou d’une autre. J’en ferai volontiers le sacrifice, si vous en trouvez Ă  redire. »

Un matin, le cƓur de la petite SƓur fut soumis Ă  une rude Ă©preuve, au point qu’elle en perdait le souffle. Et cette Ă©motion lui venait de Roger. De Roger ! La plus pĂ©tulante de ses jeunes ouailles ! Le seul qui eĂ»t, dans le fond de sa poche, des terrifiants objets : des boules de poil Ă  gratter qu’il Ă©crasait dans le cou de ses camarades, et au printemps, des boĂźtes d’allumettes d’oĂč, au beau milieu de la classe, s’envolait un hanneton, muni Ă  son arriĂšre-train d’une nacelle en papier, comme un dirigeable !

— Roger ! C’est mon purgatoire
 affirmait la petite SƓur.

Et c’est Roger qui
 Mais voici les faits.

Aprùs la classe, ce matin-là, il s’approcha de la petite SƓur, agrippa sa robe et l’entraüna dans un coin de la salle.

— Dites, ma SƓur, je veux vous dire


— Que veux-tu me dire, Roger ?

— Je veux vous suivre partout !

— Me suivre partout ?

La petite SƓur leva les yeux vers le plafond en riant de bon cƓur. Elle pensait que la prĂ©sence de Roger, aux heures de classe, Ă©tait bien suffisante pour elle !

— Et pourquoi veux-tu me suivre partout ?

— 
 pour porter un habit comme vous.

— Ah !

— Oui
 et puis dire la messe, comme M. le CurĂ©.

— Tu voudrais dire la messe comme M. le CurĂ© ! rĂ©pĂ©ta la petite SƓur, dĂ©jĂ  toute Ă©mue.

— Oh oui ! murmura l’enfant.

Le soir, la petite SƓur eut un long entretien avec saint Joseph. Elle conclut ainsi :

— Est-ce votre rĂ©ponse, grand saint ?
 VoilĂ  ce que m’a dit Roger. Je sais bien : c’est un enfant ! Un enfant de sept ans ! Et puis, quel diable ! Mais si c’est la volontĂ© de Dieu qu’il devienne prĂȘtre ! Quand il m’a dit : « Oh oui ! », j’ai Ă©tĂ© toute bouleversĂ©e. Et en mĂȘme temps, j’ai vu tant de lumiĂšre dans son regard ! Alors, n’est ce pas ? Je vais prier pour cela.

Les annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es. La vieillesse a atteint la petite SƓur sans nuire Ă  son sourire. Elle a quittĂ© depuis longtemps le village d’Auvergne oĂč elle a enseignĂ© l’alphabet.

 

Un jour de fĂ©vrier 1934, elle reçut d’un sĂ©minaire de Belgique oĂč il achevait ses Ă©tudes de thĂ©ologie, une lettre de Roger, lui annonçant sa prochaine ordination sacerdotale. C’est par hasard que Roger avait appris que la petite SƓur Ă©tait encore de ce monde. Il ne l’avait pas oubliĂ©e. Elle non plus, du reste. Ils se souvenaient l’un l’autre, du « oui » prononcĂ© jadis dans la salle de classe et aprĂšs vingt ans de silence, ils se retrouvaient


 

Quelle fut la joie de la petite SƓur ? Il serait peut-ĂȘtre facile de la dĂ©crire. Mais il vaut mieux lui laisser la parole. Voici, mot Ă  mot, les lignes qu’elle rĂ©pondit :

« Mon cher enfant, C’est la derniĂšre fois que je te tutoie. Je t’ai connu tout petit. Tu avais six ans Ă  peine quand ta maman te conduisit dans ma classe. Je t’appris Ă  lire et Ă  dire tes premiĂšres priĂšres. Dans quelques jours, tu seras prĂȘtre. Quand tu liras sur le Missel les priĂšres de la Messe, pense que c’est moi qui t’ai appris Ă  lire ces lettres, Ă  Ă©peler ces mots, Ă  lire ces phrases. Maintenant, je puis dire Ă  Dieu, comme le vieillard SimĂ©on : « Venez chercher votre servante, elle a vu votre gloire se lever dans l’un de ses enfants. Elle lui a appris Ă  dire votre nom. Et cette derniĂšre leçon n’a pas Ă©tĂ© oubliĂ©e. » Aujourd’hui, mon enfant, tu la rĂ©cites mieux que moi, mais c’est tout de mĂȘme grĂące Ă  moi que tu peux la dire. Il y a lĂ  peut-ĂȘtre de l’orgueil. Mais tu ne saurais croire combien, dans la solitude de ma vieillesse, l’annonce de ton ordination m’a fait doux au cƓur. »

 

Et rompant tout à coup avec ce tutoiement qui ne lui semble plus de mise, la petite SƓur termine ainsi :

« Mon enfant, mon petit prĂȘtre, bĂ©nissez-moi. »

Quelques mois aprĂšs cette histoire, la petite SƓur partait pour le paradis avec ce sourire que nous aimions tant. Les tĂȘtes blondes et brunes des petits anges doivent l’entourer d’un cercle qui lui rappelle celui d’autrefois. Elle n’a pas de livre de lecture ouvert sur ses genoux. On n’apprend pas Ă  lire aux anges. Mais comme ils sont, ainsi que les petits des hommes, friands de belles histoires, la petite SƓur Saint-Joseph (elle a maintenant son nom au complet !) leur en raconte une qui commence ainsi : « La moisson Ă©tait abondante, les ouvriers Ă©taient peu nombreux. Alors j’ai priĂ© le maĂźtre du champ d’envoyer un ouvrier Ă  sa moisson
 et voici comment cela s’est passé  »

 

Georges d'Aurac

 

L'ultime sentence, le procĂšs de la souffrance

17/03/2025

L'ultime sentence, le procĂšs de la souffrance

Si nous comprenons aisĂ©ment la souffrance qui dĂ©coule de nos propres erreurs, celle qui frappe sans raison apparente reste un mystĂšre troublant. Pourquoi JĂ©sus lui-mĂȘme a-t-il choisi d’embrasser la souffrance ? Quel rĂŽle joue-t-elle dans nos vies ?

 

À travers une fiction captivante, ce film met en scĂšne un procĂšs hors du commun : celui de la souffrance elle-mĂȘme. Le Jugement dernier vient d’avoir lieu, et Dieu a dĂ©finitivement Ă©cartĂ© le dĂ©mon. Il convoque alors l’humanitĂ© pour une  ultime audience oĂč la souffrance devra rendre des comptes. Saint Michel prĂ©side ce procĂšs en tant que juge, assistĂ© de Saint Gabriel et Saint RaphaĂ«l. La souffrance, incarnĂ©e sous une forme humaine, est appelĂ©e Ă  tĂ©moigner : d’oĂč vient-elle ? Que fait-elle ? Quel est son vĂ©ritable rĂŽle dans l’histoire de l’humanitĂ© ?

 

Avec une distribution soignĂ©e, le film rĂ©unit SolĂšne Van Accoleyen dans le rĂŽle de la Souffrance, Jean-RenĂ© Privat (Marseille, Les Petits Mouchoirs
) en Saint Michel, François Larrous Carreras en avocat gĂ©nĂ©ral, ainsi que Vincent Peytou et Jean-Cassien Jacquemin dans les rĂŽles de Saint Gabriel et Saint RaphaĂ«l. Un film percutant et profond qui pousse Ă  la rĂ©flexion.

 

Produit par "Entre nous film" et "En plein coeur", diffusĂ© par  Saje Productions 

 

Dossier de presse : https://74be289d-fad7-473c-9388-a2547...

Description sur Allociné : https://www.allocine.fr/film/fichefil...

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PĂšre RenĂ©-Luc , prĂȘtre missionnaire du diocĂšse de Montpellier
Site Web : https://enpleincoeur.org

 

 

Le Ciel, l'Enfer et nos Proches

17/03/2025

Le Ciel, l'Enfer et nos Proches

L'auteur, Ronan Archier, propose qu'au Ciel, la nature de notre bonheur et notre sensibilité seront transformées et alignées avec la volonté divine. L'article aborde également l'incertitude quant au nombre de personnes en enfer et souligne que les avertissements du Christ sur l'enfer visent à la conversion personnelle plutÎt qu'à la satisfaction de notre curiosité.


L'article commence par reconnaĂźtre notre rĂ©action instinctive de rĂ©volte face Ă  la pensĂ©e que des ĂȘtres chers puissent souffrir Ă©ternellement. L'auteur pose la question : "L’idĂ©e que des proches soient en enfer nous rĂ©vulse alors que nous sommes encore pĂ©cheurs. Comment, en Ă©tant saints, pourrions-nous nous rĂ©jouir, alors que ceux-ci souffrent mille tourments ?"


Un point central est la distinction entre notre expĂ©rience terrestre et la rĂ©alitĂ© du Ciel. L'auteur insiste sur le fait qu'au Ciel, nous entrerons dans une rĂ©alitĂ© totalement diffĂ©rente et que projeter nos conceptions actuelles sur l'Ă©ternitĂ© future est une source de confusion. "De nombreuses confusions seraient levĂ©es si nous ne projetions pas sur l’éternitĂ© future des conceptions liĂ©es Ă  notre vie prĂ©sente."


Le Ciel est décrit comme une "participation à la Béatitude de Dieu infiniment heureux", une joie parfaite, absolue et inaltérable, qualitativement différente de notre bonheur terrestre.


Selon Saint Thomas d'Aquin, citĂ© dans l'article, notre sensibilitĂ© au Ciel ne sera pas de la mĂȘme nature que sur terre. Les passions dĂ©sordonnĂ©es disparaĂźtront, et notre sensibilitĂ© sera ordonnĂ©e Ă  la volontĂ© de Dieu. "Au Ciel, nous serons dĂ©livrĂ©s de cette sensibilitĂ© maladive. Nous serons parfaitement Ă©quilibrĂ©s psychologiquement. Notre dĂ©licatesse, notre douceur, notre sensibilitĂ© seront dĂ©cuplĂ©es, mais ordonnĂ©es Ă  la volontĂ© de Dieu qui fait tout avec bontĂ© et avec amour."


Ainsi, face à la justice de la condamnation, les bienheureux pourraient ressentir de l'amertume, mais surtout la joie de voir la juste miséricorde de Dieu accomplie.


L'article aborde la difficulté de concevoir l'éternité de la peine infernale, soulignant que nous la comprenons souvent à tort comme une prolongation indéfinie du temps terrestre.
Citant de nouveau Saint Thomas d'Aquin, l'auteur Ă©crit : "« Nous ne pouvons-nous faire une idĂ©e de l’éternitĂ© qu’à partir du temps » ".


C.S. Lewis est également cité pour son idée que l'enfer est davantage une question de "finalité" que de "durée" infinie, une ùme "éternellement fixée dans son attitude diabolique". Il met en garde contre l'image mentale du Ciel et de l'enfer coexistant dans un temps linéaire.


L'article rappelle que nous ignorons le nombre de personnes en enfer et surtout qui s'y trouve. Si le Christ a averti que "« Large et spacieux est le chemin qui mĂšne Ă  la perdition, et il en est beaucoup qui le prennent. »", l'interprĂ©tation de "beaucoup" est relative Ă  la perspective divine. De plus, l'article soulĂšve la question de l'identitĂ© des damnĂ©s : une personne damnĂ©e conserve-t-elle ce qui nous la rendait proche sur terre, ou n'est-elle plus que "haine et orgueil" ?


L'auteur conclut que les paroles du Christ sur l'enfer ne visent pas Ă  satisfaire notre curiositĂ©, mais Ă  provoquer la conversion et Ă  Ă©veiller nos cƓurs. Ce sont des avertissements personnels.


Citant Ă  nouveau C.S. Lewis, l'article insiste sur le fait que la rĂ©flexion sur la damnation doit avant tout nous concerner personnellement : "« dans toutes les discussions sur l’enfer, nous devons garder fermement prĂ©sente Ă  l’esprit l’idĂ©e de la damnation possible, non pas de nos ennemis ou de nos amis – car l’une et l’autre troublent notre raison –, mais de nous-mĂȘmes. Ce chapitre ne concerne ni votre femme ni votre fils, il ne concerne ni NĂ©ron, ni Judas l’Iscariote ; il nous concerne vous et moi » ".


En conclusion, l'article "Au Ciel, peut-on supporter qu’il y ait des proches en enfer ?" ne prĂ©tend pas offrir une rĂ©ponse dĂ©finitive Ă  cette question difficile. Il invite plutĂŽt Ă  une rĂ©flexion profonde sur la nature du Ciel, de l'Ă©ternitĂ© et de la transformation de notre ĂȘtre dans l'au-delĂ . En distinguant notre comprĂ©hension humaine limitĂ©e de la rĂ©alitĂ© divine, l'auteur suggĂšre que la bĂ©atitude cĂ©leste transcende notre sensibilitĂ© actuelle et que la justice et la misĂ©ricorde de Dieu seront pleinement comprises et acceptĂ©es par les bienheureux. L'article sert Ă©galement de rappel Ă  la nĂ©cessitĂ© de la conversion personnelle face Ă  la possibilitĂ© rĂ©elle de la damnation.

 

Source : France Catholique

 

“Aujourd’hui, l’Occident meurt par manque de sens, de but, de Dieu”

16/03/2025

“Aujourd’hui, l’Occident meurt par manque de sens, de but, de Dieu”

Vous commencez votre livre en Ă©voquant les phĂ©nomĂšnes paranormaux, considĂ©rant que nous ne savons plus les voir. Est-ce Ă  dire que nous vivons dans une sociĂ©tĂ© dĂ©senchantĂ©e ? 

 

Oui, c’est la condition moderne. Par « dĂ©senchantĂ©e », j’entends une sociĂ©tĂ© oĂč la conscience de Dieu et des choses spirituelles est marginale par rapport Ă  notre conscience. Au Moyen Âge, tout Ă©tait chargĂ© de la puissance de Dieu. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Dieu ne nous a pas abandonnĂ©s – nous l’avons abandonnĂ©. Comme je l’explique dans le livre, ce voyage vers le dĂ©sert spirituel a pris des siĂšcles et a isolĂ© l’homme occidental, loin de l’expĂ©rience partagĂ©e par la plupart de l’humanitĂ©. Si vous voulez connaĂźtre le caractĂšre de la dystopie dans laquelle ce pĂšlerinage vers le nihilisme nous a entraĂźnĂ©s, lisez les romans prophĂ©tiques de Michel Houellebecq !

Soumission a Ă©tĂ© une inspiration pour mon nouveau livre. Dans le roman, François, le protagoniste, se rend Ă  Rocamadour dans l’espoir de redĂ©couvrir sa foi catholique perdue. Il assiste Ă  une messe, entend TaizĂ© chanter et commence Ă  vivre une expĂ©rience mystique. Mais il perd courage, se convainc que cela doit ĂȘtre dĂ» Ă  quelque chose qu’il a mangĂ©, quitte l’église, retourne Ă  Paris et se convertit cyniquement Ă  l’islam. J’ai Ă©crit Comment retrouver le goĂ»t de Dieu dans un monde qui l’a chassĂ© pour des gens comme François, pour les aider Ă  comprendre que lorsqu’ils reçoivent une thĂ©ophanie chrĂ©tienne comme celle-lĂ , ils doivent lui faire confiance.

 

Quand la perception du sacrĂ© a-t-elle commencĂ© Ă  s’effondrer en Occident ?

 

Cela a commencĂ© au Haut Moyen Âge, lorsque la doctrine philosophique du nominalisme – selon laquelle il n’y a pas de sens intrinsĂšque, pas de logos, enchĂąssĂ©s dans la matiĂšre – a vaincu le rĂ©alisme mĂ©taphysique dans le dĂ©bat. Cela a prĂ©parĂ© le terrain pour la RĂ©forme et surtout pour la rĂ©volution scientifique. S’il n’y a pas de sens intrinsĂšque donnĂ© par Dieu Ă  la matiĂšre, alors nous pouvons en faire ce que nous voulons. Comme le dit l’écrivain athĂ©e contemporain Yuval Noah Harari, au dĂ©but de la modernitĂ©, nous avons Ă©changĂ© le sens contre le pouvoir. Puis sont arrivĂ©s Descartes, avec sa sĂ©paration corps-esprit, les LumiĂšres, le marxisme et tout le reste.

 

Mais tout a commencĂ© lorsque l’homme occidental a abandonnĂ© sa croyance dans la nature sacramentelle de la rĂ©alitĂ© : que toute la CrĂ©ation est une icĂŽne de Dieu, Ă  travers laquelle Dieu peut ĂȘtre connu. Nous sommes en effet devenus trĂšs riches et puissants – mais spirituellement appauvris. Aujourd’hui, l’Occident meurt par manque de sens, de but, de Dieu. [
]

 

Je suis frappĂ© par une phrase de BenoĂźt XVI : le chemin le plus efficace vers Dieu aujourd’hui n’est pas la raison, mais l’art chrĂ©tien (beautĂ© esthĂ©tique) et les saints (beautĂ© morale). Dans les deux cas, nous rencontrons les vĂ©ritĂ©s du christianisme par nos sens. On ne peut pas refuser la puissance de la beautĂ©. Pour ma part, ce fut une rencontre bouleversante Ă  17 ans avec la cathĂ©drale de Chartres et qui a marquĂ© le dĂ©but de mon pĂšlerinage vers la foi. Un autre point dĂ©cisif est venu sept ans plus tard, quand, jeune journaliste, j’ai interviewĂ© un prĂȘtre ĂągĂ© que je crois ĂȘtre un saint. Dans les deux cas, ces thĂ©ophanies m’ont rĂ©vĂ©lĂ© Dieu et ont attirĂ© mon intelligence vers lui. Tout le monde peut visiter Chartres. La plupart d’entre nous connaissent au moins une personne sainte. Mais voyons-nous vraiment ces lieux et ces gens pour ce qu’ils sont vraiment : des fenĂȘtres sur le paradis ? Nous pouvons voir si nous le voulons – et dans le livre, je parle de moyens d’aiguiser notre perception de la prĂ©sence de Dieu. Dans la conversion, la volontĂ© compte plus que l’intellect.

 

Un miracle de la transmission de la foi

16/03/2025

Un miracle de la transmission de la foi

Les chrĂ©tiens sont ensuite violemment persĂ©cutĂ©s pendant plus de deux cents ans : certains d’entre eux meurent martyrs lors d’exĂ©cutions publiques, d’autres continuent de pratiquer leur foi en secret. Il est vĂ©ritablement exceptionnel que, dans ces circonstances, la foi en Christ ait pu se transmettre sur dix gĂ©nĂ©rations jusqu'Ă  ce que le pay mette fin Ă  l'isolement.

 

Les raisons d'y croire :
Le christianisme a Ă©tĂ© introduit au Japon en 1549 par saint François-Xavier et s’est dĂ©veloppĂ© rapidement. Bien qu’il s’agisse d’une religion Ă©trangĂšre trĂšs diffĂ©rente du bouddhisme et du shintoĂŻsme pratiquĂ©s jusqu’alors, on compte jusqu’à 30 000 chrĂ©tiens en 1570 et 150 000 dix ans plus tard. Si bien qu’une cinquantaine d’annĂ©es seulement aprĂšs le dĂ©barquement des premiers missionnaires, ils sont dĂ©jĂ  300 000 chrĂ©tiens japonais.


Mais le christianisme est interdit en 1614. Les shoguns s’ingĂ©nient Ă  Ă©radiquer cette religion : organisation d’un systĂšme de surveillance du voisinage, prime Ă  la dĂ©lation, torture pour pousser Ă  l’apostasie, utilisation rĂ©guliĂšre de la mĂ©thode du fumi-e pour repĂ©rer les chrĂ©tiens qui refusent de piĂ©tiner les images de JĂ©sus et de la Vierge Marie... MalgrĂ© la rĂ©pression violente et durable, le christianisme ne s’éteint pas : des Japonais parviennent Ă  demeurer chrĂ©tiens en secret et forment de petites communautĂ©s clandestines.


Les priĂšres qui leur avaient Ă©tĂ© apprises sont en latin et, Ă  cause des persĂ©cutions, il n’est pas possible de conserver d’écrits. Les communautĂ©s chrĂ©tiennes sont donc coupĂ©es du reste de l’Église, sans prĂȘtres, sans catĂ©chisme, sans bibles, sans livre de priĂšres
 Dans de telles conditions, il aurait Ă©tĂ© logique que le christianisme japonais disparaisse en l’espace de quelques dizaines d'annĂ©es. Les exemples dont nous disposons ailleurs, dans des circonstances similaires, montrent qu’habituellement, la langue et la religion se perdent au bout de trois gĂ©nĂ©rations.


Le Japon ne s’ouvre Ă  nouveau aux Ă©changes avec les nations Ă©trangĂšres que deux cent vingt annĂ©es plus tard, en 1853, mais le christianisme est alors toujours interdit aux Japonais. Un jeune prĂȘtre des Missions Ă©trangĂšres de Paris, le pĂšre Bernard ThaddĂ©e Petitjean (1829 – 1884) dĂ©barque Ă  Nagasaki. Le 17 mars 1865, il voit un groupe de femmes s’approcher, et l’une d’elles lui demande : « OĂč est la statue de la Vierge ? » À la grande surprise du prĂȘtre, le groupe rĂ©cite ensuite l’Ave Maria en latin. La femme explique au prĂȘtre : « Notre cƓur est semblable au vĂŽtre », et elle ajoute qu’il y en a beaucoup comme eux derriĂšre les collines. Ni le pĂšre Petitjean ni aucun autre occidental n’aurait osĂ© espĂ©rer que des chrĂ©tiens soient encore prĂ©sents sur la terre nipponne.

 

En effet, dans plusieurs villages de la rĂ©gion de Nagasaki, les Kakure kirishitan (« chrĂ©tiens cachĂ©s ») ont miraculeusement rĂ©ussi Ă  transmettre leur foi au Christ au fil des gĂ©nĂ©rations. Certes, leur façon de pratiquer comprend plusieurs Ă©lĂ©ments d’acculturation, les influences shintoĂŻste et bouddhiste ayant permis de camoufler leur foi illicite. Cependant, un bon nombre de rites et de priĂšres ont Ă©tĂ© fidĂšlement conservĂ©s : des psalmodies, le calendrier liturgique, la dĂ©votion Ă  la Vierge Marie, le dogme de la vie aprĂšs la mort, la vĂ©nĂ©ration des martyrs
 et surtout, le sacrement du baptĂȘme.


Les premiers missionnaires chrĂ©tiens n’ont eu le droit de rester sur le sol japonais que quarante ans. Puis pendant deux siĂšcles, le christianisme est violemment rĂ©primĂ©. L’existence de plusieurs dizaines de milliers de chrĂ©tiens japonais au dĂ©but du XIXe siĂšcle est donc plus qu’improbable : cela semble impossible. Le pape de l’époque, Pie IX, apprenant ces faits, dĂ©clare que ce qui s’est produit autour de Nagasaki est « le miracle de l’Orient », un miracle que l’on peut attribuer Ă  la grĂące de leur baptĂȘme et Ă  la Vierge Marie. En effet, dans certaines communautĂ©s, le chapelet a Ă©tĂ© priĂ© quotidiennement.

 

En 2018, douze sites des chrĂ©tiens cachĂ©s de la rĂ©gion de Nagasaki ont Ă©tĂ© inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO sous ce motif : « Ces sites apportent un tĂ©moignage unique sur la tradition culturelle particuliĂšre nourrie par les chrĂ©tiens cachĂ©s de la rĂ©gion de Nagasaki, qui transmirent secrĂštement leur foi chrĂ©tienne pendant la pĂ©riode d’interdiction, du XVIIe au XIXe siĂšcle. »

 

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Note sur l'image.
Ce tableau reprĂ©sente le massacre de Nagasaki en 1622, au cours duquel plus de 55 chrĂ©tiens furent exĂ©cutĂ©s. Ce massacre est devenu connu sous le nom de Grand Martyre de Genna . Parmi les victimes figuraient des EuropĂ©ens, des Japonais et des CorĂ©ens. Des missionnaires sont attachĂ©s Ă  des pieux dans un foyer ; des samouraĂŻs armĂ©s de sabres dĂ©capitent des familles chrĂ©tiennes. La foule comprenait des EuropĂ©ens, des Chinois, des Africains, ainsi que des Japonais. La prĂ©cision des dĂ©tails suggĂšre qu'il a Ă©tĂ© peint par un tĂ©moin oculaire. Les arbres Ă  l'arriĂšre-plan rappellent ceux des peintures japonaises sur paravent, et cette Ɠuvre a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© montĂ©e Ă  l'origine comme un rouleau ou un paravent.

Iftar royal : Charles III et l'islam Ă  Windsor

14/03/2025

Iftar royal : Charles III et l'islam Ă  Windsor

L'ancien chapelain de la reine Elizabeth, Gavin Ashenden, a exprimĂ© son dĂ©saccord, y voyant un signe de prĂ©fĂ©rence du roi pour l'islam au dĂ©triment du christianisme, d'autant plus que Charles est le chef de l'Église d'Angleterre.

 

Ashenden souligne les différences fondamentales entre les deux religions, notant que l'islam se réclame d'un chef de guerre tandis que le christianisme suit un Sauveur.

 

Le texte explore Ă©galement les liens passĂ©s de Charles III avec le soufisme et son intĂ©rĂȘt manifeste pour la culture et la finance islamiques, suggĂ©rant une  admiration de sa part pour cette religion. 

 

L'événement de l'iftar à Windsor est présenté comme un geste symbolique fort, indiquant que l'islam a, selon le roi, toute sa place au Royaume-Uni.

 

En conclusion, l'article questionne la signification de ces actions royales au regard de son rÎle de défenseur de la foi chrétienne.

 

L'article complet de Jeanne Smits sur RITV

Maria Valtorta, grande visionnaire ou romanciĂšre exceptionnelle

14/03/2025

Maria Valtorta, grande visionnaire ou romanciĂšre exceptionnelle

Elle est connue pour avoir Ă©crit « Le poĂšme de l'Homme-Dieu », une Ɠuvre monumentale rassemblant prĂšs de 700 visions et dictĂ©es qu'elle dit avoir reçues de JĂ©sus-Christ et de la Vierge Marie. Ce que conteste une sĂ©rie de prises de position d'autoritĂ©s de l'Église catholique. Mais une lettre rĂ©cente, encore peu connue, signĂ©e de la main du pape François, encourage Ă  faire connaĂźtre activement Maria Valtorta et son « Ɠuvre littĂ©raire » pour « le bien de l'Église et de la sociĂ©tĂ© ».

 

 

 

 

 

Un court communiquĂ© du Vatican sur les Ă©crits de la mystique catholique italienne Maria Valtorta vient de mettre en Ă©moi le petit monde catholique français. Le texte publiĂ© en italien par le DicastĂšre pour la Doctrine de la Foi (ex Saint-Office), en date du 22 fĂ©vrier dernier, indique que « les prĂ©tendues visions et rĂ©vĂ©lations contenues dans les Ă©crits de Maria Valtorta (...) ne peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme d'origine surnaturelle ». Les grands mĂ©dias catholiques et WikipĂ©dia ont relayĂ© l'information en Ă©voquant une « condamnation » de l'Ɠuvre principale de Maria Valtorta, intitulĂ©e en français « L'Évangile tel qu'il m'a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© » (le titre originel italien « Le poĂšme de l'Homme-Dieu », sans doute meilleur, ne donne pas l'impression de concurrencer l'Evangile). Mais il semble que le communiquĂ© du Vatican n'apporte, en rĂ©alitĂ©, rien de nouveau. Comme une note de la ConfĂ©rence des ÉvĂȘques de France, qui avait dĂ©jĂ  mis en garde, en 2021, contre l'idĂ©e que de telles « mĂ©ditations » puissent remplacer l'Évangile , il s'inscrit dans une longue sĂ©rie de rĂ©serves et de controverses entre des institutions et personnalitĂ©s d'Église - jusqu'au pape François lui-mĂȘme - au sujet de cette mystique qui connait un succĂšs d'Ă©dition croissant.

 

En rĂ©alitĂ©, la derniĂšre enquĂȘte du Vatican sur Maria Valtorta date de 1959, et elle aboutit l'annĂ©e suivante Ă  une mise Ă  l'Index de ses Ă©crits. La censure du Saint-Office avait, Ă  l'Ă©poque, des rĂ©ticences envers les mystiques et elle s'opposa aussi Ă  sainte Faustine Kowalska (mise Ă  l'Index en mars 1959), Ă  saint Padre Pio (combattu Ă  partir de juillet 1960), ou Ă  mĂšre Yvonne-AimĂ©e de Malestroit (procĂšs interrompu en juin 1960 car « trop de miracles »). Mais l'Église ne prĂ©tend aucunement Ă  l'infaillibilitĂ© dans ce type de jugement : en canonisant Padre Pio et Faustine Kowalska, elle reconnaĂźt les manques de discernement passĂ©s, comme cela arrive souvent. On peut citer Ă  ce sujet le cas emblĂ©matique de Jeanne d'Arc, condamnĂ©e Ă  ĂȘtre brĂ»lĂ©e vive sur la base de 70 faux chefs d'accusation, qui sera finalement canonisĂ©e 500 ans plus tard, ou l'exemple de Medjugorje, combattu et dĂ©clarĂ© « non surnaturel » pendant des dĂ©cennies, avant de recevoir finalement en 2024, le plus haut degrĂ© d'approbation possible selon les nouvelles normes.

 

Ce qui interroge aujourd'hui, c'est que le texte du Vatican affirme que les visions de Maria Valtorta « ne peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme d'origine surnaturelle » et qu'elle ne serait en fait qu'une romanciĂšre trĂšs imaginative. Or, ses 9 000 pages Ă©crites Ă  la main, d'une traite, sans la moindre rature, dĂ©crivent 750 personnages dont 230 validĂ©s par des sources historiques (comme le montre le dictionnaire publiĂ© par François-Michel Debroise et son site encyclopĂ©dique), 70 groupes ethniques, 220 villages, 110 sites gĂ©ographiques, 150 plantes, 200 espĂšces animales, 50 espĂšces minĂ©rales et 24 000 dĂ©tails concrets vĂ©rifiĂ©s et validĂ©s sans erreurs ni anachronismes par Jean-François LavĂšre qui, de son cĂŽtĂ©, a publiĂ© sur la gĂ©ographie extraordinaire des visions. On aurait pu arguer que cela pouvait aussi venir du diable, ou ĂȘtre mĂȘlĂ©, mais comment une femme clouĂ©e au lit aurait-elle pu « romancer » tout cela, seule, sans aide, grĂące Ă  de simples « mĂ©ditations » ?

 

Plus Ă©tonnant encore : le polytechnicien Jean Aulagnier a pu reconstituer un « calendrier de JĂ©sus au jour le jour. » À partir des 5 000 indications spatio-temporelles contenues dans les visions, il est parvenu Ă  dĂ©terminer la date de chaque scĂšne de l'Évangile dans notre calendrier actuel (datations consultables sur le site Valtorta.fr). A sa grande stupĂ©faction, il a ensuite constatĂ© que cette reconstitution Ă©tait parfaitement cohĂ©rente avec le calendrier des phases lunaires (indĂ©pendant) sur plus d'une centaine de visions qui dĂ©crivent la position et les phases de la Lune. Il y a vu, parmi bien d'autres dĂ©tails sidĂ©rants, « une preuve Ă  la saint Thomas » du caractĂšre surnaturel de cette Ɠuvre unique au monde qui mĂ©rite, selon lui, d'ĂȘtre « bien plus largement connue ».

 

Les rĂ©serves du Vatican sont Ă©galement tempĂ©rĂ©es par d'autres prises de position importantes : le pape Pie XII a lu l'Ɠuvre et a dit : « Publiez, qui lira comprendra » ; aprĂšs sa mort, le corps de Maria Valtorta a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© en 1973 dans la basilique de la Santissima Annunziata de Florence ; depuis quelques annĂ©es, Mgr Giulietti, l'Ă©vĂȘque du diocĂšse de Maria Valtorta, cĂ©lĂšbre l'anniversaire de son dĂ©cĂšs avec des homĂ©lies de plus en plus positives : « Ce qu'elle Ă©crit, dans certaines parties, ne peut pas ĂȘtre simplement d'origine naturelle » ; et last but not least, en rĂ©ponse Ă  un envoi du professeur Liberato di Caro (cf. son interview Ă  1h03'00), Don Ernesto Zucchini et la Fondation Maria Valtorta ont reçu de la SecrĂ©tairerie d'Etat du Vatican, une lettre signĂ©e du pape François, datĂ©e du 24 fĂ©vrier 2024 : « Je vous encourage Ă  poursuivre avec enthousiasme votre mission de faire connaĂźtre la vie de Maria Valtorta et son Ɠuvre littĂ©raire, et tout ce qu'elle peut offrir pour le bien de l'Église et de la sociĂ©tĂ©. En avant ! »

 

On peut aussi se rĂ©fĂ©rer aux grands thĂ©ologiens et sommitĂ©s mondiales qui l'ont Ă©tudiĂ©e. Par exemple, le pĂšre Gabriel Roschini (1900-1977), de renommĂ©e internationale, fondateur de l'Institut thĂ©ologique pontifical Marianum Ă  Rome, auteur de 125 livres : « "La mariologie qui se dĂ©gage des Ă©crits de Maria Valtorta a Ă©tĂ© pour moi une vraie dĂ©couverte. Aucun autre Ă©crit marial, pas mĂȘme la somme de tous ceux que j'ai lus et Ă©tudiĂ©s, n'avait Ă©tĂ© en mesure de me donner sur Marie, chef-d'Ɠuvre de Dieu, une idĂ©e aussi claire, aussi vive, aussi complĂšte, aussi lumineuse et aussi fascinante, Ă  la fois simple et sublime. »

 

En 2011, Mgr RenĂ© Laurentin (1917-2017) se positionna aussi favorablement. Expert au Concile et mariologue de rĂ©putation internationale, il a jugĂ© Maria Valtorta comme Ă©tant la plus crĂ©dible des quatre grandes mystiques examinĂ©es lors de son Ă©tude comparative rĂ©alisĂ©e avec François-Michel Debroise. Et pour le bienheureux Gabriel Maria Allegra (1907-1976), prĂȘtre, bibliste et linguiste franciscain, fondateur du Studium Biblicum Franciscanum Ă  Hong Kong, bĂ©atifiĂ© en 2012 par BenoĂźt XVI, l'Ɠuvre est un « Ă©crin de trĂ©sors cĂ©lestes » : « Je ne crois pas qu'il soit sage et juste de rester indiffĂ©rent devant de tels trĂ©sors. »

 

Alors, plus grande visionnaire du monde ou romanciĂšre extraordinaire ? A vous de choisir, mais peut-ĂȘtre faut-il pour cela ouvrir le dossier et suivre la recommandation de saint Paul : « N'Ă©teignez pas l'Esprit Saint, ne mĂ©prisez pas le don de prophĂ©tie, mais vĂ©rifiez tout, et ce qui est bon, gardez-le » (1 Th 5,19-21). Les Ă©crits de Maria Valtorta, qui touchent de plus en plus de monde, ne doivent Ă©videmment jamais ĂȘtre mis au niveau des Evangiles, qui sont pour les chrĂ©tiens uniques et normatifs ; ils mĂ©ritent cependant notre attention, car il n'y a aucun Ă©quivalent de cette Ɠuvre dans toute la littĂ©rature mondiale. Mais, comme ce sujet dĂ©chaĂźne les passions, ceux qui s'y intĂ©ressent devraient se souvenir du sage conseil de saint Ignace de Loyola : « Sur l'essentiel, l'unitĂ© ; sur le reste, la libertĂ© ; en tout, la charitĂ©. »

 

Olivier Bonnassies
(Polytechnicien, Cofondateur d'Aleteia, de Marie de Nazareth et de 1000 raisons de croire)

 

 

Chemin de croix avec le Christ prĂȘtre

13/03/2025

Chemin de croix avec le Christ prĂȘtre

PremiÚre station : Jésus est condamné au tribunal de Pilate.
Innocent, JĂ©sus est condamnĂ© Ă  mort. Les juifs, Pilate, HĂ©rode, la foule : tous ne font plus qu’un pour condamner JĂ©sus. Et pourtant tous proclament son innocence. Judas lui-mĂȘme avoue avoir livrĂ© le sang innocent.

C’est qu’au-delĂ  des condamnations humaines, il est une autre rĂ©alitĂ©, toute divine. Le Christ ainsi livrĂ© n’est pas seulement victime, Il est surtout celui qui se donne, librement, d’une volontĂ© pleine et entiĂšre. On ne lui enlĂšve pas la vie, Il la livre : « Ma vie, nul de me l’îte, c’est moi qui la donne ». Il est l’acteur principal de ce sacrifice, Il est prĂȘtre ! PrĂȘtre, Il donne sa vie pour le salut du monde, en rĂ©mission des pĂ©chĂ©s de tous : Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi. Ainsi s’accomplit le sacrifice, lĂ  est le cƓur du sacerdoce de Notre Seigneur JĂ©sus-Christ. PrĂȘtre, il sauve le monde.

O JĂ©sus souverain PrĂȘtre, nous Vous prions pour tous vos prĂȘtres, afin que chacun d’eux se donne toujours plus Ă  Vous, pour le salut du monde. Nous vous prions aussi pour que beaucoup de jeunes s’enthousiasment de votre sacerdoce qui sauve le monde ; qu’ils se donnent Ă  Vous, pour qu’en eux Vous puissiez perpĂ©tuer ici-bas votre sacerdoce.

 

DeuxiÚme station : Jésus est chargé du bois de la Croix.
« Mon PĂšre, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi ; cependant, non pas comme je le veux, mais comme vous le voulez. » AprĂšs s’ĂȘtre renoncĂ© lui-mĂȘme, voici que le Christ porte sa Croix. Il se donne non seulement en paroles, mais en actes : Il porte sa Croix jusqu’à l’ultime dĂ©nouement.

« Ce n’est pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur », mais ceux qui font la volontĂ© de mon PĂšre qui entreront dans le Royaume des Cieux » (Mt 7, 21). Pour avoir ainsi accompli la volontĂ© concrĂšte de son PĂšre, JĂ©sus nous ouvre les portes du Ciel.

O JĂ©sus souverain PrĂȘtre, nous Vous prions pour ceux qui ont l’honneur de Vous suivre dans le sacerdoce. Vous en avez fait les amis de la croix, et nous savons que parfois vous ne les mĂ©nagez pas. Nous vous prions, afin que toujours ils puisent dans votre amour la force d’embrasser la croix. Nous Vous le demandons, car de leurs croix offertes dĂ©pend notre pardon, de leur don concret d’amour dĂ©pend notre salut.

 

TroisiĂšme station : JĂ©sus tombe une premiĂšre fois.
AccablĂ© en son humanitĂ© par une longue nuit d’agonie et d’ignominie, Notre Seigneur tombe. Il n’apparaĂźt plus comme le Dieu fort et puissant, mais dans la fragilitĂ© humaine qu’Il a voulu revĂȘtir. Loin de l’aider, les bourreaux se dĂ©chaĂźnent, et Ă  coups redoublĂ©s le forcent Ă  se relever.

Parce qu’il demeure un homme, le prĂȘtre aussi peut parfois tomber. Fils d’Eve, n’a‑t-il pas hĂ©ritĂ© tout autant que moi des blessures de l’humanitĂ© dĂ©chue ?

O JĂ©sus souverain PrĂȘtre, donnez-moi de ne jamais me comporter comme vos bourreaux, de ne jamais critiquer le prĂȘtre fragilisĂ©, de ne jamais l’accabler sous les coups acerbes de ma langue si souvent mĂ©disante. Loin d’épier sa chute d’un instant ou de m’arrĂȘter Ă  considĂ©rer ses dĂ©fauts, donnez-moi de toujours contempler en lui votre visage. C’est pour moi que tous les jours il donne sa vie.

 

QuatriĂšme station : JĂ©sus rencontre sa TrĂšs Sainte MĂšre.
O JĂ©sus, en ce long chemin de croix, Vous vous ĂȘtes associĂ© Notre-Dame, votre trĂšs sainte MĂšre. Elle est lĂ , au bord du chemin, sur votre route ; mais aussi sur la route de tout prĂȘtre, l’accompagnant sur le long chemin de sa vie sacerdotale. Car vous l’avez associĂ©e Ă  tout prĂȘtre : « Femme, voici ton Fils », lui avez-vous dit en dĂ©signant saint Jean, tout jeune prĂȘtre. « Et celui-ci la prit chez lui. » Qui dira l’intimitĂ© spirituelle existant entre Notre-Dame et le prĂȘtre ?

O JĂ©sus souverain PrĂȘtre, par vos mĂ©rites et ceux de votre TrĂšs Sainte MĂšre, nous Vous demandons pour tous vos prĂȘtres non seulement une chastetĂ© de corps, mais plus encore une chastetĂ© de cƓur, une virginitĂ© d’ñme Ă  l’instar de Notre-Dame. Apprenez-nous Ă  respecter cette virginitĂ© d’ñme, Ă  ne pas nous accaparer le prĂȘtre par une affectivitĂ© simplement humaine. Car c’est dans leur chastetĂ© d’ñme qu’ils fĂ©condent Dieu dans les pauvres fils d’Ève.

 

CinquiĂšme station : Simon de CyrĂšne aide JĂ©sus Ă  porter la Croix.
JĂ©sus-Christ ne voulut pas ĂȘtre seul Ă  porter sa croix. Quoique seul RĂ©dempteur, Il s’est fait aider par Simon de CyrĂšne. De mĂȘme, Notre-Seigneur n’a pas voulu laisser seul le prĂȘtre dans le magnifique accomplissement de sa tĂąche sacerdotale. A beaucoup d’ñmes non consacrĂ©es, il propose d’ĂȘtre des Simon des CyrĂšne, des Ăąmes qui Ă  leur place participeraient spirituellement, et pourquoi pas matĂ©riellement, au grand mystĂšre confiĂ© au prĂȘtre, celui de la RĂ©demption. A ces Ăąmes, il est simplement demandĂ© d’ĂȘtre donnĂ©es intĂ©rieurement, et parfois extĂ©rieurement dans la dĂ©pendance du prĂȘtre.

O JĂ©sus souverain PrĂȘtre, montrez-nous la beautĂ© de notre devoir d’état de pĂšre ou de mĂšre de famille, d’étudiant ou d’enfant ; Ă  le vivre fidĂšlement par amour de l’Église et pour le salut des Ăąmes. Ainsi nous deviendrons des Simon de CyrĂšne, secondant spirituellement le prĂȘtre dans son Ɠuvre sanctificatrice. Donnez-nous aussi de savoir l’aider concrĂštement, Ă  chaque fois que le besoin s’en fera sentir.

 

SixiĂšme station : Sainte VĂ©ronique essuie la Face de JĂ©sus.
Le sang, les coups et la poussiĂšre dĂ©figurent la face de JĂ©sus. A sa place, Ă  sa maniĂšre, VĂ©ronique vole au secours de JĂ©sus. Et le miracle s’accomplit, son voile est marquĂ© de la divine effigie.

Souvent, le visage de l’Église est comme dĂ©figurĂ© par les insultes et outrages que ses ennemis lui assĂšnent sans vergogne, parfois mĂȘme de l’intĂ©rieur. A l’image de sainte VĂ©ronique, ayons un grand amour de l’honneur de l’Église, de l’honneur du sacerdoce ; quoiqu’il en soit de la faiblesse des hommes. L’ardeur que nous mettrons Ă  dĂ©fendre cet honneur nous fera dĂ©couvrir la beautĂ© de l’Église en sa divine splendeur.

 

SeptiĂšme station : JĂ©sus tombe une deuxiĂšme fois.
JĂ©sus, Ă  nouveau, tombe. La foule crie. Cette meute de chiens hurlants semble se repaĂźtre de son sang. Ils ne savent pas que bientĂŽt, les prĂȘtres consacreront quotidiennement le sang du Christ, in remissionem peccatorum. Et nombre de ces chiens d’aujourd’hui, une fois convertis, viendront boire de ce sang, mais dans l’humilitĂ© du repentir. Ainsi ils obtiendront la vie Ă©ternelle, par le ministĂšre du prĂȘtre : « Celui qui mange ma chair et bois mon sang Ă  la vie Ă©ternelle ».

Beaucoup crient aujourd’hui contre la papautĂ© et le sacerdoce. Beaucoup croient l’Église arrivĂ©e Ă  sa dĂ©cisive agonie, et s’en rĂ©jouissent. Mais parmi tous ceux-lĂ , plusieurs se laisseront finalement vaincre par le mystĂšre d’amour de la croix rĂ©demptrice. « Seigneur, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». En effet, « Ils nous croient mourants, alors que nous sommes plein de vie ; ils nous tiennent pour tristes, quand nous sommes toujours joyeux ; comme n’ayant rien, tandis que nous possĂ©dons tout » (2 Co 6, 10).

O JĂ©sus, Souverain PrĂȘtre, ouvrez leurs yeux, guĂ©rissez la cĂ©citĂ© de leur cƓur, et par la puissance de votre croix, ramenez-les Ă  la vraie foi.

 

HuitiĂšme station : Les filles de JĂ©rusalem pleurent sur JĂ©sus
JĂ©sus console les filles de JĂ©rusalem : « Ne pleurez pas sur moi, mais sur vous et vos enfants. Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ? » JĂ©sus console : « Ne pleurez pas » ; mais JĂ©sus est clair en ses menaces, en ses appels Ă  la componction : « Pleurez sur vous et vos enfants, car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ? »

O JĂ©sus Souverain PrĂȘtre, donnez Ă  tout vos prĂȘtres autant de douceur que de fermetĂ© face Ă  l’erreur et au mal ; alliez en eux bontĂ© et vĂ©ritĂ©, qu’ils soient embrasĂ©s de foi et consumĂ©s de charitĂ©. D’eux, vous avez fait nos guides et nos pasteurs pour parvenir jusqu’au Ciel. Faites que nous sachions reconnaĂźtre votre voix Ă  travers la leur, et quand Vous parlez, Vous obĂ©ir Ă  travers eux.

 

NeuviĂšme station : JĂ©sus tombe une troisiĂšme fois.
Plus que les douleurs physiques, ce sont les souffrances morales de l’agonie qui ont le plus affaibli JĂ©sus. Et, au sortir de la ville, tandis que dĂ©jĂ  apparaĂźt le Golgotha, Notre-Seigneur tombe Ă  nouveau.

Qui dira les souffrances secrĂštes du prĂȘtre, les tentations du dĂ©sert et de la solitude ? Celles oĂč le prĂȘtre, souffrant profondĂ©ment des pĂ©chĂ©s ou de la mĂ©diocritĂ© de son peuple, est assailli par le dĂ©mon du dĂ©couragement ?

O JĂ©sus, c’est pour chacun d’eux que nous Vous prions. Sans nous en rendre compte, nous sommes la cause de leurs souffrances. Nous les savons aussi en butte Ă  la haine toute particuliĂšre et ĂŽ combien insidieuse du dĂ©mon. Faites que jamais ils ne se lassent ni ne se dĂ©couragent, mais qu’ils nous mĂšnent jusqu’au sommet du Golgotha, c’est-Ă -dire au sommet de l’amour divin.

 

DixiĂšme station : JĂ©sus est dĂ©pouillĂ© de ses vĂȘtements.
O JĂ©sus souverain PrĂȘtre, en cette station, nous vous demandons bien sĂ»r pardon pour ces prĂȘtres qui se sont rendu indignes du sacerdoce, qui par leurs mauvaises mƓurs sont devenus objet de scandale et non plus de RĂ©demption.

Mais en cette station, nous venons aussi prier pour tous les prĂȘtres dont on mĂ©prise la dignitĂ© sacerdotale, pour tous ceux qui sont persĂ©cutĂ©s, pour tous ceux qui, quelquefois du fond de leur prison, offrent en union avec vous l’extrĂȘme dĂ©nuement extĂ©rieur auquel on les a rĂ©duits. Seigneur, dans l’excĂšs de leurs tribulations, gardez-les forts, gardez-les saints. Ils sont la gloire de votre sacerdoce, gardez-les sans tache.

 

OnziÚme station : Jésus est cloué à la Croix.
JĂ©sus est attachĂ© Ă  la Croix. DĂ©sormais, le prĂȘtre et la croix sont insĂ©parables. Le prĂȘtre est l’homme de la croix. A la suite de saint Paul, ils redisent chacun en eux-mĂȘmes : « Pour moi, je complĂšte en ma chair ce qui manque Ă  la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Église. »

O JĂ©sus Souverain PrĂȘtre, donnez-nous de marcher Ă  leur suite et Ă  votre suite en cette voie royale de la croix. Apprenez-nous, Ă  l’exemple de vos prĂȘtres, Ă  ne pas faire de la croix une rĂ©alitĂ© nĂ©gative, pesante et aride, mais un instrument de don et d’amour, de victoire et de RĂ©demption. Donnez-nous, jusque dans nos croix, une vraie fiertĂ© de votre croix !

 

DouziĂšme station : JĂ©sus meurt sur le bois de la Croix.
« Mon PĂšre, je remets mon Ăąme entre vos mains. Puis, poussant un grand cri, JĂ©sus rendit l’esprit. »

« Si le grain ne meurt, il demeure seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Jn 12, 24). O JĂ©sus Souverain PrĂȘtre, par les mĂ©rites infinis de votre mort, nous venons Vous demander en cette station la grĂące de nous donner trĂšs nombreuses vocations religieuses et sacerdotales. Sans prĂȘtres nous ne sommes rien, sans prĂȘtres nous ne pouvons rien pour notre salut. Donnez Ă  l’Église de saints prĂȘtres capables d’embraser le monde ; donnez Ă  beaucoup d’ñmes la soif de la vie consacrĂ©e, afin qu’elles deviennent autant d’auxiliaires du prĂȘtre dans l’Ɠuvre de la RĂ©demption.

Et si vous donnez Ă  ma famille la grĂące de choisir un de ses membres pour qu’il Vous soit consacrĂ©, que ce soit comme prĂȘtre, comme frĂšre, ou comme religieuse, dĂ©jĂ  je Vous l’offre tout entier, et Vous remercie de cet immense honneur qu’ainsi Vous donnerez Ă  ma famille.

 

TreiziĂšme station : JĂ©sus est descendu de la Croix et remis Ă  sa MĂšre.
Descendant le corps de la croix pour le remettre Ă  sa mĂšre, NicodĂšme n’ose lui prononcer la terrible parole : « Voici ton fils », mĂȘme si hĂ©las la terrible rĂ©alitĂ© est lĂ . Mais elle n’est pas que lĂ . « Voici ton fils » : cette parole, elle l’a entendue, mais de la bouche de JĂ©sus. Elle dĂ©signait saint Jean, prĂȘtre depuis la veille. Quoique mort, et avant mĂȘme sa rĂ©surrection, JĂ©sus n’a donc pas totalement quittĂ© sa trĂšs sainte MĂšre. La prĂ©sence agissante et aimante de JĂ©sus auprĂšs d’elle se perpĂ©tuera dĂ©sormais Ă  travers le prĂȘtre, Ă  travers tout prĂȘtre ; pour la trĂšs sainte Vierge, qui jour aprĂšs jour communiera de la main de saint Jean, comme pour nous tous.

« Voici ton fils » : Ă  juste titre, Marie peut ĂȘtre appelĂ©e MĂšre du sacerdoce. Au jour de l’Incarnation, son sein virginal fut la cathĂ©drale de la premiĂšre ordination sacerdotale. Or celle-ci ne s’est accomplie que par son oui. A cet instant, l’humanitĂ© sainte conçue en son sein fut revĂȘtue du sacerdoce souverain. Tous les prĂȘtres du monde ne font que participer Ă  cet unique sacerdoce. Marie, arche d’alliance, s’est donc vue confiĂ©e le sacerdoce du Nouveau Testament, chacun des prĂȘtres : « Voici ton Fils ».

Les longues annĂ©es qui la sĂ©parent encore de l’Assomption, Marie va les consacrer Ă  prier pour l’Église et pour ses fils de prĂ©dilection, les prĂȘtres. O Marie, Notre-Dame du ClergĂ©, en cette station nous nous associons Ă  votre priĂšre pour les prĂȘtres, plus spĂ©cialement pour ceux Ă  travers qui la prĂ©sence aimante et sanctifiante de JĂ©sus a ƓuvrĂ© en nous.

 

QuatorziĂšme station : JĂ©sus est descendu de la Croix et mis au tombeau.
Dans leur prĂ©tention, les hommes placent des gardes au tombeau, pour que JĂ©sus mort ne revienne pas Ă  la vie. Dans son amour, JĂ©sus aussi place ses gardes, afin que plus jamais sa prĂ©sence vivifiante ne meure sur cette terre. Le prĂȘtre est le gardien de la prĂ©sence de Dieu sur terre, gardien du tabernacle, gardien de JĂ©sus cachĂ© au plus profond de l’ñme en Ă©tat de grĂące. Par le prĂȘtre, grĂące au prĂȘtre, s’accomplit cette magnifique parole de JĂ©sus : « Et voici que je suis avec tous les jours, jusqu’à la fin des temps ».

Ô JĂ©sus, je ne voudrais pas quitter ce chemin de croix, oĂč s’est accompli votre acte sacerdotal par excellence, sans vous remercier pour votre sacerdoce, sans vous remercier de nous avoir donnĂ© vos prĂȘtres. Dans le cƓur-Ă -cƓur avec vous, JĂ©sus, c’est aussi eux que secrĂštement que je voudrais remercier. Sans votre sacerdoce perpĂ©tuĂ© en eux, c’est moi qui aujourd’hui serais enseveli dans le plus profond tombeau de ma puante misĂšre.

Ô JĂ©sus, merci ! Donnez-nous de saints prĂȘtres, donnez-nous beaucoup de saints prĂȘtres, donnez-nous toujours plus de saints prĂȘtres et de saintes vocations religieuses.

 

Abbé Patrick de la Rocque

Beau témoignage d'une convertie de l'Islam

12/03/2025

Beau témoignage d'une convertie de l'Islam