Le blog du Temps de l'Immaculée.

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Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait

02/01/2026

Dieu est immuable. « En Dieu, il n’y a aucune vicissitude, ni ombre de changement »[1]. Dieu ne change pas, ne progresse pas, n’évolue pas parce qu’il est parfait. Il est « Celui qui est ». Il se possède parfaitement, Il est l’Acte pur, Il est infini dans ses perfections. Il n’a rien à acquérir, Il ne peut rien perdre. Dieu est donc stable et nous contemplerons cette immobilité au Ciel avec émerveillement.

 

Pour parvenir à cette vision béatifique du Ciel, Notre-Seigneur est très clair : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait »[2]. Autrement dit, pour se sauver, il faut ressembler à Dieu dans ses perfections. Si donc Dieu est stable, nous devons travailler à cette stabilité dans notre vie spirituelle et temporelle.

 

D’abord parce que celle-ci est le fondement de toute vertu. En effet, la vertu est l’habitude du bien. Or, il ne peut y avoir d’habitude sans stabilité, sans régularité car celle-ci consiste précisément à accomplir les mêmes actions, les mêmes bonnes œuvres, régulièrement et avec persévérance. De même qu’un édifice sera d’autant plus solide que son fondement est profond et que son architecture est régulière dans sa conception, de même la répétition de nos bonnes actions façonne la beauté de notre âme.

 

La stabilité fait appel à la constance, fille de la vertu de force. Elle consiste à persévérer dans l’accomplissement du bien malgré les obstacles, sans découragement ni mollesse. La constance est la vertu des braves, celle des héros. C’est elle qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Église. C’est elle qui fait les martyrs, les confesseurs, les vierges, et tous les autres saints. C’est elle qui bâtit la chrétienté et qui nous sauve : « Par votre constance, vous sauverez vos âmes », dit Notre-Seigneur[3].

 

La stabilité est, de plus, nécessaire pour grandir, se perfectionner et atteindre la sainteté. Le bien accompli en effet en appelle un autre. Il fait entrer l’âme dans un cercle vertueux, dans un mouvement qui l’élève jusqu’à la perfection, telles des hélices dont le mouvement continu parvient à faire décoller un corps lourd.

 

La stabilité se traduit par une égalité d’humeur dans les joies comme dans les épreuves. Elle s’exprime par une grande paix et par une véritable sérénité, même dans les pires difficultés. « Vive la joie quand même ! », s’enthousiasmait ainsi saint Théophane Vénard, célèbre missionnaire du Tonkin. Il connut d’immenses difficultés dans son apostolat mais gardait toujours le sourire et la joie. Sainte Thérèse de l’Enfant- Jésus, en 1897, dans son testament spirituel, adresse ces mots à ses sœurs : « Pour souvenir d’adieu, je vous ai copié certains passages des dernières lettres que (Théophane) écrivit à ses parents ; ce sont mes pensées, mon âme ressemble à la sienne. » Quand on sait que sainte Thérèse est, selon les mots du pape saint Pie X, « la plus grande sainte des temps modernes », cela nous dit combien est fondamentale cette vertu aujourd’hui.

 

Comment alors acquérir cette stabilité ? La solution n’est pas facile car le monde encourage malheureusement l’instabilité. C’est par elle qu’il nous affaiblit, nous décourage, nous tient dans nos passions et finit par nous manipuler. Les réseaux sociaux, la facilité avec laquelle nous pouvons passer d’un site à un autre, d’une vidéo à une autre, d’une image à une autre dans des genres totalement différents, cultivent cette instabilité et sont un terrain propice à l’habitude du mal, c’est-à-dire au vice et au péché.

 

Que faire ? D’abord, il s’agit d’apprendre à se défier de soi et à mettre toute sa confiance en Dieu : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits » [4]. Alors nous goûterons une grande quiétude intérieure. Nous ne serons pas bousculés outre mesure par le monde extérieur car nous aurons fait de Dieu notre force. Il s’agit ensuite de se fixer des objectifs pratiques, concrets, raisonnables et qui nous demandent un certain effort régulier.

 

 

Profitons donc de ce début d’année pour prendre des résolutions à bras le corps :

Se faire un emploi du temps très clair, même dans les grandes lignes : la prière, l’heure du coucher, celle du lever, le travail, etc.
Se fixer une discipline fixe dans l’usage du numérique. Attention aux manipulations incessantes des contenus vidéo d’une niaiserie plus folle les unes que les autres !… Si ce n’est immoral…
Prendre un engagement en plus de notre devoir quotidien : une activité, une œuvre extérieure, des lectures, etc. Et s’y tenir ! 
Que saint Joseph vous bénisse !

 

Abbé Michel Poinsinet de Sivry
Un air de famille !

 

 

1 Saint Jacques I, 47
2 Saint Matthieu V,48
3 Saint Luc, XXI, 19
4 Saint Jean, XV, 5

 

 

 

 

 

L'Église : une ONG spirituelle au service de l'État libéral ?

31/12/2025

L'Église : une ONG spirituelle au service de l'État libéral ?

Lorsque les recruteurs posent cette question, ils ne cherchent pas à savoir si l'Église utilisera les derniers smartphones, l'intelligence artificielle ou TikTok pour l'évangélisation. Ils n'entendent pas par là une modernisation technologique, ni une modernisation organisationnelle, ni l'adoption des dernières idées en matière de leadership ou d'efficacité managériale.

 

Non, ce qu'ils veulent dire, et ce qu'ils ont toujours voulu dire lorsqu'ils ont évoqué la modernisation depuis plus de 150 ans, c'est simplement ceci : « L'Église va-t-elle commencer à nous ressembler davantage, à adopter nos valeurs et nos principes ? »

 

Le mot « nous » est ici essentiel. Car ceux qui posent cette question – qu’il s’agisse de représentants de la presse, d’universitaires ou de journalistes – sont attachés à des valeurs et des principes fondamentaux qu’ils partagent. Ce sont, selon eux, les valeurs fondamentales de l’Occident moderne. L’inclusion est une bonne chose ; l’exclusion, une mauvaise. Le passé est suspect car il a exclu des groupes, et ces groupes, qu’il s’agisse de femmes ou de personnes homosexuelles, doivent désormais être inclus. La tradition, dès lors, est suspecte car elle n’est qu’un vestige poussiéreux de cette époque répressive. La démocratie, comme le savent tous les gens sensés, est une bonne chose ; et le fait que tous les catholiques de nom ne votent pas pour leurs dirigeants est antidémocratique, et donc mauvais.

 

Je pourrais m'étendre sur le sujet, mais nous connaissons tous ces valeurs. Elles sont omniprésentes dans les cours universitaires, les films de série Z, les séries télévisées, la publicité et les articles de presse. Ce sont les valeurs du libéralisme, pour être précis, ou tout simplement de « bonnes valeurs » si l'on est tellement imprégné de culture occidentale qu'on ignore leur caractère simpliste et discutable. Elles ne sont pas présentées comme une option parmi d'autres, mais comme le aboutissement neutre et inévitable de l'histoire.

 

Ainsi, la question de la « modernisation » de l’Église, au XIXe siècle comme aujourd’hui, est une question d’absorption de l’Église par la « modernité » ou le libéralisme. Lorsque le pape Pie IX fut pressé de se réconcilier avec le « progrès, le libéralisme et la civilisation moderne » dans les années 1860, on lui demandait précisément de faire ce que les experts exigent du pape aujourd’hui. Cette exigence est constante car le projet de modernité est totalisant.

 

L'histoire de l'Occident moderne est celle d'institutions et de groupes qui, les uns après les autres, fusionnent avec cette idéologie. Des monarchies aux gouvernements, des nations aux instances sportives, des universités aux médias, des entreprises à l'ensemble de la population, la modernité est un processus d'effacement des différences et des spécificités au nom du « progrès ». C'est un processus inexorable où tous sont convertis à ces principes. Les médias et les universités font office d'évangélistes et de prêtres ; ils sont les missionnaires de première ligne.

 

Surtout, ils ne se considèrent pas comme des colonisateurs ; ils croient simplement œuvrer pour le progrès, la justice ou le bien commun. Ce sont des religieux fervents, dénués de tout doute. Ils cherchent à effacer l'identité d'autrui au nom de la justice, du progrès, et même pour le bien de ceux qu'ils tentent de convertir. Il ne s'agit pas de l'impérialisme violent des canonnières, mais de l'impérialisme insidieux des services des ressources humaines, des comités d'attribution des subventions et des normes de radiodiffusion. Il conquiert non pas en détruisant le corps, mais en réécrivant l'âme.

 

Quand on m’interroge sur la modernisation de l’Église, on me demande en réalité si elle est prête à être colonisée. Est-elle prête à accepter la réalité et à se soumettre à l’idéologie dominante, ou à persévérer dans le combat, telle une soldate japonaise fanatique sur une île du Pacifique, ignorant que la guerre est terminée depuis longtemps ?

 

Bien que ce discours de colonisation et de combat puisse paraître rhétorique, il est important de comprendre que les groupes qui se « modernisent » ne sont pas de simples groupes qui se relookent. Ils ne se contentent pas d'adopter l'apparence d'appartenir à la même « marque » que le libéralisme moderne tout en conservant leur nature et leur identité. Certes, les instances sportives continuent de se consacrer au sport tout en se faisant les porte-parole de l'idéologie dominante, arborant des drapeaux arc-en-ciel et portant des lacets multicolores. Apple peut toujours vendre des iPhones et Disney peut toujours produire des films tout en diffusant des idées à travers ses fonds d'écran ou ses contenus.

 

Lorsqu'elles se modernisent, elles peuvent conserver en grande partie leur mission principale. De même que les pays colonisés pouvaient garder la quasi-totalité de leurs revenus, ne versant qu'une faible part d'impôts à l'Empire, ils pouvaient mener leurs propres conflits la plupart du temps et n'avaient besoin d'envoyer leurs soldats en renfort au pays colonisateur que ponctuellement. La colonisation n'entraîne pas toujours la disparition complète d'une fonction ; souvent, elle se traduit simplement par un réalignement des allégeances.

 

Mais l'Église se concentre sur la pensée et l'action, la foi et les œuvres. Elle s'attache à définir comment vivre, ce qu'il faut croire et les biens et vérités auxquels nous devons nous rattacher pour nous conformer à ce bien et à cette vérité. Que ce soit dans les médias, les entreprises ou le monde universitaire, l'idéologie moderne qui les unit porte également sur ce qu'il faut croire (concernant l'inclusion et l'exclusion), sur les biens et vérités auxquels adhérer (concernant la liberté et l'émancipation) et sur la manière de vivre (jusqu'aux conceptions de la sexualité).

Par conséquent, pour l'Église, la colonisation par l'idéologie de l'Occident moderne ne serait pas partielle, mais totale. L'Église ne vend pas un produit que l'on pourrait emballer dans un drapeau arc-en-ciel ; l'Église  est un mode de vie qui exige une allégeance absolue. Si un comptable musulman peut se convertir au christianisme et continuer d'exercer sa profession, un imam musulman ne peut se convertir tout en restant imam. Microsoft peut continuer à vendre des logiciels, tant que les utilisateurs peuvent choisir des thèmes de couleurs « pride » dans Outlook, tout en adhérant à la vérité de l'Occident moderne. Mais les Églises, elles, ne le peuvent pas.

 

Dès l'instant où une Église admet que le bien suprême est « l'inclusion » plutôt que la « sainteté », ou « l'autonomie » plutôt que « l'obéissance », elle cesse d'être une Église et devient une ONG spirituelle au service de l'État libéral.

 

Les Églises qui s'y essaient deviennent rapidement l'avant-garde évangélique des valeurs libérales modernes. Elles cessent d'annoncer l'Évangile et se transforment en prédicateurs de ces mêmes valeurs. On le constate chez les principales dénominations protestantes qui ont embrassé tous les préceptes de la révolution sexuelle ; leurs bancs sont vides, mais leurs communiqués de presse sont d'une orthodoxie irréprochable, selon les critères du New York Times . Elles prêchent avec ferveur religieuse les valeurs qui nous définissent, nous autres Occidentaux laïcs modernes.

 

Il y a ici une psychologie particulière à l'œuvre. Si Paul n'avait été qu'un fabricant de tentes, il aurait pu se convertir du judaïsme au christianisme et continuer à fabriquer des tentes. Mais Paul, le prédicateur zélé, était un prédicateur zélé du christianisme. Les Églises qui se « modernisent » deviennent des évangélistes zélés du libéralisme. Souvent, le converti est plus fanatique que celui qui est né dans la foi. Le chrétien « modernisé » est souvent plus désireux de prouver sa loyauté au nouveau régime que le laïc qui la considère comme allant de soi. Ils deviennent les inquisiteurs du nouvel ordre, traquant les éléments « rétrogrades » de leur propre tradition pour les offrir en sacrifice aux nouveaux dieux du progrès.

 

Nous avons déjà vu ce processus. Le paganisme qui a jadis prospéré dans le monde antique s'est modernisé sous l'effet du christianisme. Des chercheurs attentifs peuvent encore en déceler des vestiges dans certaines pratiques chrétiennes actuelles, mais il n'en reste plus grand-chose. Il en va de même avec l'essor de l'islam. Les chrétiens d'Afrique du Nord et de la Méditerranée orientale se sont modernisés sur plusieurs siècles, adoptant souvent une synthèse entre leur foi chrétienne et la nouvelle foi qui commençait à être appelée islam. En quelques siècles, ils ont complètement disparu. Certains esprits extrémistes, comme Jean Damascène, théologien et moine de la fin du VIIe et du début du VIIIe siècle, les qualifiaient encore d'hérétiques chrétiens, mais les vestiges de leur christianisme étaient de plus en plus difficiles à déceler sous la nouvelle idéologie qu'ils avaient adoptée. Ils pensaient s'adapter pour survivre ; en réalité, ils s'adaptaient pour disparaître.

 

L'intervieweur qui m'a posé cette question, comme ceux qui m'avaient posé des questions similaires auparavant, était un homme sympathique. Il est peut-être même chrétien, ou plus probablement, ses parents ou grands-parents l'étaient. Et je comprends pourquoi il a posé cette question. Il représente une idéologie mondiale dominante et souhaite que l'Église catholique s'y rallie et devienne partie intégrante de son mouvement ; qu'elle cesse d'être cette institution à part depuis 2 000 ans et qu'elle se fonde, au contraire, dans le monde glorieux où il vit.

 

Il ne pose pas cette question par malice. Il la pose par perplexité face à notre choix de rester à l'écart du consensus. Mais ce n'est qu'en comprenant, nous autres catholiques, que cette question relève de la colonisation, de l'anéantissement par une idéologie dominante, que nous pourrons saisir pleinement les enjeux. C'est le sourire de l'effacement, porteur de l'espoir de notre disparition.

 

 

David Deane est professeur agrégé de théologie à l'Atlantic School of Theology. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont *Nietzsche and Theology* et *The Tyranny of the Banal: On the Renewal of Catholic Moral Theology* . On peut le retrouver en ligne sur le site Good Theology .

L'U.E. sous le feu croisé de Washington Le choc Gabbard-Vance

30/12/2025

L'U.E. sous le feu croisé de Washington  Le choc Gabbard-Vance

Tulsi Gabbard : Le renseignement américain contre le "récit de guerre" européen
Nommée à la tête du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard a provoqué une onde de choc en contestant ouvertement les évaluations sécuritaires européennes. Pour elle, le narratif d'une menace existentielle russe sur l'ensemble du continent est une construction politique.

 

Les points clés de sa critique :
La dénonciation de la "Propagande" : Gabbard qualifie de "mensonge" l'idée que Moscou préparerait une invasion de l'Europe. Selon ses services, la Russie n'aurait ni la capacité ni l'intention de conquérir l'Ukraine, et encore moins le reste du continent.

 

Le rôle de "l'État profond" : Elle accuse les institutions de l'UE et de l'OTAN d'agir comme des agents de l'ombre cherchant à saboter les efforts de paix de Donald Trump.

 

Blocage des négociations : Pour la DNI, Bruxelles imposerait des conditions irréalistes pour empêcher tout accord diplomatique avec le Kremlin, poussant ainsi les États-Unis vers un conflit direct qu'elle juge évitable.

 

JD Vance à Munich : Une offensive idéologique sans précédent
Le 14 février 2025, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, le vice-président JD Vance a troqué la retenue diplomatique pour un réquisitoire virulent contre ce qu'il appelle la dérive "illibérale" de l'Europe.

 

« La principale menace pour l'Europe n'est ni la Russie, ni la Chine, mais son renoncement interne à ses propres valeurs. » — JD Vance

 

Un catalogue de griefs sociétaux
Vance ne s'attaque pas seulement à la géopolitique, mais au modèle de société européen, citant des exemples précis pour illustrer une "liberté d'expression en retraite" :

Censure et désinformation : Il fustige l'utilisation des lois contre la désinformation pour museler les oppositions populistes.

La question migratoire : Il lie directement les politiques migratoires de l'UE à l'insécurité, évoquant notamment l'attentat au véhicule-bélier commis par un demandeur d'asile à Munich juste avant la conférence.

Ingérence électorale inversée : Vance dénonce l'annulation de l'élection présidentielle en Roumanie (sous prétexte d'ingérence russe) comme une preuve que les élites européennes craignent le vote de leurs propres citoyens.

 

Vers une rupture du lien transatlantique ?
Cette double offensive marque un tournant historique. L'administration américaine semble désormais privilégier un axe direct avec les droites souverainistes européennes, contournant les institutions communautaires de Bruxelles.

Les conséquences pour l'UE :
Aide conditionnée : Vance a été clair : le soutien américain (militaire et financier) dépendra désormais du respect de la liberté d'expression et de la légitimité électorale, telles que définies par Washington.

Guerre culturelle : Les médias et think tanks européens parlent d'une "guerre idéologique" ouverte, où Washington ne se contente plus de diriger l'alliance, mais cherche à transformer le paysage politique intérieur de ses alliés.

Isolement de Bruxelles : En remettant en cause la réalité de la menace russe, Gabbard fragilise le ciment principal qui unissait encore les Européens autour d'un réarmement massif.

 

En résumé
L'année 2025 restera celle où le "bouclier américain" est devenu un miroir tendu aux failles de l'Europe. Entre une Tulsi Gabbard qui refuse le scénario d'une guerre totale et un JD Vance qui dénonce une trahison des valeurs démocratiques, l'Union européenne se retrouve plus isolée que jamais.

Léon XIV encourage les familles à être « lumière d’espérance »

30/12/2025

Léon XIV encourage les familles à être « lumière d’espérance »

Le pape a ensuite déclaré : « Alors que nous contemplons ce mystère avec émerveillement et gratitude, pensons à nos familles et à la lumière qu’elles peuvent apporter à la société dans laquelle nous vivons. Malheureusement, le monde a toujours ses “Hérodes”, ses mythes de succès à tout prix, du pouvoir sans scrupules, du bien-être vide et superficiel, et il en paie souvent les conséquences dans la solitude, le désespoir, les divisions et les conflits. Ne laissons pas ces mirages étouffer la flamme de l’amour dans les familles chrétiennes. Au contraire, gardons en elles les valeurs de l’Evangile : la prière, la fréquentation des sacrements – en particulier la confession et la communion –, les affections saines, le dialogue sincère, la fidélité, la simplicité et la beauté des paroles et des gestes bons de chaque jour. Cela les rendra lumière d’espérance pour les milieux dans lesquels nous vivons, école d’amour et instrument de salut entre les mains de Dieu. »

Un Enfant nous est né !

24/12/2025

Un Enfant nous est né !

Le Messie (HWV 56) est un oratorio en anglais composé en 1741 par George Frideric Handel. Le texte a été compilé à partir de la Bible du roi Jacques et du psautier de Coverdale par Charles Jennens. Il a été joué pour la première fois à Dublin le 13 avril 1742 et a été créé à Londres près d'un an plus tard. Après un accueil initialement modeste du public, l'oratorio a gagné en popularité, devenant finalement l'une des œuvres chorales les plus connues et les plus fréquemment jouées de la musique occidentale. 

 

Le chœur Megaron est l'un des meilleurs chœurs de jeunes européens. Son énergie, sa virtuosité et sa compétence dépassent l'entendement rationnel. 

 

Le chœur de chambre Megaron a été fondé en octobre 2003 à l'initiative de Damijan Močnik, compositeur et chef d'orchestre, et a réuni d'anciens élèves du lycée classique diocésain de l'institution Saint-Stanislav à Ljubljana, qui avaient auparavant été actifs dans divers ensembles choraux et avaient reçu une éducation musicale dans un ou plusieurs des cinq chœurs du lycée classique diocésain. À ce titre, le chœur de chambre Megaron représente le sommet de la pyramide chorale de l'institution Saint-Stanislav. Au cours des seize années qui ont suivi sa création, le chœur de chambre Megaron est devenu un chœur de grande qualité qui se produit régulièrement en Slovénie, mais aussi en Autriche, en Italie, en Allemagne, en Belgique, aux Pays-Bas, en Slovaquie, en Pologne, aux États-Unis et au Canada, se forgeant ainsi une réputation tant dans son pays qu'à l'étranger.

Voici un extrait de cet oratorio.

Magnifique !

 

 

 

L'œuvre en entier lors d'un autre concert :

 

 

 



Noël : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire

24/12/2025

Noël : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire

Le scandale de la Croix est connu mais il nous fait souvent oublier celui de la Nativité. Le Fils de Dieu se présente comme un enfant, placé dans une mangeoire. Marie porte une grossesse virginale et Joseph, quelques semaines plus tard, doit fuir en Égypte pour sauver sa famille. La naissance du Sauveur survient dans la précarité et la menace. Elle renverse les attentes d’un peuple qui espérait un chef capable d’écraser les oppresseurs. Dieu vient pourtant comme un enfant. Une troupe céleste innombrable loua Dieu cette nuit-là et le Ciel se réjouit d’un événement que la Terre ne comprend pas :

« Dieu manifeste d’abord sa grandeur dans les formes les plus humbles. Le Fils de Dieu naît d’une Vierge et est déposé dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie. De ce que le monde juge insignifiant surgit pourtant le plus grand. » (cardinal R. Prevost – Léon XIV, homélie de Noël 2023)

 

Les oppositions à la crèche
Ce scandale perdure. Les oppositions récurrentes à la présence de crèches dans les bâtiments publics le montrent, et ceux qui refusent de reconnaître les droits de Dieu sur la société ont raison de percevoir un enjeu. La crèche ne constitue pas un élément folklorique et ne relève pas de la simple décoration hivernale. Elle marque un point de bascule dans l’histoire humaine. L’humanité se trouve condamnée ; le Verbe s’incarne et ouvre la voie du Salut. Le refus contemporain souligne, malgré lui, la portée exacte du mystère : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire et vient contester les prétentions absolues du pouvoir humain :

 

« Dieu est entré dans l’histoire de l’humanité et, comme homme, il est devenu son sujet, l’un des milliards, tout en étant Unique. Par l’Incarnation, Dieu a donné à la vie humaine la dimension qu’il voulait donner à l’homme dès son premier instant, et il l’a donnée d’une manière définitive, de la façon dont lui seul est capable, selon son amour éternel et sa miséricorde, avec toute la liberté divine ; il l’a donnée aussi avec cette munificence qui, devant le péché originel et toute l’histoire des péchés de l’humanité, devant les erreurs de l’intelligence, de la volonté et du cœur de l’homme, nous permet de répéter avec admiration les paroles de la liturgie : “Heureuse faute qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur!” » (Jean-Paul II, Redemptor Hominis).

 

Une vérité essentielle
La Nativité enseigne cependant une vérité essentielle : Dieu n’a pas imposé sa venue. L’Incarnation passe par le fiat de Marie et par l’obéissance de Joseph. La Providence n’annule pas la liberté. Elle la sollicite. Elle s’appuie sur elle. L’attente d’un chef puissant laissait croire que la délivrance viendrait par une rupture spectaculaire. Dieu commence par le consentement silencieux des justes. Du pont Milvius à Tolbiac, d’Orléans à Lépante, la Providence veille, mais cela suppose toujours une action humaine. Dieu veut notre participation au combat.

 

« Le refus contemporain souligne, malgré lui, la portée exacte du mystère : Dieu entre à nouveau dans l’Histoire et vient contester les prétentions absolues du pouvoir humain. »


La bataille pour la fin de vie reprendra dès janvier. Le gouvernement cherche à imposer une nouvelle étape dans l’effacement de la loi naturelle. Les municipales s’enclenchent ensuite. Les candidatures se multiplieront. Chacun voudrait apparaître comme l’homme providentiel de son quartier en pensant déjà aux échéances présidentielles. Le jeu politique produit son agitation habituelle. Il ne résoudra pas les questions essentielles.

 

Le temps de Noël peut offrir un autre cadre. Les fêtes liturgiques constituaient, en temps de chrétienté, une véritable trêve. Il s’agit donc de mettre à profit ces jours pour prier, pour se rendre disponible à la grâce, pour demander au Christ de régner d’abord dans nos cœurs. Ce travail intérieur conditionne l’efficacité de nos engagements futurs. La société ne changera pas sans conversion personnelle. Le combat politique ne portera pas de fruits durables sans fidélité spirituelle.

 

La Nativité rappelle que Dieu agit dans l’Histoire par des cœurs disponibles et des volontés droites. Il ne supprime ni la responsabilité ni l’effort. Il les éclaire et les ordonne.

 

Maitena Urbistondoy dans l'Homme Nouveau

Du rêve populiste au cauchemar financier : Les 4 prophéties chocs de Steve Bannon pour la France

23/12/2025

Du rêve populiste au cauchemar financier : Les 4 prophéties chocs de Steve Bannon pour la France

Aujourd'hui, cet optimisme s'est évaporé, remplacé par le diagnostic glacial d'un effondrement qu'il juge non plus seulement possible, mais programmé. Dans un entretien au JDD de ce 21 décembre, l'ancien conseiller de la Maison-Blanche fonde son analyse sur un signal qu'il juge décisif : le fait que l'Europe soit « reléguée à la page 29 » du document de stratégie nationale américaine. Pour lui, le sort est jeté. Son analyse pour la France est devenue radicale, mêlant crise financière, rupture civilisationnelle et spectre de la violence. Voici les quatre piliers interconnectés de sa nouvelle vision.

 

  1. 1.La menace n'est plus l'urne, mais la guerre civile
    De la conquête électorale au conflit inévitable
    Le basculement sémantique le plus révélateur chez Steve Bannon concerne le terrain de l'affrontement. S'il croyait en 2016 à une « vague inévitable » par la voie démocratique, il considère désormais le bulletin de vote comme obsolète. Pour lui, l'enjeu s'est déplacé des élections vers la rue, car il ne croit pas à une islamisation politique de la France par les urnes, mais à un affrontement brutal. Il perçoit un conflit irréconciliable entre une « France rurale et patriote » et des « élites mondialisées » prêtes à une « déchéance contrôlée ».
    Son pronostic est sans appel :

    1. La France, comme la Grande-Bretagne, se dirige vers une situation de guerre civile. Cela ne fait aucun doute à mes yeux.
      Ce glissement est fondamental. Pour Bannon, le débat n'est plus politique mais civilisationnel. L'arène démocratique est devenue un théâtre d'ombres ; le véritable enjeu est la survie à un effondrement qu'il juge inéluctable.

  2. 2. L'économie est le vrai champ de bataille
    Quand le banquier de Goldman Sachs refait surface
    Alors que son combat de 2016 était avant tout culturel, la nouvelle obsession de Steve Bannon est la dette publique. L'ancien banquier de Goldman Sachs a repris le dessus, liant désormais la survie identitaire d'une nation à sa solvabilité financière. Selon lui, la Vᵉ République est à bout de souffle, incapable de résoudre la contradiction fatale « entre le maintien d'un État-providence généreux et une politique d'ouverture migratoire ». L'effondrement viendra de l'incapacité de l'État à payer ses factures.

  3. Il estime que les marchés financiers, bien plus que l'opinion, seront les juges de paix. Comparant la France au Royaume-Uni de Liz Truss, balayée par la panique des investisseurs, il assène :

    1. "Le marché obligataire a fait tomber plus de gouvernements que les obusiers. Aujourd’hui, le message envoyé est clair : il n’y a pas de plan, il n’y a pas d’adultes aux commandes."

  4. Bannon ne voit donc plus la fin du système comme un événement politique, mais comme la conséquence mécanique d'une crise de la dette. Cette primauté du financier sur le politique explique son revirement le plus spectaculaire : son abandon de la lutte pour l'Europe.

  5. 3. L'Union Européenne n'est plus à réformer, mais à fuir
    L'adieu à l'Europe et le salut par le Frexit
    On se souvient de son projet de 2018-2019 : installer son organisation, « The Movement », à Bruxelles pour fédérer un « super-groupe » des nations et transformer l'Union européenne de l'intérieur. Il croyait encore possible de mener une bataille politique coordonnée au sein des institutions.
    Cette ambition a totalement disparu. Elle est remplacée par un appel à un isolationnisme strict et une rupture totale. Pour le Bannon de 2024, l'heure n'est plus à la réforme, mais à la fuite.

    1. "À mes yeux, la France a besoin d’un Frexit. Une sortie de l’Union européenne retarderait même le risque de guerre civile.
      Ce revirement est total. L'UE n'est plus vue comme une arène où le combat peut être gagné, mais comme un poids mort financier et bureaucratique, un simple accélérateur de faillite qui entraîne la France dans sa chute."

  6. 4. Le temps des tribuns est révolu, place aux "durs à cuire"
    Le nouveau casting du leadership nationaliste
    En 2016, Steve Bannon cherchait des « tribuns » charismatiques capables d'incarner la colère du peuple, comme Marine Le Pen ou Matteo Salvini. Ses critères se sont considérablement durcis. Confronté à la perspective d'une crise financière et d'un conflit civil, il ne cherche plus de simples politiciens, mais des « hommes forts » ou des « durs à cuire » (tough guys) capables d'imposer des décisions brutales.
    Il cite Donald Trump ou le Polonais Karol Nawrocki comme modèles de ce nouveau leadership. Son soutien à Marine Le Pen, bien que réel, est plus distant, la jugeant parfois trop « à gauche » sur l'économie. Son archétype n'est plus le tribun qui séduit l'électorat, mais le liquidateur qui impose une « médecine de guerre » pour sauver ce qui peut encore l'être.

    Est-ce donc le diagnostic d'un prophète du chaos ?
    La pensée de Steve Bannon a connu une transformation spectaculaire. L'optimiste de la révolution patriotique par les urnes s'est mué en un théoricien apocalyptique de l'effondrement civilisationnel, où la finance et la force priment sur la politique. Il ne propose plus une alternative, mais un plan de survie pour un monde qu'il estime au bord du gouffre.
    Alors, faut-il voir dans ce discours alarmiste le délire d'un idéologue ou l'analyse lucide d'un stratège qui anticipe les crises à venir ? On penchera pour l'analyse lucide, bien qu'incomplète. En effet, Steve Bannon ne vit pas en France, et donc ne se rend pas compte que les Français sont lessivés par cinquante ans de désertification spirituelle programmée. Philippe de Villiers a rapporté à ce sujet que Boualem Sansal ne croit pas à une guerre civile. Pour lui, le peuple de France se couchera devant l'islam, comme ce fut d'ailleurs le cas, dans les mêmes circonstances, pour l'Espagne du VIIè siècle.

    Que ce regard qui se veut lucide ne se détourne pas de la crèche qui est toute notre Espérance !
     

 

 

Ô Emmanuel

23/12/2025

Ô Emmanuel

O Emmanuel ! Roi de Paix ! Vous entrez aujourd’hui dans Jérusalem, la ville de votre choix ; car c’est là que vous avez votre Temple. Bientôt vous y aurez votre Croix et votre Sépulcre ; et le jour viendra où vous établirez auprès d’elle votre redoutable tribunal. Maintenant, vous pénétrez sans bruit et sans éclat dans cette ville de David et de Salomon. Elle n’est que le lieu de votre passage, pour vous rendre à Bethléhem. Toutefois, Marie votre mère, et Joseph son époux, ne la traversent pas sans monter au Temple, pour y rendre au Seigneur leurs vœux et leurs hommages : et alors s’accomplit, pour la première fois, l’oracle du Prophète Aggée qui avait annoncé que la gloire du second Temple serait plus grande que celle du premier. Ce Temple, en effet, se trouve en ce moment posséder une Arche d’Alliance bien autrement précieuse que celle de Moïse, mais surtout incomparable à tout autre sanctuaire qu’au ciel même, parla dignité de Celui qu’elle contient. C’est le Législateur lui-même qui est ici, et non plus simplement la table de pierre sur laquelle la Loi est gravée. Mais bientôt l’Arche vivante du Seigneur descend les degrés du Temple, et se dispose à partir pour Bethléhem, où l’appellent d’autres oracles. Nous adorons, ô Emmanuel ! Tous vos pas à travers ce monde, et nous admirons avec quelle fidélité vous observez ce qui a été écrit de vous, afin que rien ne manque aux caractères dont vous devez être doué, ô Messie, pour être reconnu par votre peuple. Mais souvenez-vous que l’heure est près de sonner, que toutes choses se préparent pour votre Nativité, et venez nous sauver ; venez, afin d’être appelé non plus seulement Emmanuel, mais Jésus, c’est-à-dire Sauveur.

 

Dom Guéranger, l'année liturgique

 

 

VIDEO – SOS Calvaires Les mains qui restaurent le patrimoine

22/12/2025

VIDEO – SOS Calvaires  Les mains qui restaurent le patrimoine

Lorsqu’ils ne sont pas dans leurs ateliers situés au Lion d’Angers dans le Maine-et-Loire ou au pied de calvaires à restaurer des cimetières ou des croix en bordure de route, les bénévoles de SOS Calvaires, tous amoureux du patrimoine catholique de France, montent au sommet de montagnes, pour remplacer ou réparer des calvaires abimés par le temps.

 

Un film d'Armel Joubert des Ouches.

 

 

Ô Rex gentium - 22 décembre, les grandes antiennes de l'Avent

22/12/2025

Ô Rex gentium - 22 décembre, les grandes antiennes de l'Avent

O Roi des nations ! Vous approchez toujours plus de cette Bethléhem où vous devez naître. Le voyage tire à son terme, et votre auguste Mère, qu’un si doux fardeau console et fortifie, va sans cesse conversant avec vous par le chemin.

Elle adore votre divine majesté, elle remercie votre miséricorde ; elle se réjouit d’avoir été choisie pour le sublime ministère de servir de Mère à un Dieu. Elle désire et elle appréhende tout à la fois le moment où enfin ses yeux vous contempleront. Comment pourra-t-elle vous rendre les services dignes de votre souveraine grandeur, elle qui s’estime la dernière des créatures ?

Comment osera-t-elle vous élever dans ses bras, vous presser contre son cœur, vous allaiter à son sein mortel ? Et pourtant, quand elle vient à songer que l’heure approche où, sans cesser d’être son fils, vous sortirez d’elle et réclamerez tous les soins de sa tendresse, son cœur défaille et l’amour maternel se confondant avec l’amour qu’elle a pour son Dieu, elle est au moment d’expirer dans cette lutte trop inégale de la faible nature humaine contre les plus fortes et les plus puissantes de toutes les affections réunies dans un même cœur.

Mais vous la soutenez, ô Désiré des nations ! Car vous voulez qu’elle arrive à ce terme bienheureux qui doit donner à la terre son Sauveur, et aux hommes la Pierre angulaire qui les réunira dans une seule famille.

Soyez béni dans les merveilles de votre puissance et de votre bonté, ô divin Roi ! et venez bientôt nous sauver, vous souvenant que l’homme vous est cher, puisque vous l’avez pétri de vos mains. Oh ! Venez, car votre œuvre est dégénérée ; elle est tombée dans la perdition ; la mort l’a envahie : reprenez-la dans vos mains puissantes, refaites-la ; sauvez-la ; car vous l’aimez toujours, et vous ne rougissez pas de votre ouvrage.

Foi et fertilité : la résilience des familles nombreuses catholiques

21/12/2025

Foi et fertilité : la résilience des familles nombreuses catholiques
  1. Plus qu'une impression : une corrélation prouvée par les chiffres
    Le premier constat qui émerge des données brutes est une corrélation sans équivoque : le taux de natalité des catholiques est directement lié à l'intensité de leur pratique religieuse. Les chiffres sont particulièrement percutants. Parmi les fidèles se rendant à la messe chaque semaine, 10 % sont parents de quatre enfants ou plus, un chiffre qui chute de moitié, à 5 %, chez les pratiquants occasionnels. Au total, selon l'étude, 22 % des pratiquants réguliers ont au moins trois enfants. La tendance s'inverse pour les familles plus petites : alors qu'un tiers des catholiques occasionnels ont deux enfants, ils ne sont qu'un quart chez les messalisants réguliers.

  2. 2. Le secret n'est pas (seulement) la contraception, mais l'âge du mariage
    Alors que le débat public se focalise souvent sur la position de l’Église concernant la contraception, les sociologues pointent un moteur démographique bien plus puissant et moins visible : l'âge du mariage. Pour le sociologue Yann Raison du Cleuziou, l’impact du magistère sur la contraception est en réalité « limité ». Le facteur le plus déterminant est la précocité de la mise en couple stable chez les catholiques pratiquants. Comme le souligne Pascale Morinière, porte-parole des Associations familiales catholiques, cette tendance a une conséquence démographique directe.
    Or, un jeune couple qui se marie à 22 ou 23 ans bénéficie d’une fenêtre de fécondité plus large que ceux qui se lancent à 30 ans.
    Cette approche du couple, qui valorise « l’ouverture à la vie » comme un pilier de l’engagement, n'écarte cependant pas totalement la question de la contraception. Si son impact est jugé secondaire, Pascale Morinière note que l'usage de méthodes naturelles de régulation des naissances, privilégié par certains, laisse le couple « ouvert à un bébé surprise », jouant un rôle non négligeable dans la dynamique de ces familles.

  3. 3. Un choix délibéré, pas une obligation subie
    Loin du stéréotype d’une obligation religieuse subie, les jeunes couples catholiques vivent la constitution d'une grande famille comme un « choix positif » et le fruit d'un « discernement de couple ». Diane, 30 ans, responsable marketing et suivie par 29 000 abonnés sur Instagram, incarne cette modernité. Mariée à 24 ans, elle avoue avoir été initialement « angoissée » par une image « un peu oppressante » de la famille nombreuse, avant que la réalité de la maternité ne transforme sa perspective.
    L’entourage et le mimétisme social jouent un rôle crucial. Pour Louise, cet environnement est une évidence : elle est l'« aînée d'une fratrie de cinq, et de 25 cousins ». Pour Diane, côtoyer d’autres familles nombreuses a un effet « inspirant » et « déculpabilisant », montrant « qu’il n’y a pas besoin que tout soit parfait pour accueillir un bébé ». Cette valeur transmise est aussi au cœur du témoignage de Philippine Chauvin, photographe et mère de cinq enfants. « J’ai toujours entendu mes parents dire que chaque enfant était une bénédiction », explique-t-elle, une conviction qu’elle a partagée dans une vidéo virale encourageant les jeunes à ne pas attendre pour fonder une famille.

  4. 4. La force du "microcosme" : quand la communauté devient un village
    L'analyse sociologique de Yann Raison du Cleuziou révèle un mécanisme clé de la vitalité de ce groupe.
    Le catholicisme ne se reproduit pas par les institutions mais par les familles.
    Cette reproduction n’a rien d’abstrait ; elle repose sur un réseau tangible qui crée un véritable écosystème de soutien, particulièrement efficace en milieu urbain. Paroisses, scoutisme, bourses aux vêtements et réseaux de babysitters forment un village solidaire qui relâche la pression sur le couple parental. Ce modèle communautaire contraste vivement avec l'individualisme de la société moderne, où les jeunes parents peuvent rapidement faire l'expérience de l'isolement. Dans ces cercles, c'est au contraire l'absence d'enfant qui peut isoler un couple marié.

  5. 5. Une réponse à l'anxiété moderne : l'espérance comme moteur
    Face aux inquiétudes de la génération actuelle, de la crise écologique à l'incertitude de l'avenir, ces familles apportent une réponse singulière. Louise et Matthieu, parents de quatre enfants, retournent l’argument écologique avec un optimisme désarmant.
    On nous a déjà dit que ce n’était pas écologique, ou que c’était égoïste de faire venir des enfants dans ce monde qui va si mal. Mais ce sont nos enfants qui peuvent le changer !
    Cette attitude est profondément enracinée dans la foi. Elle se nourrit d'une « confiance dans la Providence », comme le confie Diane. Pour Véronique Lonchamp, déléguée nationale famille à la Conférence des évêques de France, cette perspective est au cœur du message chrétien : faire un enfant, malgré les crises, est avant tout un « acte d’espérance ».

    Plus qu'une question de foi
    Le phénomène des familles nombreuses catholiques n'est pas simplement le fruit d'une doctrine, mais le résultat d'un écosystème complet. Il s'agit d'une boucle auto-renforcée où un mariage précoce offre la fenêtre biologique, un soutien communautaire solide atténue les charges logistiques et financières, et une culture partagée de l'espérance fournit le carburant psychologique.
  6. Alors que la société s'interroge sur la solitude et l'avenir, le modèle de ces familles, au-delà de la foi, aurait-il quelque chose à nous apprendre sur la force du lien social ?
Ô Oriens - Les gandes antiennes de l'Avent

21/12/2025

Ô Oriens - Les gandes antiennes de l'Avent

Divin Soleil, ô Jésus ! Vous venez nous arracher à la nuit éternelle : soyez à jamais béni ! Mais combien vous exercez notre foi, avant de luire à nos yeux dans toute votre splendeur ! Combien vous aimez à voiler vos rayons, jusqu’à l’instant marqué par votre Père céleste, où vous devez épanouir tous vos feux ! Voici que vous traversez la Judée ; vous approchez de Jérusalem ; le voyage de Marie et de Joseph tire à son terme.

 

Sur le chemin, vous rencontrez une multitude d’hommes qui marchent en toutes les directions, et qui se rendent chacun dans sa ville d’origine, pour satisfaire à l’Édit du dénombrement. De tous ces hommes, aucun ne vous a soupçonné si près de lui, ô divin Orient ! Marie, votre Mère, est estimée par eux une femme vulgaire ; tout au plus, s’ils remarquent la majesté et l’incomparable modestie de cette auguste Reine, sentiront-ils vaguement le contraste frappant entre une si souveraine dignité et une condition si humble ; encore ont-ils bientôt oublié cette heureuse rencontre. S’ils voient avec tant d’indifférence la mère, le fils non encore enfanté à la lumière visible, lui donneront-ils une pensée ?

 

Et cependant ce fils, c’est vous-même, ô Soleil de justice ! Augmentez en nous la Foi, mais accroissez aussi l’amour. Si ces hommes vous aimaient, ô libérateur du genre humain, vous vous feriez sentir à eux ; leurs yeux ne vous verraient pas encore, mais du moins leur cœur serait ardent dans leur poitrine, ils vous désireraient, et ils hâteraient votre arrivée par leurs vœux et leurs soupirs.

 

O Jésus, qui traversez ainsi ce monde que vous avez fait, et qui ne forcez point l’hommage de vos créatures, nous voulons vous accompagner dans le reste de votre voyage ; nous baisons sur la terre les traces bénies des pas de celle qui vous porte en son sein ; nous ne voulons point vous quitter jusqu’à ce que nous soyons arrivés avec vous à l’heureuse Bethléhem, à cette Maison du Pain, où enfin nos yeux vous verront, ô Splendeur éternelle, notre Seigneur et notre Dieu !

 

 

 

J'en connais deux qui vont hurler à propos de cette version !

Le nouvel archevêque de New York

20/12/2025

Le nouvel archevêque de New York

Cette nomination revêt une signification toute particulière. Que cela plaise ou non, les États-Unis sont le pays le plus important au monde, et New York est la ville la plus importante des États-Unis. C’est en quelque sorte la caput mundi séculière, et son évêque dispose d’une tribune planétaire.

 

D’autre part, étant donné l’importance de ce siège, il ne fait aucun doute que le pape Léon s’est personnellement impliqué dans cette nomination, et c’est précisément ce que nous attendions pour déduire l’orientation de son pontificat.

 

Les raisons invoquées par ce média pour attribuer à Mgr Hicks l’appartenance aux rangs du « printemps franciscain » prêtent à rire ou font pitié ; on ne sait pas si elles sont le fruit de la méchanceté ou de la sénilité des journalistes responsables. Ce qu’ils ont fait, c’est émettre des hypothèses sur la base de faits qui ne menaient pas nécessairement aux conclusions qu’ils souhaitaient. Ils n’ont pas fait ce que tout professionnel aurait fait, c’est-à-dire consulter les fidèles actuels du nouvel archevêque ou, au moins, les médias américains.

 

La première raison était d’affirmer que Hicks était un proche du cardinal Cupich, un disciple de Bergoglio, comme nous le savons tous. En réalité, il a été formé et était un fidèle disciple du cardinal Francis George, prédécesseur de Cupich au siège de Chicago et clairement conservateur, défenseur explicite de la doctrine morale catholique traditionnelle et opposé à toute forme de relativisme doctrinal.

 

La deuxième raison était d’affirmer que Mgr Hicks est un évêque missionnaire et soucieux des pauvres, puisqu’il a passé cinq ans de sa vie à diriger un orphelinat pour enfants pauvres au Salvador et dans d’autres pays d’Amérique centrale.

 

Il s’agit là, une fois de plus, de la même vieille tactique : dans ce cas, partir du principe que tout missionnaire et tout prêtre proche des pauvres est progressiste. Selon ce critère, saint François Xavier, saint Vincent de Paul, Mère Teresa de Calcutta et Mgr Marcel Lefebvre lui-même auraient appartenu à cette faction. Il s’agit là de vertus chrétiennes fondamentales et cela en dit long sur Mgr Hicks qui a consacré une partie de sa vie à ce service, laissant de côté le confort de la vie paroissiale aux États-Unis. Les auteurs de l’article veulent nous faire croire que tout « agent pastoral » qui se consacre au soin des pauvres adhère à la théologie de la libération ou à sa version plus modérée mais tout aussi néfaste, la théologie du peuple.


L’article ajoute que le fait que Léon accepte la démission du cardinal conservateur Dolan du siège new-yorkais sept mois seulement après sa présentation est un signe de l’inimitié qu’il lui porte et de sa volonté d’imprimer rapidement un changement dans la direction de l’Église américaine.

 

Il ignore, ou ne veut pas savoir, que c’est le cardinal Dolan lui-même qui a demandé à être remplacé, car son archidiocèse est confronté à de nombreux problèmes graves qu’il n’est plus en mesure de résoudre. Parmi ceux-ci, on peut citer la nécessité de réunir, par la vente de biens immobiliers, la somme de 300 millions de dollars pour indemniser les victimes d’abus sexuels commis par des prêtres, et la pénurie profonde de vocations sacerdotales : pour une population de deux millions et demi de catholiques, il n’y a que 16 séminaristes.

D’autre part, le manque de professionnalisme dont font preuve les auteurs de l’article est surprenant, car il est facile de savoir que Mgr Hicks a été élu par 68 % de ses collègues pour présider l’une des commissions de la Conférence épiscopale. On peut donc difficilement parler d’un changement de direction de l’épiscopat américain.

 

Ce que les médias ont rapporté et les témoignages que l’on peut lire sur les réseaux sociaux des fidèles de Joliet concordent : Mgr Ronald Hicks est considéré comme un père spirituel très proche des prêtres et des fidèles, c’est un homme de prière profonde et un promoteur du culte eucharistique, un fervent défenseur de la messe traditionnelle (dans le diocèse de Joliet, Traditiones custodes n’a pratiquement pas été appliqué) et un excellent administrateur.

 


Dès que la nouvelle a été confirmée, le site Rorate coeli, qui ne peut être soupçonné de progressisme, a commenté ainsi : « Si c’est vrai, c’est un excellent choix ».

 

Deo gratias!

 

Source : Wanderer

 

O clavis David

20/12/2025

O clavis David

O Fils de David, héritier de son trône et de sa puissance, vous parcourez, dans votre marche triomphale, une terre soumise autrefois à votre aïeul, aujourd’hui asservie par les Gentils. Vous reconnaissez de toutes parts, sur la route, tant de lieux témoins des merveilles de la justice et de la miséricorde de Jéhovah votre Père envers son peuple, au temps de cette ancienne Alliance qui tire à sa fin.

Bientôt, le nuage virginal qui vous couvre étant ôté, vous entreprendrez de nouveaux voyages sur cette même terre ; vous y passerez en faisant le bien, et guérissant toute langueur et toute infirmité, et cependant n’ayant pas où reposer votre tête. Du moins, aujourd’hui, le sein maternel vous offre encore un asile doux et tranquille, où vous ne recevez que les témoignages de l’amour le plus tendre et le plus respectueux.

Mais, ô Seigneur ! il vous faut sortir de cette heureuse retraite ; il vous faut, Lumière éternelle, luire au milieu des ténèbres ; car le captif que vous êtes venu délivrer languit dans sa prison. Il s’est assis dans l’ombre de la mort, et il y va périr, si vous ne venez promptement en ouvrir les portes avec votre Clef toute-puissante !

Ce captif, ô Jésus, c’est le genre humain, esclave de ses erreurs et de ses vices : venez briser le joug qui l’accable et le dégrade ; ce captif, c’est notre cœur trop souvent asservi à des penchants qu’il désavoue : venez, ô divin Libérateur, affranchir tout ce que vous avez daigné faire libre par votre grâce, et relever en nous la dignité de vos frères.

Dom Guéranger


 

ANTIENNE A L’ANGE GABRIEL.

O Gabriel ! Messager des cieux, qui es entré près de moi les portes fermées, et m’as dit cette parole : Vous concevrez et enfanterez ; on l’appellera Emmanuel !

 

En Chine, nouvel échec pour l’Église de Rome.

18/12/2025

En Chine, nouvel échec pour l’Église de Rome.

Concernant la Chine, le pape Léon a déclaré qu’il n’était pas pressé. À court terme, il a précisé qu’il s’en tiendrait à l’accord secret entre Rome et Pékin en vigueur depuis 2018 et qu’à plus longue échéance, il prendra une décision après avoir écouté toutes les parties, y compris « les catholiques chinois qui, pendant de nombreuses années, ont vécu une sorte d’oppression ou des difficultés à vivre leur foi librement sans devoir choisir un camp ».

 

Mais pendant ce temps, le régime de Pékin redouble de brutalité pour humilier l’Église. Et Rome subit. Elle va même jusqu’à rendre hommage à ses persécuteurs dans des déclarations exagérées.

 

C’est ce qui s’est passé lors de la dernière nomination d’un évêque chinois, rendue publique le 5 décembre. Il s’agit d’une copie conforme de la précédente, celle qui avait fait titrer Settimo Cielo : « Première gifle de la Chine au pape Léon. Qui encaisse en silence ».

 

Ce deuxième affront trouve aussi son origine dans l’interrègne entre la mort du pape François et l’élection de Léon. Fin avril, la rumeur circulait que les autorités chinoises avaient fait « élire » par des assemblées à leurs ordres deux évêques pour deux sièges importants.

En vertu de l’accord, c’est au nouveau pape d‘approuver ou non ces nominations. Et de fait, le 15 octobre, un communiqué du Saint-Siège confirmait que la première avait bien été acceptée : il s’agissait du nouvel évêque auxiliaire de Shanghai, Ignace Wu Jianlin — dans un diocèse qui comptait déjà deux auxiliaires, mais mis au ban par le régime, ce qui leur avait valu des punitions sévères : le premier, Joseph Xing Wenzi, contraint à se retirer depuis longtemps et le second, Thaddée Ma Daqin, aux arrêts depuis treize ans d’affilée.

 

Quant à la seconde nomination, le silence a été rompu le 5 décembre. Avec la précision, dans le communiqué du Vatican, que Léon l’avait approuvée le 11 août — le jour même où il avait signé la nomination de l’évêque auxiliaire de Shanghai.

 

Dans le même temps, comme toujours, l’agence officielle de l’Église chinoise asservie au régime publiait son propre communiqué — sans même mentionner le pape Léon, seul habilité à nommer les évêques — et antidatant avant la date fatidique du 30 avril, donc avant le conclave, l’« élection » de ce nouvel évêque.

 

Ce dernier s’appelle François Li Jianlin, il a 51 ans et a été ordonné le 5 décembre par l’évêque de Pékin Joseph Li Shan — également président de l’Association patriotique catholique chinoise et vice-président de la Conférence épiscopale chinoise non reconnue par Rome — et par d’autres évêques fidèles au régime. Il est désormais à la tête du diocèse (ou plutôt de la préfecture apostolique) de Xinxiang. Or, cette préfecture avait déjà un évêque depuis 1992 : Joseph Zhang Weizhu, 67 ans — l’un des quelque vingt évêques, sur une centaine, à ne pas être reconnus officiellement par Pékin, car refusant de se soumettre à ses diktats.

 

Mais le communiqué du Vatican du 5 décembre a déclaré que la question était réglée, affirmant que le pape avait également « accepté la renonciation au gouvernement pastoral » présentée par Mgr Zhang.

 

Le 6 décembre, une déclaration du directeur de la salle de presse du Vatican annonçait « avec satisfaction » que l’évêque déchu avait été « reconnu civilement ».

 

Avec cette précision redondante : « Ce geste est le fruit du dialogue entre le Saint-Siège et les autorités chinoises et représente une nouvelle étape importante dans le chemin de communion de cette circonscription ecclésiastique. »

Or, en lisant le communiqué chinois parallèle, on apprend que, lors de la cérémonie semi-secrète de sa soi-disant « mise à la retraite » — sans mention explicite de quelque reconnaissance officielle que ce soit — Zhang aurait « prononcé un discours pour exprimer la nécessité d’adhérer au patriotisme et à l’amour de la religion, de respecter le principe des Églises indépendantes et autonomes, de suivre l’orientation de la sinisation du catholicisme dans le pays, et de contribuer à la construction d’un pays socialiste moderne ainsi qu’à la grande renaissance de la nation chinoise ».

 

Un autodafé, identique à ce qu’on a fait dire à un autre évêque mis à la « retraite » forcée : Augustin Cui Tai, du diocèse supprimé de Xuanhua, malgré le caractère invraisemblable d’un tel acte de soumission de la part de deux évêques qui ont toujours témoigné avec héroïsme de leur foi, au prix d’arrestations et de persécutions incessantes.

 

Et ce jusqu’à la fin. Il suffit de préciser qu’on a interdit à l’évêque évincé d’assister à l’ordination de son successeur ou même de rencontrer sa famille.

 

Le curriculum du nouvel évêque de Xinxiang est très différent. Le 8 avril 2018, alors qu’il occupait la fonction de secrétaire de la Commission pour les affaires de l’Église de la province du Henan, il a signé une ordonnance interdisant à tous les enfants et jeunes de moins de 18 ans d’entrer dans les églises pour assister à la messe, et interdisant aux prêtres d’organiser toute activité de formation religieuse pour les enfants et jeunes, sous peine d’arrestation des prêtres et de la fermeture des églises.

 

On ne s’étonnera donc pas que, dans un article de l’agence Asia News de l’Institut Pontifical des Missions Étrangères — qui paraît et qui est lu également en langue chinoise —, rapportant la réflexion émouvante d’un prêtre « souterrain » de la diocèse de Xinxiang, on peut lire que la nomination du nouvel évêque et le limogeage de son prédécesseur « ouvrent de nouvelles blessures au lieu de les refermer ».

Le texte intégral de cette réflexion — que beaucoup espèrent parvenir au pape — figure dans cette édition du 6 décembre d’Asia News :
> Xinxiang : il vescovo Zhang e gli altri cattolici ridotti al silenzio

 

En voici un extrait :

 

Comme un agneau conduit à l’abattoir

(par un prêtre de la communauté « souterraine » de Chine)

Quel que soit le récit officiel, il est un fait qui ne peut être effacé : avant cette ordination, la préfecture apostolique de Xinxiang avait déjà un évêque légitime nommé par le Saint-Siège en la personne de Mgr Zhang Weizhu.


Après des années de surveillance, de restrictions et d’isolement, sans jamais se plaindre publiquement, il a finalement été incité à présenter sa démission. Et le jour où un nouvel évêque est ordonné, lui, le pasteur du diocèse, n’a même pas pu franchir le seuil de l’église. Il a été exclu de manière totale, silencieuse, presque chirurgicale, telle une ombre que l’on voudrait effacer du temps.

 

Mais l’histoire et la mémoire de l’Église ne l’oublieront pas. Il apparaît vraiment comme « un agneau conduit à l’abattoir », silencieux, doux, obéissant sous la croix. S’il y a en cela une victoire du monde, la victoire du Royaume revient au témoignage de Mgr Zhang.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois que l’Église, soumise à un système de contrôle strict, se trouve contrainte au silence, à l’humiliation, à la souffrance.

 

Pourtant, nous continuons à croire que ce n’est pas le pouvoir qui soutient l’Église, mais bien la foi ; que ce n’est pas la volonté humaine qui fait un évêque, mais un don de l’Esprit ; que la véritable histoire ne s’écrit pas dans les communiqués, mais dans le témoignage ; que les oubliés, les exclus, les silencieux sont souvent les signes les plus profonds de la présence de Dieu dans l’histoire.

 

Aujourd’hui, un nouveau chapitre semble s’ouvrir à Xinxiang, mais de nombreuses blessures restent ouvertes et bien des questions demeurent sans réponse. Peut-être la seule voie est-elle celle-ci : aller vers la croix, vers la vérité, vers Celui qui voit ce que les hommes ignorent et qui ne raye jamais personne de son cœur.

 

Ce que vit Xinxiang n’est pas seulement une question religieuse ou politique, mais une manifestation des tensions et des épreuves de notre temps. Et pourtant, nous croyons que Dieu agit dans les silences de l’histoire, qu’il se manifeste dans les oubliés, qu’il plante des graines de résurrection précisément dans les endroits les plus obscurs.

 

Puisse le nouvel évêque être le gardien de ces graines. Que la croix de Zhang se fasse lumière pour le diocèse. Que tous ceux qui ont été exclus, réduits au silence et oubliés sachent que, pour Dieu, personne n’est un « vide ».

 

Nous ne savons pas ce que l’avenir réserve mais nous savons une chose : Dieu n’abandonnera pas son Église.

— — —

Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire L'Espresso.
Tous les articles de son blog Settimo Cielo sont disponibles sur diakonos.be en langue française.
Ainsi que l'index complet de tous les articles français de www.chiesa, son blog précédent.

Crèches dans les mairies : la République doit assumer son héritage culturel

18/12/2025

Crèches dans les mairies : la République doit assumer son héritage culturel

L’article d’Alexandra Borchio Fontimp s’inscrit dans un débat récurrent qui agite la société française chaque hiver : la place des symboles d'origine chrétienne dans l’espace républicain. Pour l'auteure, la question dépasse le cadre cultuel pour toucher à l’identité profonde de la nation.

 

Elle articule son argumentation autour de trois axes principaux :

 

Le refus de « l'amnésie » républicaine : À l'occasion des 120 ans de la loi de 1905, la sénatrice rappelle que la laïcité ne doit pas signifier l'effacement de l'histoire. Elle souligne que nos jours fériés, notre littérature et notre morale sont imprégnés d'un héritage chrétien qui a façonné l'humanisme français.

 

Une dimension culturelle et populaire : S'appuyant sur un sondage indiquant que 79 % des Français sont favorables aux crèches (1), elle transforme l'objet religieux en un objet patrimonial. La crèche devient une « scène familière » liée à l'enfance et à l'art de vivre, particulièrement dans le Sud de la France.

 

L'enjeu économique et artisanal : L'article met en avant la réalité concrète des territoires, notamment en Provence et dans les Alpes-Maritimes. La fabrication des santons et les marchés de Noël représentent un dynamisme local et un savoir-faire artisanal qu'il serait, selon elle, absurde de sacrifier au nom d'une interprétation restrictive de la loi.

 


En conclusion, Alexandra Borchio Fontimp livre un plaidoyer pour une France qui « ne se renie pas ». Elle invite à ne pas percevoir la crèche comme une menace pour la neutralité de l'État, mais comme le témoignage d'une continuité historique. Pour la sénatrice, assumer cet héritage est la condition d'une nation confiante, "capable de faire cohabiter ses traditions avec les exigences de la modernité républicaine". Roulement de tambours !

 

(1) de fait, c'est le sondage qui est intéressant : Selon un sondage CSA pour CNEWS, le JDD et Europe 1, publié ce dimanche 7 décembre, 79% des Français (même 2 sympathisants sur 3 de la gauche, soit 65%) sont en faveur de la présence de crèches de Noël dans les mairies.