Le blog du Temps de l'Immaculée.
23/10/2024
23/10/2024
JĂ©sus est mort sur la croix, seul, abandonnĂ© par ses disciples, rejetĂ© par son peuple. Il a criĂ© vers son PĂšre : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi mâas-tu abandonnĂ© ? » ; tout Ă©tait nuit en Lui et autour de Lui, car une Ă©clipse du soleil avait mis JĂ©rusalem dans lâobscuritĂ©. JĂ©sus est mort, parce quâIl a pris sur Lui, dans sa chair, tout le mal accumulĂ© depuis les dĂ©buts de lâhumanitĂ© et jusquâĂ la fin des temps. Satan, le Prince de ce monde, semble vainqueur : JĂ©sus est mort.
Et voici quâun soldat, dâun coup de lance, perce son CĂŽtĂ© et atteint son CĆur. Du CĆur de JĂ©sus sort du sang et de lâeau, semence, dans les tĂ©nĂšbres de la mort, dâune crĂ©ation nouvelle qui surgira du tombeau le troisiĂšme jour. Lâamour, le vĂ©ritable amour dont la source est le CĆur de Dieu, nâest pas mort ; il est immortel, incorruptible, vainqueur du pĂ©chĂ© et de la mort, source de vie nouvelle. Le CĆur de Dieu est ouvert dĂ©finitivement pour toute lâhumanitĂ©, pour les justes et les pĂ©cheurs, pour les victimes et les bourreaux. Le SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus est la rĂ©vĂ©lation la plus Ă©loquente de la victoire de lâAmour divin manifestĂ© par JĂ©sus, Fils de Dieu et Fils de lâhomme, mort pour nos pĂ©chĂ©s et ressuscitĂ© dâentre les morts pour notre salut.
La Vierge Marie, figure de lâĂglise, avec Saint Jean apĂŽtre de JĂ©sus-Christ, sont au pied de la croix. Ils recueillent, en quelque sorte, le sang et lâeau qui coulent du CĆur du Christ, symboles des sacrements, pour que tous ceux qui ont soif viennent puiser aux sources vives du salut et renaissent Ă la vie nouvelle dâenfants de Dieu. Depuis la mort de JĂ©sus, ces quelques gouttes de sang et dâeau sont devenus un fleuve immense qui assainit tout sur son passage.
Dans notre monde, lĂ oĂč rĂšgnent les tĂ©nĂšbres de la guerre, de la corruption, des diverses formes dâesclavage et dâabus, les tĂ©nĂšbres du mensonge, de la haine, de la dĂ©sespĂ©rance, partout oĂč rĂšgnent les tĂ©nĂšbres, lâamour nâest pas mort : des cĆurs dâhommes et de femmes sâouvrent, se laissent blesser par la souffrance de leurs contemporains et agissent pour que le mal nâest pas le dernier mot. Dans les ruines fumantes des destructions opĂ©rĂ©es par les bombes, des hommes et des femmes ouvrent leur cĆur pour chercher les survivants et les libĂ©rer des dĂ©combres. Dans une sociĂ©tĂ© oĂč grandit la violence, lâexclusion, la solitude, des cĆurs sâouvrent pour inviter au respect et Ă la confiance ; dans une sociĂ©tĂ© qui a perdu le sens et se laisse fasciner par les tĂ©nĂšbres, des cĆurs sâouvrent pour tĂ©moigner de lâespĂ©rance. Ces hommes et ces femmes de cĆur tĂ©moignent dâun autre monde possible, en apportant un peu de rĂ©confort, des soins mĂ©dicaux, une libĂ©ration, la lumiĂšre. Au cĆur de situations dramatiques, des pardons sont donnĂ©s, des gestes dâamour sont accomplis, dans la discrĂ©tion, tous les jours.
Si nous voulons ĂȘtre disciples de JĂ©sus, disciples de son SacrĂ©-CĆur, il nous faut ĂȘtre des hommes et des femmes de cĆur, vulnĂ©rables Ă la souffrance de nos contemporains. Notre place est lĂ oĂč lâhumanitĂ© est sous lâemprise des tĂ©nĂšbres, confrontĂ©e au mal et Ă la mort obscure.
Si nous voulons vaincre avec le Christ, si nous voulons que rĂšgne le CĆur de JĂ©sus sur la ville et le diocĂšse de Toulouse, il nous faut combattre les racines du mal et du pĂ©chĂ© dans notre propre cĆur, rechercher, avec la grĂące de Dieu, lâhumilitĂ©, fuir lâindiffĂ©rence, renoncer Ă la violence, Ćuvrer Ă la justice, ĂȘtre artisans de paix, rechercher la puretĂ© de cĆur, ĂȘtre serviteur de la misĂ©ricorde, accepter de subir la contradiction.
La consĂ©cration de la ville et du diocĂšse au SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus, ne portera ses fruits que dans la mesure oĂč nos cĆurs sâouvriront toujours plus Ă lâamour misĂ©ricordieux de Dieu. Laissons-nous introduire dans le CĆur de JĂ©sus, pour connaĂźtre et expĂ©rimenter la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur de lâamour du Christ dans notre propre vie ; alors nous saurons le voir Ă lâĆuvre dans le monde. Nous apprendrons Ă voir chaque personne humaine avec le regard aimant du Christ ; nous apprendrons Ă discerner les Ă©vĂšnements Ă partir de cette source.
La consĂ©cration de la ville et du diocĂšse au SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus est donc pour nous une invitation Ă la conversion pour donner Ă voir, dans notre monde blessĂ©, quelque chose du monde nouveau, nĂ© du CĆur transpercĂ© de JĂ©sus. Comment les communautĂ©s chrĂ©tiennes, avec toutes les personnes de bonne volontĂ©, sont-elles tĂ©moins et acteurs de la victoire de lâamour dans le monde, aujourdâhui ?
Nous sommes, parfois Ă juste titre, scandalisĂ©s par le mal, et il est tentant de rĂ©agir par la maniĂšre forte, mais ce serait entrer dans une logique qui nâest pas celle de la crĂ©ation nouvelle, elle nâest celle du SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus. Le mal nâest jamais vaincu par la force ; il est tout au plus freinĂ©, empĂȘchĂ© de se rĂ©pandre, mais il nâest pas Ă©radiquĂ©. « Rien par la force, tout par amour », disait Saint François de Sales. Le mal nâest jamais vaincu par le mal ; les guerres nous le montrent, elles sont toujours un Ă©chec. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien », Ă©crit St Paul dans sa lettre au Romains.
Saint Paul atteste la victoire de lâamour du Christ. « Qui pourra nous sĂ©parer de lâamour du Christ ? la dĂ©tresse ? lâangoisse ? la persĂ©cution ? la faim ? le dĂ©nuement ? le danger ? le glaive ?... Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grĂące Ă celui qui nous a aimĂ©s. Jâen ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les PrincipautĂ©s cĂ©lestes, ni le prĂ©sent ni lâavenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abĂźmes, ni aucune autre crĂ©ature, rien ne pourra nous sĂ©parer de lâamour de Dieu qui est dans le Christ JĂ©sus notre Seigneur » (Rom. 8, 34-35 ; 37-39).
+ Guy de Kerimel
ArchevĂȘque de Toulouse
23/10/2024
Je me rĂ©jouis dâannoncer lâordination de six sĂ©minaristes de la SociĂ©tĂ© des Missionnaires de la MisĂ©ricorde Divine, qui aura lieu le 1er dĂ©cembre Ă 15h30, Ă la CollĂ©giale de Lorgues.
Ces ordinations sont le fruit dâun dialogue confiant et paisible entretenu avec le supĂ©rieur de la communautĂ© et le DicastĂšre pour le Culte Divin. En effet, les statuts de cette communautĂ© indiquent lâutilisation pour les prĂȘtres et diacres des livres liturgiques dâavant le concile. Or, lâemploi de lâancien missel nĂ©cessite une concession qui ne peut ĂȘtre octroyĂ©e Ă un prĂȘtre rĂ©cemment ordonnĂ© que par le Saint-SiĂšge. Jâavais donc initiĂ© des Ă©changes loyaux avec le DicastĂšre compĂ©tent pour favoriser les ordinations et suis heureux de cette issue favorable.
Je suis attentif aux diffĂ©rentes sensibilitĂ©s qui rayonnent dans le diocĂšse de FrĂ©jus-Toulon, au regard des normes liturgiques et de la fidĂ©litĂ© Ă lâĂglise. Il est primordial de poursuivre notre travail pour lâunitĂ©.
Je me suis engagĂ© avec dĂ©termination pastorale et sollicitude paternelle auprĂšs des Missionnaires de la MisĂ©ricorde Divine qui reconnaissent la validitĂ© du missel actuel et recherchent depuis leur fondation, il y a presque 20 ans, une vĂ©ritable insertion dans la vie diocĂ©saine sous lâautoritĂ© de lâĂ©vĂȘque. Je suis heureux de les accompagner et les remercie de leur confiance et de leur gĂ©nĂ©rositĂ© au service de lâĂglise.
Jâinvite chacun Ă prier pour eux et pour les artisans dâunitĂ©, afin que la liturgie ne soit pas le lieu dâun combat, mais dâune communion en JĂ©sus-Christ Sauveur.
Mgr François TOUVET
ĂvĂȘque coadjuteur de FrĂ©jus-Toulon
22/10/2024
Le Saint-SiĂšge implore une certaine reconnaissance, le gouvernement chinois poursuit son chemin. C'est l'impression que l'on ressent au-delĂ des propos circonstanciels qui ont accompagnĂ© hier l'annonce du renouvellement pour quatre ans de l'accord secret entre la Chine et le Vatican sur la nomination des Ă©vĂȘques et l'administration de l'Ăglise catholique en Chine.
Le renouvellement de l'accord - signĂ© pour la premiĂšre fois en 2018 puis renouvelĂ© pour deux ans en deux ans - Ă©tait une Ă©vidence aprĂšs les dĂ©clarations des derniers mois, notamment du secrĂ©taire d'Ătat Pietro Parolin, dans lesquelles le Saint-SiĂšge a montrĂ© toutes les occasions possibles dĂ©termination Ă poursuivre la collaboration avec le rĂ©gime communiste, mĂȘme si le rĂ©sultat est tout sauf positif. Et c'Ă©tait Ă©vident aprĂšs les occasions crĂ©Ă©es par le pape François de faire l'Ă©loge de la Chine - « une promesse et une espĂ©rance pour l'Ăglise » - et l'attitude du gouvernement de PĂ©kin envers l'Ăglise (« Je suis content des dialogues avec la Chine, le rĂ©sultat est bon») : dĂ©clarations faites lors du voyage de retour depuis l'Asie du Sud-Est en septembre ,
Ce qui nâĂ©tait cependant pas Ă©vident, câĂ©tait la durĂ©e de lâaccord. Il y a quelques mois encore, on tenait pour acquis que le troisiĂšme renouvellement serait dĂ©finitif, mais la fermeture de PĂ©kin Ă toute concession a provoquĂ© un ralentissement du Saint-SiĂšge, qui a donc proposĂ© un nouveau renouvellement de deux ans. Le gouvernement chinois s'est ensuite relancĂ© pour quatre ans, il semblait qu'un accord final avait Ă©tĂ© trouvĂ© depuis trois ans mais PĂ©kin a gagnĂ©.
On se souvient que le cardinal Parolin, le 22 mai dernier, en marge d'une confĂ©rence tenue Ă Rome pour commĂ©morer le centiĂšme anniversaire du Concile de Shanghai, avait dĂ©clarĂ© espĂ©rer que l'accord "serait amĂ©liorĂ© sur certains points", sans toutefois prĂ©ciser lesquels. Et il a Ă©galement fixĂ© l'objectif du Vatican comme Ă©tant "de pouvoir avoir une prĂ©sence stable en Chine mĂȘme si elle ne prend pas initialement la forme d'une reprĂ©sentation pontificale, d'une nonciature apostolique...". PĂ©kin a rĂ©pondu avec parcimonie Ă ces deux demandes.
Dire qu'il y a quelques points Ă amĂ©liorer est cependant un euphĂ©misme, car si l'objectif du Saint-SiĂšge est l'unitĂ© de l'Ăglise chinoise et sa libertĂ©, il faut reconnaĂźtre que six annĂ©es d'accords secrets ont Ă©loignĂ© le objectif plutĂŽt que de le rapprocher. Les rĂ©sultats concernant les nominations des Ă©vĂȘques (qui ont Ă©galement Ă©tĂ© faites sans accords secrets) ont Ă©tĂ© mĂ©diocres : seuls neuf Ă©vĂȘques ont Ă©tĂ© nommĂ©s en six ans, tandis que plus de 30 diocĂšses restent non couverts (un tiers du total). De plus, ces nominations donnaient lâimpression de suivre le scĂ©nario dĂ©cidĂ© par PĂ©kin et approuvĂ© par le Vatican. Et Ă certaines occasions, le gouvernement de PĂ©kin a Ă©galement « oubliĂ© » d'avertir le Saint-SiĂšge : le cas le plus sensationnel a Ă©tĂ© celui d'avril 2023 lorsque le rĂ©gime chinois a nommĂ© Mgr Shen Bin comme Ă©vĂȘque de Shanghai, le dĂ©plaçant du diocĂšse de Haimen.
Un coup d'Ătat difficilement digĂ©rĂ© par les autoritĂ©s du Vatican, et ce n'est qu'au bout de trois mois que le pape François a approuvĂ© la nomination tandis que le cardinal Parolin a appelĂ© les autoritĂ©s de PĂ©kin Ă "un dialogue sincĂšre".
Mais le Vatican a en fait Ă©galement acceptĂ© la nouvelle gĂ©ographie des diocĂšses chinois dĂ©cidĂ©e unilatĂ©ralement par PĂ©kin. Deux cas ont Ă©tĂ© emblĂ©matiques en ce sens : en novembre 2022, les autoritĂ©s chinoises ont nommĂ© Mgr John Peng Weizhao comme Ă©vĂȘque auxiliaire de Jianxi, diocĂšse crĂ©Ă© par PĂ©kin Ă l'insu du Saint-SiĂšge, qui a alors dĂ» faire preuve de courage. Et en janvier dernier, Mgr Antonio Sun Wenjun a Ă©tĂ© nommĂ© Ă©vĂȘque de Weifang, diocĂšse Ă©galement crĂ©Ă© par les autoritĂ©s chinoises mais cette fois avec le consentement (obligatoire) du pape selon la gĂ©ographie de l'Ăglise chinoise dĂ©cidĂ©e par le gouvernement de PĂ©kin. Les diocĂšses seraient 104 au lieu des 147 circonscriptions ecclĂ©siastiques (qui comprennent Ă©galement les prĂ©fectures et les administrations ecclĂ©siastiques) traditionnellement reconnues par le Saint-SiĂšge.
A ces maigres rĂ©sultats, tous dĂ©sĂ©quilibrĂ©s en faveur de PĂ©kin, il faut ajouter que les accords ont produit la reconnaissance de facto de l'Association patriotique des catholiques chinois, qui est l'organisme crĂ©Ă© et contrĂŽlĂ© par le Parti communiste, et dont font Ă©videmment partie aussi les deux Ă©vĂȘques chinois prĂ©sents au Synode sur la synodalitĂ© en cours au Vatican. La reconnaissance de l'Association Patriotique et l'invitation du Vatican Ă y adhĂ©rer ont eu pour effet collatĂ©ral Ă©vident d'augmenter la persĂ©cution de ceux qui refusent de se soumettre au parti, ce que nous avons signalĂ© Ă plusieurs reprises.
Ces derniers jours, l'Institut amĂ©ricain Hudson a publiĂ© un rapport (1) qui fournit des preuves des persĂ©cutions subies par dix Ă©vĂȘques Ă la suite de l'accord sino-Vatican. Dix Ă©vĂȘques catholiques persĂ©cutĂ©s en Chine, tel est le titre du rapport Ă©ditĂ© par Nina Shea, une chercheuse de renom qui se consacre Ă la dĂ©fense de la libertĂ© religieuse depuis des dĂ©cennies. Le rapport dĂ©montre que la situation des dix Ă©vĂȘques examinĂ©s n'est que la pointe de l'iceberg d'une persĂ©cution qui s'est intensifiĂ©e aprĂšs les accords signĂ©s avec le Vatican en 2018 et qui touche des millions de catholiques chinois.
Une persĂ©cution qui peut s'intensifier aussi grĂące au silence du Saint-SiĂšge, plus soucieux d'entretenir de bonnes relations avec PĂ©kin que de dĂ©fendre les catholiques chinois. Silence absolu Ă©galement sur la situation Ă Hong Kong, oĂč l'Ăglise est soumise au contrĂŽle croissant du rĂ©gime communiste, grĂące Ă©galement Ă la nouvelle loi sur la sĂ©curitĂ© nationale qui a dĂ©jĂ provoquĂ© l'arrestation de nombreux catholiques, dont le plus cĂ©lĂšbre est l'Ă©diteur Jimmy. LaĂŻ. Et enfin silence aussi sur l'attitude de plus en plus agressive dans la zone Asie-Pacifique, Ă commencer par les vastes et rĂ©pĂ©tĂ©es manĆuvres militaires contre l'Ăźle de Taiwan : une menace supplĂ©mentaire pour la paix mondiale totalement ignorĂ©e dans les messages du Pape.
Enfin, il faut aussi constater Ă quel point cet accord corrompt le « vocabulaire » catholique. Afin de justifier la « sinisation » de lâĂglise imposĂ©e par le prĂ©sident chinois Xi Jinping, on a dĂ©sormais tendance Ă utiliser ce mot comme synonyme dâinculturation. Terrible mystification, rĂ©pĂ©tĂ©e non par hasard par l'un des Ă©vĂȘques chinois prĂ©sents au Synode, Mgr Yang Yongqiang, qui dans son discours a rĂ©itĂ©rĂ© son adhĂ©sion « Ă la direction de la sinisation du catholicisme », qui n'est autre que la soumission du Ăglise aux directives du Parti communiste. Il suffirait de lire le « Plan quinquennal pour la sinisation du catholicisme en Chine (2023-2027) », approuvĂ© le 14 dĂ©cembre par la ConfĂ©rence des Ă©vĂȘques catholiques et l'Association patriotique (les deux organismes sous le contrĂŽle du Parti communiste ).
Un prix trÚs cher donc payé par le Saint-SiÚge pour maintenir vivant un semblant de dialogue avec la Chine. Et aucun signe ne laisse penser que les choses pourraient évoluer différemment au cours des quatre prochaines années.
(1) Note de SMR : Les "instituts" américains qui établissent des rapports sur la Chine sont à considérer avec réserve pour des raisons politiques évidentes !
22/10/2024
«Je suis Celui qui fit, dĂšs tes primes annĂ©es,/tes yeux ingĂ©nus se tourner vers la beautĂ©/Qui, de la terre au Ciel, tout vivant vous Ă©lĂšve.â»
Dans ces vers, issus de ses poĂšmes, Michel-Ange, faisant parler Dieu, Ă©voque sa soif absolue de beautĂ©, derriĂšre laquelle, de plus en plus, il discernera lâappel de Dieu. Cette soif, qui a irriguĂ© et orientĂ© toute son Ćuvre, est la principale clĂ© de lecture de cet artiste hors du commun dont lâart, cherchant «âĂ lier le beau et le bienâ», est «âcomme lâombre des perfections divinesâ», Ă©crit Henri Charlier (1883-1975), lui-mĂȘme peintre et auteur dâessais sur lâart (LâArt et la PensĂ©e, 1972).
En plein Quattrocento ââŻlâĂąge dâor de la Renaissance italienneâŻâ, Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni naĂźt, en 1475, dans une famille pauvre de Caprese, prĂšs de Florence. AprĂšs avoir perdu sa mĂšre Ă lâĂąge de 6âŻans, il quitte sa famille et lâĂ©cole Ă 12 ans, pour assouvir sa passion du dessin et rĂ©aliser son rĂȘve, en entrant Ă lâatelier du cĂ©lĂšbre peintre Ghirlandaio. Deux ans plus tard, ce dernier lâenvoie auprĂšs de Laurent de MĂ©dicis ââŻle MagnifiqueâŻâ, mĂ©cĂšne Ă©clairĂ© et tyran politique de Florence.
Ce grand amateur dâart cherche alors de jeunes sculpteurs prometteurs pour copier, dans son Ă©cole dâartistes, des statues romaine et grecque, que la Renaissance redĂ©couvre avec fascination. SituĂ©e dans les jardins du couvent San Marco, les MĂ©dicis y ont rĂ©uni leur collection de statuaire antique, pour former une acadĂ©mie, vĂ©ritable petit centre du monde artistique et intellectuel. Le jeune apprenti de 14 ans y devient Ă©lĂšve de Bertoldo di Giovanni, lui-mĂȘme Ă©lĂšve du grand Donatello. Il se dĂ©finira dĂ©sormais toujours comme un sculpteur. Le Magnifique est conquis par son talent prĂ©coce et en fait son protĂ©gĂ©. En ce lieu dâĂ©lite, lâadolescent reçoit aussi lâenseignement humaniste de la philosophie nĂ©oplatonicienne, avec Jean Pic de la Mirandole et Marsile Ficin. [âŠ]
Emilie Pourbaix via le Salon Beige
Photo : Michel-Ange, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
19/10/2024
Ce prĂȘtre, inspirĂ© par Jean Paul II et le Cardinal Wyszynski, a jouĂ© un rĂŽle important dans la rĂ©sistance pacifique au communisme. Entre 1982 et 1984, il a cĂ©lĂ©brĂ© 26 "messes pour la patrie" dans la paroisse Saint Stanislas Kostka Ă Varsovie. Ces messes, qualifiĂ©es de "deux heures de libertĂ©" par l'historienne Ewa Czaczkowska, offraient un espace de rĂ©confort spirituel et de rĂ©sistance morale face Ă l'oppression du rĂ©gime.
Ces "messes pour la patrie" Ă©taient un symbole puissant de rĂ©sistance, prĂŽnant la vĂ©ritĂ© de l'Ăvangile sans jamais attaquer directement le rĂ©gime. Elles ont contribuĂ© Ă briser la chaĂźne de la haine et de la peur, encourageant une rĂ©sistance non-violente qui a finalement menĂ© Ă la chute du communisme cinq ans plus tard.
Le PĂšre PopieĆuszko n'Ă©tait pas la seule victime de la rĂ©pression du rĂ©gime communiste contre l'Ăglise catholique. Entre 1976 et 1989, dix prĂȘtres ont Ă©tĂ© assassinĂ©s en Pologne. L'historien Jakub GoĆÄbiowski souligne que le rĂ©gime communiste considĂ©rait l'Ăglise comme un ennemi et surveillait constamment ses membres, notamment via le DĂ©partement 4 du ministĂšre de l'IntĂ©rieur.
Le politologue Andrzej Grajewski Ă©tablit un parallĂšle entre la Pologne communiste des annĂ©es 1980 et le roman dystopique "1984" de George Orwell. L'annĂ©e de la mort du PĂšre PopieĆuszko coĂŻncide avec l'annĂ©e choisie par Orwell pour son roman qui dĂ©crit une sociĂ©tĂ© totalitaire sous surveillance constante. La Pologne de l'Ă©poque, aprĂšs l'instauration de l'Ă©tat de guerre par le gĂ©nĂ©ral Jaruzelski, connaissait une surveillance accrue de la population par les services de sĂ©curitĂ© et un rĂ©seau d'informateurs.
L'Ăglise catholique offrait un espace de libertĂ© que le rĂ©gime ne pouvait contrĂŽler, ce qui provoquait sa fureur. Les messes pour la patrie Ă©taient qualifiĂ©es de "sĂ©ances de haine" par le porte-parole du gouvernement, rappelant les "deux minutes de haine" dĂ©crites dans "1984" pour manipuler la population.
Le PĂšre a subi des persĂ©cutions avant son assassinat. ArrĂȘtĂ© en 1983 sur la base de fausses accusations, il a Ă©tĂ© la cible de harcĂšlement et de provocations, y compris une tentative d'accident de voiture.
Son assassinat visait à justifier une répression accrue et à servir des rÚglements de compte internes au régime. Cependant, ses obsÚques se sont déroulées dans le calme et la dignité, suscitant une résistance massive et non-violente qui a contribué à l'effondrement du régime communiste.
Le PĂšre PopieĆuszko reste aujourd'hui un symbole de rĂ©sistance face aux abus de pouvoir ⊠dâoĂč quâils viennent, Ă lâemprise des idĂ©ologies et de la distorsion des langages, donc des diffĂ©rentes formes de conditionnement âorwellienâ.
Vivre sa foi comme un acte de recherche perpĂ©tuelle de la vĂ©ritĂ© et de la libertĂ© demeurent des dĂ©fis essentiels pour les chrĂ©tiens dâaujourdâhui.
SMR
17/10/2024
Comme Ă une Ă©pouse, le PĂšre lui confie le Fils ; le Fils descend dans son sein virginal, en devenant Son Fils, pendant que l'Esprit Saint forme en elle de maniĂšre prodigieuse le corps de JĂ©sus et fait sa demeure dans Son Ăąme, il la remplit de maniĂšre si ineffable...
Depuis le moment oĂč s'est rĂ©alisĂ©e cette union, l'Esprit Saint n'accorde pas de grĂące, le PĂšre ne fait pas descendre dans l'Ăąme la vie surnaturelle, Ă travers le Fils et l'Esprit, si ce n'est pas Ă travers la MĂ©diatrice de toutes les grĂąces, l'ImmaculĂ©e, avec son assentiment, avec sa collaboration. Elle reçoit tous les trĂ©sors de grĂące en sa propriĂ©tĂ© et elle les distribue Ă qui elle veut et dans la mesure quâ elle veut.
Saint Maximilien Kolbe
Encyclopédie Mariale
17/10/2024
Il est l'auteur d'un Ă©vangile et du livre des Actes des ApĂŽtres. On y trouve plusieurs termes mĂ©dicaux pour parler de la maladie de ceux qui s'adressent Ă JĂ©sus. Soucieux d'authenticitĂ©, il nous dit avoir Ă©tudiĂ© ses sources, comme le mĂ©decin Ă©coute son patient pour mieux dire un diagnostic. Saint Luc, diocĂšse aux armĂ©esModeste et compatissant, il retient plus que les autres Ă©vangĂ©listes tout ce qui marque la bontĂ© du Sauveur: l'enfant prodigue, le bon Samaritain, la brebis perdue, la prostituĂ©e qui s'en va pardonnĂ©e, le bon larron. Dante dira de lui «Il est le scribe de la misĂ©ricorde du Christ». Heureux lui-mĂȘme d'avoir trouvĂ© le salut, il est, Ă sa maniĂšre, le chantre de l'amour incarnĂ© comme saint Jean le sera de l'amour infini de Dieu TrinitĂ©.
C'est lui qui nous a parlĂ© avec tant de dĂ©licatesse de la MĂšre de Dieu, la toute pure et toujours Vierge Marie dont il nous dit: «Elle mĂ©ditait toutes ces choses en son cĆur» ce qui veut dire qu'avec amour Marie relisait dans sa mĂ©moire les faits et gestes du Seigneur, pour en approfondir toute la signification, comme saint Luc l'a fait en Ă©coutant saint Paul et en nous transmettant cet Ă©vangile de la bontĂ© de notre PĂšre du ciel.
Homme cultivĂ©, il maniait le grec avec dextĂ©ritĂ© et avait Ă©tudiĂ© la mĂ©decine. C'est la raison pour laquelle il a Ă©tĂ©, tĂŽt, choisi comme patron des mĂ©decins, de mĂȘme que les deux frĂšres, saint CĂŽme et saint Damien, morts martyrs en Syrie. (DiocĂšse aux ArmĂ©es françaises)
FĂȘte de saint Luc, ĂvangĂ©liste. NĂ©, comme on le rapporte, Ă Antioche d'une famille paĂŻenne, mĂ©decin, il se convertit Ă la foi du Christ et devint le compagnon trĂšs cher de l'ApĂŽtre saint Paul. Dans son Ăvangile, il exposa avec soin tout ce que JĂ©sus a fait et enseignĂ©, en scribe de la misĂ©ricorde du Christ, et, dans les Actes des ApĂŽtres, il se fit l'historien des dĂ©buts de la vie de l'Ăglise jusqu'au premier sĂ©jour de saint Paul Ă Rome.
Source : Nominis
16/10/2024
Que la foi en JĂ©sus-Christ, Fils incarnĂ© de Dieu et lâunique Sauveur des hommes, est la seule religion voulue par Dieu.
AprĂšs lâinstitution de la nouvelle et Ă©ternelle Alliance en JĂ©sus-Christ, personne ne peut ĂȘtre sauvĂ© en adhĂ©rant aux enseignements et aux pratiques des religions non chrĂ©tiennes, parce que « la priĂšre adressĂ©e Ă Dieu doit se relier au Christ, Seigneur de tous les hommes et unique MĂ©diateur (1 Tm 2, 5 ; HĂ© 8, 6 ; 9, 15 ; 12, 24), le seul par qui nous avons accĂšs auprĂšs de Dieu (Rom 5, 2 ; Eph 2, 18 ; 3, 12). » (PrĂ©sentation gĂ©nĂ©rale de la Liturgie des Heures, n. 6)
Nous croyons fermement quâ« il nây a pas sous le ciel un autre nom qui ait Ă©tĂ© donnĂ© aux hommes, par lequel nous devions ĂȘtre sauvĂ©s » (Actes 4, 12), sinon le nom de notre Seigneur JĂ©sus-Christ, qui a Ă©tĂ© crucifiĂ©, et que Dieu a ressuscitĂ© des morts (voir Actes 4, 10).
Nous croyons quâil est « contraire Ă la foi catholique de considĂ©rer lâĂglise comme un chemin de salut parmi dâautres, [que] les autres religions seraient complĂ©mentaires Ă lâĂglise, lui seraient mĂȘme substantiellement Ă©quivalentes, bien que convergeant avec elle vers le Royaume eschatologique de Dieu. » (CongrĂ©gation pour la Doctrine de la Foi, DĂ©claration Dominus Iesus, 21)
Nous soutenons en outre que la RĂ©vĂ©lation divine, fidĂšlement transmise par le MagistĂšre pĂ©renne de lâĂglise, interdit dâaffirmer
â Que toutes les religions sont des chemins vers Dieu,
â Que la diversitĂ© des identitĂ©s religieuses est un don de Dieu et
â Que la diversitĂ© des religions est une expression de la sage volontĂ© de Dieu le CrĂ©ateur. Nous soutenons donc que les chrĂ©tiens ne sont pas simplement des « compagnons de voyage » des adeptes de fausses religions â ce que Dieu interdit.
Nous implorons avec ferveur lâaide de la grĂące divine pour tous ces hommes dâĂglise dâaujourdâhui qui, par leurs paroles et leurs actes, contredisent la vĂ©ritĂ© divinement rĂ©vĂ©lĂ©e sur JĂ©sus-Christ et son Ăglise comme Ă©tant lâunique chemin par lequel les hommes peuvent atteindre Dieu et le salut Ă©ternel. Avec lâaide de la grĂące divine, puissent ces hommes dâĂglise ĂȘtre en mesure de faire une rĂ©tractation publique, requise pour le bien de leur propre Ăąme et de celle dâautrui. Car « ne pas accepter le Christ est le plus grand danger pour le monde ! » (Saint Hilaire de Poitiers, In Matth. 18).
Que par les priĂšres, les larmes et les sacrifices de tous les vrais fils et filles de lâĂglise, et tout spĂ©cialement des « petits » de lâĂglise, les Pasteurs de lâĂglise, et en premier lieu le Pape François, puissent recevoir la grĂące dâimiter les ApĂŽtres, dâinnombrables Martyrs, de nombreux Pontifes Romains et une multitude de Saints, en particulier saint François dâAssise, qui « Ă©tait un homme catholique et entiĂšrement apostolique, qui sâest dĂ©vouĂ© personnellement, et a ordonnĂ© Ă ses disciples dâĆuvrer avant tout, Ă la conversion des paĂŻens Ă la Foi et Ă la Loi du Christ. » (Pape Pie XI, Encyclique Rite Expiatis, 37)
Nous croyons Ă cette divine vĂ©ritĂ© prononcĂ©e par JĂ©sus-Christ, pour laquelle, avec la grĂące de Dieu, nous sommes prĂȘts Ă donner notre vie : « Je suis le chemin, la vĂ©ritĂ© et la vie ; nul ne vient au PĂšre que par moi » (Jean 14, 6)."
+ Athanasius Schneider, Ă©vĂȘque auxiliaire de lâarchidiocĂšse de Sainte-Marie Ă Astana
avec les participants de la ConfĂ©rence sur lâidentitĂ© catholique 2024
Pittsburgh, le 29 septembre 2024
16/10/2024
Chaque statue, tableau, icĂŽne, mĂ©daille ou autre reprĂ©sentation de sainte Marguerite-Marie Alacoque comporte une reprĂ©sentation du SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus. Ce n'est guĂšre surprenant puisque ce sont en grande partie ses visions de JĂ©sus-Christ qui ont fait que la dĂ©votion au SacrĂ©-CĆur s'est rĂ©pandue dans le monde entier. Mais les rĂ©vĂ©lations de cette religieuse française sont bien plus qu'une simple image. On pourrait dire que Dieu, par l'intermĂ©diaire de Marguerite-Marie, a Ă©galement fourni aux catholiques une arme de dĂ©votion.
Marguerite-Marie (1647-1690) est née dans une famille aisée de France, mais son pÚre est décédé alors qu'elle n'avait que huit ans. Quelques années plus tard, elle est devenue alitée en raison d'une grave maladie. Elle a patiemment souffert pendant quatre ans, mais aprÚs avoir fait une promesse privée à Notre-Dame de devenir religieuse, elle a été instantanément guérie.
Ă ce moment-lĂ , sa famille Ă©tait tombĂ©e dans la pauvretĂ©. Un oncle cupide Ă©tait devenu le tuteur des biens de son pĂšre, et il refusait d'utiliser ces fonds pour aider sa famille. Une sĆur autoritaire prit le contrĂŽle du foyer et força Marguerite et sa mĂšre Ă devenir de simples servantes dans leur propre maison. Quelques annĂ©es plus tard, les finances de la famille s'amĂ©liorĂšrent lorsqu'un frĂšre fut en Ăąge de se voir confier le contrĂŽle lĂ©gal des biens.
Lâambiance familiale sâamĂ©liora Ă©galement et Marguerite, ĂągĂ©e de dix-sept ans, fut encouragĂ©e par sa famille Ă se marier. Le mariage aurait Ă©tĂ© un moyen Ă©vident dâĂ©chapper Ă sa famille dysfonctionnelle et, pendant plusieurs annĂ©es, elle aimait assister Ă des bals et Ă des Ă©vĂ©nements sociaux. Mais, alors quâelle revenait dâun bal un soir, elle eut une vision de notre Seigneur, couvert de sang et portant les marques de la Passion sur son corps. Il lui reprocha dâavoir oubliĂ© sa promesse dâentrer dans la vie religieuse et lui rappela son amour pour elle.
Profondément émue, Marguerite entra bientÎt au couvent de la Visitation à Paray-le-Monial, son frÚre fournissant la dot requise. Elle devint religieuse professe à l'ùge de vingt-cinq ans.
Marguerite-Marie Ă©tait lâune de ces Ăąmes enfantines qui apparaissent tout au long de lâhistoire de lâĂglise, des femmes et des hommes qui sont pieux depuis leur enfance et qui promettent Ă Dieu quâils ne lui diront jamais non â et le pensent vraiment. Câest probablement pour cela que JĂ©sus apparaissait Ă Marguerite depuis son enfance. Elle pensait simplement que cela arrivait Ă tout le monde. Le fait que JĂ©sus lui soit apparu Ă plusieurs reprises aprĂšs quâelle soit devenue religieuse nâĂ©tait pas si inhabituel. Ce qui Ă©tait inhabituel, câĂ©tait le contenu de ses messages.
Dans des visions prĂ©cĂ©dentes, le Seigneur lui avait parlĂ© de sa propre croissance spirituelle, mais les visions quâelle reçut entre 1673 et 1675 concernaient son plan spirituel pour le monde. Dâabord, JĂ©sus apparut devant elle et lui montra son cĆur. Il lâencouragea Ă partager lâimage de ce quâelle avait vu avec dâautres. Il lui dit aussi de promouvoir des pratiques de dĂ©votion qui sont depuis devenues monnaie courante : recevoir la communion neuf premiers vendredis consĂ©cutifs du mois, prier une Heure Sainte la veille dâun premier vendredi et cĂ©lĂ©brer une fĂȘte en lâhonneur du SacrĂ©-CĆur le vendredi aprĂšs la FĂȘte-Dieu. Les fidĂšles, dit JĂ©sus, Ă©taient Ă©galement encouragĂ©s Ă le prier sous le titre du SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus et Ă offrir des rĂ©parations pour les pĂ©chĂ©s commis contre Dieu. Dans lâune des visions, JĂ©sus lui dit de dire au roi de France dâhonorer publiquement le SacrĂ©-CĆur de maniĂšres spĂ©cifiques .
Bien entendu, Marguerite hĂ©sitait Ă partager ces visions avec qui que ce soit, et encore moins avec le roi de France. Qui la croirait ? Dans son autobiographie, elle se dĂ©crivait comme une personne lente, maladroite et maladroite, qui acceptait humblement les critiques des autres, mĂȘme lorsquâelle nâĂ©tait manifestement pas en faute. (Elle Ă©vitait aussi scrupuleusement de critiquer qui que ce soit, y compris ses parents turbulents et les religieuses qui lui rendaient la vie difficile.) En revanche, de nombreuses religieuses qui connaissaient bien Marguerite la dĂ©crivaient comme une personne gentille, humble, franche, simple et patiente.
Finalement, Marguerite rĂ©ussit Ă convaincre sa supĂ©rieure que ses visions Ă©taient rĂ©elles, mais ses prĂȘtres et plusieurs de ses sĆurs refusĂšrent toujours de l'Ă©couter. Un nouveau prĂȘtre, saint Claude de la ColombiĂšre, fut nommĂ© au couvent et reconnut que ses visions Ă©taient authentiques. Il encouragea Marguerite Ă obĂ©ir aux souhaits de notre Seigneur, mais il fut ensuite mutĂ©.
Lorsqu'une nouvelle supérieure fut élue dans sa communauté, Marguerite devint son assistante, puis maßtresse des novices. Le récit de ses visions fut rendu public, sans toutefois l'identifier comme la visionnaire, et sa communauté commença à pratiquer certaines de ces dévotions. Bien que Marguerite ait réussi pendant de nombreuses années à cacher aux autres qu'elle était celle qui avait reçu les visions, la vérité finit par éclater.
AprĂšs sa mort, le contenu des visions fut soigneusement Ă©tudiĂ© par l'Ăglise, ainsi que la vie de Marguerite, et tous deux furent jugĂ©s positifs. Lorsque le tombeau contenant son corps fut ouvert, deux personnes furent instantanĂ©ment guĂ©ries et son corps fut dĂ©couvert intact. Marguerite fut dĂ©clarĂ©e sainte en 1920 et, en 1928, le pape Pie XI Ă©crivit une encyclique encourageant la dĂ©votion au SacrĂ©-CĆur, Miserentissimus Redemptor , mentionnant Marguerite par son nom.
Sainte Marguerite-Marie Alacoque nâa pas Ă©tĂ© la premiĂšre ni la seule catholique Ă promouvoir la dĂ©votion au SacrĂ©-CĆur, 2 mais elle est certainement la plus cĂ©lĂšbre. Avec la perspective historique, il nâest pas difficile de comprendre pourquoi notre Seigneur a choisi de partager ce message avec cette religieuse Ă ce moment prĂ©cis.
Bien que la France soit restĂ©e un pays catholique tout au long de la RĂ©forme protestante, de nombreuses idĂ©es protestantes ont fait leur apparition dans la culture française. Au XVIIe siĂšcle, lâhĂ©rĂ©sie austĂšre du jansĂ©nisme sâĂ©tait rĂ©pandue. Une image chaleureuse et amicale de JĂ©sus-Christ et de son cĆur visible, brĂ»lant dâamour pour chaque personne, Ă©tait un outil efficace pour vaincre le concept jansĂ©niste dâun Dieu froid et indiffĂ©rent qui semblait prĂ©fĂ©rer envoyer les gens en enfer plutĂŽt quâau paradis.
Mais la dĂ©votion au SacrĂ©-CĆur nâĂ©tait pas destinĂ©e Ă bĂ©nĂ©ficier uniquement Ă la France du XVIIe siĂšcle. Au moment oĂč la RĂ©volution française, sanglante et anticatholique, provoqua lâemprisonnement de centaines de milliers de catholiques innocents, lâexĂ©cution de dizaines de milliers dâautres et la mort de centaines dâautres en martyrs3 , le message des visions de Marguerite sâĂ©tait rĂ©pandu dans toute la France depuis un siĂšcle. Lorsque les gens ordinaires de la rĂ©gion de VendĂ©e menĂšrent un soulĂšvement contre le gouvernement rĂ©volutionnaire, lâimage quâils cousaient sur leurs vĂȘtements pour les unir dans la bataille Ă©tait lâimage du SacrĂ©-CĆur.
Mais ils ne se contentĂšrent pas de fabriquer des insignes du SacrĂ©-CĆur. Ils savaient que les rĂ©volutionnaires cherchaient Ă dĂ©truire lâĂglise catholique et ils furent profondĂ©ment offensĂ©s par les actes blasphĂ©matoires des rĂ©volutionnaires, comme la profanation dâĂ©glises et le massacre de prĂȘtres et de religieux. Les deux exemples les plus cĂ©lĂšbres de ces actes furent peut-ĂȘtre la transformation de Notre-Dame de Paris en « Temple de la Raison » (qui incluait une procession publique menĂ©e par une femme lĂ©gĂšrement vĂȘtue, dĂ©crite comme une chanteuse dâopĂ©ra ou une prostituĂ©e) et lâexĂ©cution de seize religieuses innocentes de CompiĂšgne .
Les catholiques français avaient Ă©galement appris un autre message clĂ© des visions de Marguerite : lâimportance de la rĂ©paration. Notre Seigneur encourageait les catholiques Ă offrir des priĂšres et des sacrifices par le biais de cette dĂ©votion en rĂ©paration des offenses commises contre lui. Comme lâexplique le CatĂ©chisme de lâĂglise catholique (n° 2487) :
Toute offense commise contre la justice et la vĂ©ritĂ© entraĂźne un devoir de rĂ©paration , mĂȘme si son auteur a Ă©tĂ© pardonnĂ©. Lorsqu'il est impossible de rĂ©parer publiquement un tort, il faut le faire secrĂštement.
Les catholiques fidÚles savaient que ces actes blasphématoires les obligeaient à faire des actes de réparation envers Dieu. Pendant et aprÚs la Révolution française, de nombreux catholiques ont prié en secret et ont offert leurs messes secrÚtes en expiation de ces péchés publics. Mais ils ont également formé des confréries pour s'encourager mutuellement à prier, et certains ont été inspirés à fonder des ordres religieux consacrés à offrir des actes de réparation, en particulier par l'adoration eucharistique.
Tout au long de la longue histoire de lâĂglise, dâinnombrables membres de lâĂglise catholique ont certainement offert des priĂšres en expiation pour des actes blasphĂ©matoires tels que le culte paĂŻen, la destruction dâĂ©glises et la moquerie de la foi catholique par les hĂ©rĂ©tiques. Mais depuis sainte Marguerite-Marie â et sa sĆur mystique, sainte Faustyna Kowalska â les catholiques ont un outil de dĂ©votion supplĂ©mentaire dans leur arsenal pour rĂ©pondre Ă ceux qui accomplissent intentionnellement (mais, espĂ©rons-le, par ignorance) des actes qui offensent Dieu. Câest-Ă -dire que nous pouvons offrir des actes de rĂ©paration.
Ces actes peuvent impliquer des personnes pratiquant des dĂ©votions liĂ©es au SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus, telles que des priĂšres , des litanies , des consĂ©crations , des neuvaines , des heures saintes et des dĂ©votions du premier vendredi. Ils peuvent Ă©galement impliquer des personnes offrant leurs propres sacrifices personnels, tels que le jeĂ»ne ou l'aumĂŽne. Ils peuvent Ă©galement impliquer des groupes de personnes se joignant Ă des actes communautaires de priĂšre et de sacrifice. Notre Seigneur a mĂȘme promis qu'il bĂ©nirait ceux qui pratiquent cette dĂ©votion.
Que ces actes horribles soient commis par des foules ou des milices anticatholiques en temps de guerre civile , par des groupes offensĂ©s par l'enseignement moral catholique ou par d'autres individus ou groupes en difficultĂ© , les visions de sainte Marguerite-Marie nous offrent une alternative Ă l'indignation, Ă la peur ou mĂȘme Ă la vengeance. Lorsque de tels Ă©vĂ©nements apparaissent dans nos fils d'actualitĂ©, nous devrions simplement nous tourner vers notre Sauveur bien-aimĂ©. Nous devrions contempler des images qui nous rappellent sa compassion et son dĂ©sir de sauver chaque Ăąme de l'enfer. Et nous devrions nous engager Ă offrir rĂ©paration pour les pĂ©chĂ©s des autres, comme il l'a fait sur la Croix.
Notes de fin :
1 Marguerite-Marie écrivit plus tard au roi Louis XIV, mais soit il ne reçut pas sa lettre, soit il choisit de ne pas répondre.
2 Il faut noter que la dĂ©votion au SacrĂ©-CĆur de JĂ©sus n'a pas commencĂ© avec sainte Marguerite-Marie Alacoque. Parmi les saints mĂ©diĂ©vaux qui ont promu la dĂ©votion au SacrĂ©-CĆur, on peut citer : sainte Lutgardis d'Aywieres, sainte Mechtilde d'Helfta et sainte Gertrude la Grande.
3 L'Ăglise reconnaĂźt comme saints et bienheureux 431 Français et Françaises de cette Ă©poque, morts en martyrs pour leur foi au Christ.
Dawn Beutner est l'auteur de The Leaven of the Saints: Bringing Christ into a Fallen World (Ignatius Press, 2023) et de Saints: Becoming an Image of Christ Every Day of the Year, également publié par Ignatius Press. Elle tient un blog sur dawnbeutner.com .
15/10/2024
Dans ses tribulations jusquâĂ lâhĂŽpital, il est guidĂ© par une voix mystĂ©rieuse. Mais son cĆur sâarrĂȘte. Ian fait alors lâexpĂ©rience bouleversante de lâenfer, puis du paradis, oĂč il verra et parlera avec JĂ©sus en personne. Revenu Ă la vie, Ă la morgue, vingt minutes aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© mort, il tĂ©moigne avec puissance de ce quâil a vu et entendu.
Sans connaĂźtre spĂ©cifiquement cette espĂšce de mĂ©duse, Ian dĂ©crit parfaitement la cubomĂ©duse (forme carrĂ©e de lâombrelle, particuliĂšrement transparente), dont une seule piqĂ»re peut suffire Ă tuer un homme. Le venin de ces mĂ©duses est cent fois plus puissant que celui dâun cobra. Or, Ian a Ă©tĂ© piquĂ© cinq fois !
Les symptĂŽmes que Ian ressent ensuite sont bien ceux des piqĂ»res de cubomĂ©duses : douleurs atroces et sensations de brĂ»lure, difficultĂ©s Ă respirer, baisse de la pression artĂ©rielle, irritabilitĂ© et agitation, Ă©vanouissement et arythmies cardiaques jusquâĂ lâarrĂȘt du cĆurâŠ
Les mĂ©decins nâarrivent pas Ă rĂ©animer Ian et dĂ©clarent officiellement son dĂ©cĂšs. Le mĂ©decin lĂ©giste qui sâapprĂȘte Ă lâautopsier est sidĂ©rĂ© de trouver soudainement vivant celui qui lui avait Ă©tĂ© amenĂ© comme mort.
Personne ne peut revenir Ă la vie, qui plus est avec toutes ses facultĂ©s physiques et psychologiques, aprĂšs vingt minutes de privation dâoxygĂšne, dâencĂ©phalogramme plat, et dâarrĂȘt cardiaque. Ian a donc vĂ©cu un vĂ©ritable miracle.
Ian est athĂ©e ; pourtant, il entend une voix quâil finit par identifier Ă celle de Dieu. Cette voix lui donne des conseils concrets qui lui sauvent la vie et lâamĂšnent Ă se repentir et Ă se convertir.
Face Ă JĂ©sus, Ian se sent trĂšs indigne du pardon et du paradis, tant il a pĂ©chĂ©. Il est empli de honte et de culpabilitĂ©, qui disparaissent en sentant lâamour inconditionnel que Dieu lui porte. Ces Ă©lĂ©ments sont parfaitement cohĂ©rents avec lâenseignement chrĂ©tien sur la misĂ©ricorde divine.
JĂ©sus demande aussi Ă Ian de pardonner aux autres, y compris les personnes qui lâont abandonnĂ© sur le chemin de lâhĂŽpital, causant indirectement sa mort. Ian est rempli de haine pour ces personnes. Il rĂ©ussit nĂ©anmoins Ă leur pardonner, ce qui est inconcevable sans lâaide de Dieu.
Pendant son voyage dans lâau-delĂ , Ian voit sa mĂšre qui prie pour sa vie et sa conversion. Il apprend plus tard quâau moment mĂȘme oĂč il Ă©tait entre la vie et la mort, sa mĂšre, trĂšs croyante, avait Ă©tĂ© prĂ©venue du danger que courait son fils et sâĂ©tait effectivement mise Ă prier ardemment pour son salut.
AprÚs cette expérience, Ian change de vie du tout au tout ; il devient pasteur en 1991. Cette conversion véritable et durable appuie la réalité de son expérience.
L'article complet ici sur 1000 raisons de croire
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14/10/2024
La situation a pris un tournant dramatique le 17 septembre 2024 avec une attaque du Hezbollah, provoquant de graves dégùts à Beyrouth. La ville a plongé dans le chaos, marquée par des sirÚnes incessantes et une panique généralisée. La semaine suivante, les frappes se sont intensifiées. Le 23 septembre, on comptabilisait déjà 568 morts et plusieurs milliers de blessés. Depuis, Beyrouth subit des bombardements quotidiens, principalement dans la banlieue sud.
RĂ©cemment, une frappe israĂ©lienne a touchĂ© le quartier de Rasanaba, au centre de Beyrouth, aprĂšs quâune autre a touchĂ© un axe majeur reliant lâaĂ©roport Ă la ville. Les frappes ne se limitent pas Ă la capitale, elles atteignent aussi la vallĂ©e de la Bekaa, Tripoli au nord, et dâautres rĂ©gions comme le Keserwan.
La crise des dĂ©placĂ©s est le dĂ©fi le plus prĂ©occupant. Le Premier Ministre libanais Ă©voque un chiffre dâun million de personnes dĂ©placĂ©es, mais nous estimons que ce nombre atteint dĂ©sormais 1,2 million, pour une population totale de six millions. Parmi eux, seulement 180 000 sont officiellement recensĂ©s dans les 990 centres dâaccueil, dont 790 sont dĂ©jĂ pleins. Le reste des dĂ©placĂ©s survit dans des conditions prĂ©caires : certains chez des proches, dâautres dans des hĂŽtels ou des appartements, mais beaucoup dorment dans leurs voitures ou Ă mĂȘme la rue.
SOS ChrĂ©tiens dâOrient est prĂ©sent sur le terrain. Nous distribuons des matelas et des couvertures dans les camps dâhĂ©bergement. Pour porter des secours dâurgence aux dĂ©placĂ©s atteints par les bombardements, nous avons mis en place une unitĂ© mĂ©dicale qui circule dans la rĂ©gion de Jezzine, au Sud-Liban.
Le Liban reçoit une aide humanitaire importante, mais malgrĂ© cela, elle reste insuffisante face Ă lâampleur de la crise actuelle. Les ressources manquent cruellement. Nous sommes en premiĂšre ligne pour distribuer des biens de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, mais nous devons Ă©galement lancer des appels aux dons. La situation Ă©volue rapidement, et les besoins des Libanais augmentent chaque jour. Nous travaillons en collaboration avec dâautres associations et le ministĂšre des Affaires sociales.
Cela dĂ©pend des rĂ©gions oĂč ils se trouvent, mais dans de nombreux cas, quitter son village et son Ă©glise est un vĂ©ritable dĂ©chirement. Les Ă©glises restent ouvertes, et beaucoup parviennent encore Ă assister Ă la messe. Cependant, certains paroissiens sont sĂ©parĂ©s de leurs prĂȘtres, ce qui rend la situation spirituelle difficile. Beaucoup de dĂ©placĂ©s se sentent perdus, dĂ©sespĂ©rĂ©s, et Ă©puisĂ©s par lâĂ©preuve quâils traversent.
La distribution de colis alimentaires est cruciale dans cette situation dĂ©sastreuse. Pour beaucoup de familles, ces colis reprĂ©sentent non seulement une aide matĂ©rielle, mais aussi un lien avec leur communautĂ© et leur terre. Chaque paquet permet Ă une famille de se nourrir pendant deux semaines, un rĂ©pit essentiel face Ă lâangoisse quotidienne. De plus, cela crĂ©e un espace de solidaritĂ© oĂč les villageois se retrouvent, Ă©changent des nouvelles et renforcent leurs liens malgrĂ© lâinstabilitĂ©. MĂȘme en exil Ă Beyrouth, le fait de recevoir cette aide leur rappelle quâils ne sont pas seuls et que des efforts sont faits pour les soutenir. Cela nourrit lâespoir, si vital en ces temps sombres.
Source de l'article : L'Homme Nouveau
Sos Chrétiens d'Orient, c'est ici
14/10/2024
Elle fonde de nombreux couvents en Espagne. Elle vit des expĂ©riences mystiques trĂšs fortes et rencontre saint Jean de la Croix, lui mĂȘme mystique. Sainte ThĂ©rĂšse de JĂ©susElle nous a laissĂ© des Ă©crits de haute spiritualitĂ©, en particulier «Le chĂąteau intĂ©rieur de l'Ăąme» qui est une extraordinaire mĂ©thode de priĂšre et d'oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l'oraison contemplative. Paul VI la proclame Docteur de l'Ăglise en 1970.
Elle fait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid en 2011.
Le 2 fĂ©vrier 2011, la catĂ©chĂšse de BenoĂźt XVI a Ă©tĂ© consacrĂ©e Ă un portrait de sainte ThĂ©rĂšse de JĂ©sus (1515 - 1582). Teresa de Ahumada, nĂ©e Ă Avila (Espagne), eut une Ă©ducation et une vie mondaine avant de lire les auteurs spirituels franciscains qui lui apprirent la mĂ©ditation et la priĂšre. Elle entra Ă vingt ans au carmel de sa ville natale, et combattit sa rĂ©sistance Ă l'appel de Dieu. "A trente neuf ans, pendant le CarĂȘme 1554, ThĂ©rĂšse atteint le sommet de cette lutte contre ses propres faiblesses". Puis son Ă©volution intĂ©rieure "la porta vers l'idĂ©e de rĂ©former l'ordre carmĂ©litain. Soutenue par son Ă©vĂȘque, elle fonda en 1562 Ă Avila le premier carmel rĂ©formĂ©", suivi par dix sept nouvelles fondations. "Sa rencontre avec saint Jean de la Croix, qui avait Ă©tabli en 1568 prĂšs d'Avila le premier couvent de carmes dĂ©chaux, fut fondamentale. ThĂ©rĂšse d'Avila, qui mourut en 1582, fut bĂ©atifiĂ©e par Paul V en 1614 et canonisĂ©e en 1622 par GrĂ©goire XV. Paul VI lui attribua en 1970 le titre de Docteur de l'Ăglise.
Puis BenoĂźt XVI a rappelĂ© que la sainte espagnole, "sans avoir reçu une formation acadĂ©mique, sut toujours tirer bĂ©nĂ©fice des enseignements thĂ©ologiques, littĂ©raires et spirituels de ses maĂźtres. Elle Ă©crivit son autobiographie intitulĂ©e Le livre des misĂ©ricordes du Seigneur", Ă©crit pour "soumettre son Ăąme au discernement" de son confesseur saint Jean d'Avila. Elle Ă©crivit ensuite Le chemin de la perfection Ă l'attention de ses religieuses, mais "lâĆuvre mystique majeure de sainte ThĂ©rĂšse fut son ChĂąteau intĂ©rieur de 1577, un Ă©crit de la maturitĂ©" dans lequel elle dĂ©crit le cheminement vers la saintetĂ©. Le livre des fondations sera rĂ©servĂ© Ă l'action rĂ©formatrice de son ordre. Ăvoquant alors la spiritualitĂ© thĂ©rĂ©sienne, le Saint-PĂšre en a soulignĂ© "les vertus Ă©vangĂ©liques qui sont Ă la base de la vie chrĂ©tienne..., en harmonie avec les personnages bibliques et Ă l'Ă©coute de la Parole". ThĂ©rĂšse d'Avila affirmait le caractĂšre essentiel de la priĂšre, "enseignant aux lecteurs de ses Ćuvres Ă prier avec elle". L'importance de l'humanitĂ© du Christ Ă©tait un autre sujet de prĂ©dilection de la sainte, d'oĂč la place qu'elle rĂ©servait "Ă la mĂ©ditation de la Passion et Ă l'Eucharistie, prĂ©sence du Christ dans l'Ăglise, fondement de la vie du croyant et cĆur de la liturgie". Son amour total pour l'Ăglise, a rappelĂ© BenoĂźt XVI, allait de pair avec son affirmation de "la perfection comme aspiration et finalitĂ© de toute vie chrĂ©tienne... Sainte ThĂ©rĂšse d'Avila est un maĂźtre de vie chrĂ©tienne pour les fidĂšles de tout temps. Dans une sociĂ©tĂ© souvent pauvre de spiritualitĂ©, elle nous apprend Ă ĂȘtre des tĂ©moins constants de Dieu, de sa prĂ©sence et de son action. Son exemple de contemplative active doit nous pousser Ă consacrer chaque jour du temps pour la priĂšre. Il ne s'agit pas de temps perdu mais un moment d'ouverture sur le chemin qui conduit Ă la vie, un moment pour apprendre de Dieu ce qu'est un amour ardent pour lui et son Ăglise, ce qu'est la charitĂ© rĂ©elle Ă offrir Ă nos frĂšres". (VIS 20110202 530)
L'église de Hurigny, prÚs de Mùcon abrite un grand vitrail de la Transverbération de ThérÚse d'Avila.
La transverbĂ©ration est le fait dâĂȘtre transpercĂ©, blessĂ© au cĆur... Le groupe sculptĂ© par Le Bernin 'Extase ou TransverbĂ©ration de sainte ThĂ©rĂšse dâAvila' se trouve dans la Chapelle Cornaro de lâĂ©glise Santa Maria della Victoria, Ă Rome (Image ci-dessous CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons).
MĂ©moire de sainte ThĂ©rĂšse de JĂ©sus, vierge et docteur de l'Ăglise. EntrĂ©e Ă Avila dans l'Ordre du Carmel et devenue mĂšre et maĂźtresse d'une observance plus stricte, elle disposa dans son cĆur un itinĂ©raire spirituel sous la forme d'une montĂ©e par degrĂ©s de l'Ăąme vers Dieu; pour la rĂ©forme de son Ordre, elle dut supporter beaucoup de souffrances, qu'elle surpassa par une Ă©nergie sans faille; elle composa aussi des livres qui rapportent sa doctrine trĂšs Ă©levĂ©e et son expĂ©rience, et mourut Ă Alba de Tormes en 1582.
"Qu'il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s'enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose !"
Que rien ne te trouble, que rien ne tâĂ©pouvante, tout passe, Dieu ne change pas.
La patience triomphe de tout, celui qui possĂšde Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit !
ElĂšve ta pensĂ©e, monte au ciel, ne tâangoisse de rien, que rien ne te trouble.
Suis JĂ©sus-Christ dâun grand cĆur, et quoi quâil arrive, que rien ne tâĂ©pouvante.
Tu vois la gloire du monde ? Câest une vaine gloire ; il nâa rien de stable, tout passe.
Aspire au céleste, qui dure toujours ; fidÚle et riche en promesses, Dieu ne change pas.
Aime-Le comme Il le mĂ©rite, BontĂ© immense ; mais il nây a pas dâamour de qualitĂ© sans la patience.
Que confiance et foi vive maintiennent lâĂąme, celui qui croit et espĂšre obtient tout.
MĂȘme sâil se voit assailli par lâenfer, il dĂ©jouera ses fureurs, celui qui possĂšde Dieu.
MĂȘme si lui viennent abandons, croix, malheurs, si Dieu est son trĂ©sor, il ne manque de rien.
Allez-vous-en donc, biens du monde ; allez-vous-en, vains bonheurs : mĂȘme si lâon vient Ă tout perdre,
Dieu seul suffit. Amen.
Source : Nominis - Blog d'Yves Daoudal
13/10/2024
Durant prĂšs de 5 jours, notre journaliste-rĂ©alisateur Armel Joubert des Ouches a pu filmer les moines du Barroux dans leur quotidien, mĂątines, laudes, Messes, travaux manuels etc. Si les moines ont acceptĂ© quâune camĂ©ra les suive, ils ont aussi demandĂ© au rĂ©alisateur de faire preuve de la plus grande discrĂ©tion afin de ne pas les perturber dans leur vie de priĂšre. Il a aussi Ă©tĂ© demandĂ© Ă Armel Joubert des Ouches de ne pas utiliser de projecteurs pour Ă©clairer les endroits sombres. Il ne fallait, sous aucun prĂ©texte, troubler la vie de communautĂ©.
Lâabbaye du Barroux est une abbaye bĂ©nĂ©dictine situĂ©e dans le Vaucluse, au pied du mont Ventoux, un sommet culminant Ă prĂšs de 2.000 mĂštres de hauteur (rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte dâAzur). 59 moines et prĂȘtres ont choisi de consacrer leur vie Ă Dieu. La journĂ©e dâun moine dĂ©marre chaque jour Ă 3h20 du matin ; elle est ensuite ponctuĂ©e de diffĂ©rents rendez-vous dans lâĂ©glise, en particulier par la messe. Ici, câest la messe en grĂ©gorien qui est dite. Loin des nouveautĂ©s liturgiques, ce trĂ©sor que les moines ont choisi de conserver ne fait que sâappuyer sur une tradition millĂ©naire, tradition qui partout dans le monde se rĂ©pand Ă nouveau, aprĂšs avoir Ă©tĂ© en partie abandonnĂ©e dans les annĂ©es soixante.
13/10/2024
C'est sous son rĂšgne que l'on commença Ă bĂątir des temples chrĂ©tiens, qui furent dĂ©truits dans les persĂ©cutions suivantes. Il fit creuser le cimetiĂšre souterrain de la voie Appienne, qui porte encore aujourd'hui son nom et qui renferme tant de prĂ©cieux souvenirs, entre autres le tombeau de sainte CĂ©cile, la crypte de plusieurs Papes, des peintures qui attestent la conformitĂ© de la foi primitive de l'Ăglise avec sa foi actuelle.
De nombreuses conversions s'opĂ©rĂšrent sous le pontificat de saint Calixte. La persĂ©cution ayant Ă©clatĂ©, il se rĂ©fugia, avec dix de ses prĂȘtres, dans la maison de Pontien. La maison fut bientĂŽt enveloppĂ©e par des soldats qui reçurent la dĂ©fense d'y laisser rentrer aucune espĂšce de vivres. Pendant quatre jours, le Pape Calixte fut privĂ© de toute nourriture; mais le jeĂ»ne et la priĂšre lui donnaient des forces nouvelles. Le prĂ©fet, redoublant de cruautĂ©, donna l'ordre de frapper chaque matin le prisonnier Ă coups de bĂąton, et de tuer quiconque essayerait de pĂ©nĂ©trer pendant la nuit dans sa maison.
Une nuit, le prĂȘtre martyr CalĂ©pode, auquel Calixte avait fait donner une sĂ©pulture honorable, apparut au Pontife et lui dit: "PĂšre, prenez courage, l'heure de la rĂ©compense approche; votre couronne sera proportionnĂ©e Ă vos souffrances."
Parmi les soldats qui veillaient Ă la garde du prisonnier, il y avait un certain Privatus, qui souffrait beaucoup d'un ulcĂšre; il demanda sa guĂ©rison Ă Calixte, qui lui dit: "Si vous croyez de tout coeur en JĂ©sus-Christ et recevez le baptĂȘme au nom de la Sainte TrinitĂ©, vous serez guĂ©ri. â Je crois, reprit le soldat, je veux ĂȘtre baptisĂ©, et je suis sĂ»r que Dieu me guĂ©rira." AussitĂŽt aprĂšs l'administration du baptĂȘme, l'ulcĂšre disparut sans laisser de trace. "Oui, s'Ă©crie le nouveau chrĂ©tien, le Dieu de Calixte est le seul vrai Dieu; les idoles seront jetĂ©es aux flammes, et le Christ rĂ©gnera Ă©ternellement!" Le prĂ©fet eut connaissance de cette conversion et fit fouetter Privatus jusqu'Ă la mort. Par son ordre, Calixte, une grosse pierre au cou, fut jetĂ© de la fenĂȘtre d'une maison dans un puits.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
11/10/2024
Quelques annĂ©es seulement aprĂšs la mort et la rĂ©surrection de JĂ©sus, en lâan 40, a lieu la toute premiĂšre apparition mariale. Elle apparaĂźt Ă lâun des apĂŽtres, Jacques le Majeur, frĂšre de saint Jean. Cette apparition est connue sous le nom de Notre-Dame du Pilier. Aux premiers jours de lâĂšre chrĂ©tienne, Jacques part vers les terres paĂŻennes de la province romaine dâHispanie, la future Espagne. Il se heurte Ă de nombreux obstacles dans ses tentatives dâĂ©vangĂ©lisation et on dit que lâapĂŽtre connaĂźt alors une pĂ©riode de grand dĂ©couragement.
Une nuit, alors quâil prie sur les rives de lâĂbre prĂšs de lâactuelle Saragosse, il est soudainement enveloppĂ© dâune grande lumiĂšre. Il sâagenouille, fixe la lumiĂšre du regard et a une vision indescriptible. Dans le halo de lumiĂšre, il voit la Vierge Marie, debout sur une colonne de jaspe, entourĂ©e de milliers dâanges. La Vierge lui adresse alors des paroles dâencouragement et lâassure que lâĆuvre quâil accomplit pour JĂ©sus finira par porter du fruit et que de nombreuses personnes se tourneront vers la foi. Elle demande quâune Ă©glise soit construite Ă lâendroit prĂ©cis oĂč elle est apparue et laisse la colonne de jaspe afin que lâon nâoublie pas lâendroit. Elle laisse Ă©galement une petite statue dâelle tenant lâEnfant JĂ©sus dans ses bras au sommet de la colonne.
Ătant donnĂ© que la Vierge Ă©tait toujours en vie et vivait Ă JĂ©rusalem Ă ce moment-lĂ â lâapparition a eu lieu avant son Assomption â, on considĂšre quâelle sâest trouvĂ©e Ă deux endroits diffĂ©rents simultanĂ©ment et quâil y a donc eu un phĂ©nomĂšne de bilocation.
Jacques sâempresse ensuite de rĂ©unir ses nouveaux compagnons et entreprend la construction dâune chapelle Ă lâendroit dĂ©signĂ© par la Vierge. LâĂ©difice est la premiĂšre Ă©glise construite pour honorer Marie. Aujourdâhui, aprĂšs avoir connu de nombreux amĂ©nagements, elle est devenue une basilique connue sous le nom de Notre-Dame du Pilier, et se situe bel et bien Ă lâendroit prĂ©cis oĂč la Vierge est apparue il y a prĂšs de 2000 ans. AprĂšs avoir pris part Ă la consĂ©cration de la petite Ă©glise, Jacques retourne Ă JĂ©rusalem. Il est le premier apĂŽtre Ă mourir pour sa foi. En effet, en lâan 44 HĂ©rode Agrippa le fait dĂ©capiter. Ses disciples rapportent sa dĂ©pouille en Espagne pour quâil y repose dĂ©finitivement. La statue et le pilier laissĂ©s par la Vierge sont placĂ©s sous la protection des habitants de Saragosse.
Les nombreux miracles entourant la relique (la colonne surmontĂ©e de la statue) attestent de son origine miraculeuse. En 1936, pendant la guerre civile espagnole, les RĂ©publicains de gauche bombardent lâĂ©glise, mais les bombes qui la touchent nâexplosent pas. Personne nâest autorisĂ© Ă toucher la statue, hormis les quatre prĂȘtres dĂ©diĂ©s Ă son entretien, et les nouveaux-nĂ©s que lâon soulĂšve pour quâils puissent effleurer cette reprĂ©sentation de leur mĂšre du ciel.
TrĂšs tĂŽt, les papes attestĂšrent de lâauthenticitĂ© de lâapparition de la Vierge. En 1456, le pape Calixte III encourage les fidĂšles Ă se rendre en pĂšlerinage Ă Notre-Dame du Pilier. La fondation de lâĂ©glise est reconnue comme miracle. Au XVIIe siĂšcle, un homme nommĂ© Miguel Pellicer, originaire de la ville de Calanda, se retrouve dans lâincapacitĂ© de travailler aprĂšs lâamputation dâune jambe. Il est donc rĂ©duit Ă la mendicitĂ©. Il vient constamment invoquer lâaide de la Vierge Marie auprĂšs des reliques. PrĂšs de trois ans plus tard, il retrouve miraculeusement sa jambe.
Au fil des siĂšcles, de nombreuses controverses Ă©clatent au sujet de lâauthenticitĂ© du lieu. Le pape Innocent III, rĂ©pondant Ă un appel de lâEspagne, mandate douze cardinaux pour quâils enquĂȘtent sur la question et Ă©tudient toutes les donnĂ©es disponibles. Le 7 aoĂ»t 1723, la congrĂ©gation des rites confirme le miracle. En 1730, le pape ClĂ©ment VII autorise la cĂ©lĂ©bration de la fĂȘte de Notre-Dame du Pilier Ă travers tout le royaume dâEspagne. Enfin, elle est dĂ©clarĂ©e sainte patronne de lâHispanitĂ©. Câest dâailleurs de lĂ que le prĂ©nom fĂ©minin Pilar tire son origine.